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L'AUTEUR - MEREMPTAH

 

 

"Matthieu Chedid -M- par 2yeuxet1plume - Meremptah" alterne tant des billets scrutant l'actualité et les mystères de cet artiste guitariste (informations très souvent fournies par -M- lui-même ou ses équipes)  que des articles plus personnels : photographie, écriture, découvertes musicales, etc.

 

  Armé d'un Pentax K5, fidèle filet d'images, je capture par exemple, au gré de mes envies, instants de vie et tableaux naturels. Pas de sujets de prédilection, si ce n'est le beau, l'incongrus, l'intéressant.

 

Professeur d'Histoire Géographie, parolier SACEM, j'adresse un petit clin d''oeil à mes chers élèves de passage, anciens ou actuels : eh non, vos enseignants ne se morfondent pas, une fois les cours terminés, dans d'austères livres poussiéreux et barbants ... enfin, pas que !

 

 
~ 2 yeux 1 plume ~
Autour de Matthieu Chedid par Meremptah
 
 
 

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 RETOUR : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 2 [n° 10 à 6]

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 4 [CHRONOLOGIE]

 

Batman - Classement des 15 meilleurs comics  de l’âge sombre sur le Dark Knight par Meremptah

 

 

Fin de mon classement des 15 meilleurs comics de Batman du Modern âge.

 

 

 

 

La légende des signes utilisés dans les divers titres de cet article ainsi que la justification de mes choix se trouvent en première page.

 

 

En page suivante, vous retrouverez une chronologie très détaillée de la mythologie du Batman de l'âge sombre, ainsi que des liens redirigeant vers les éditions les plus récentes des comics les plus importants de ces 25 dernières années à propos du Dark Knight.

 

 

 

 

 

05. UN LONG HALLOWEEN (Mini-série)     

 


 

 

 

 

Un long Halloween / Scenario : Jeph Loeb / Dessin : Tim Sale /  Année de Parution : 1996-1997

 

 

Format originel : Mini-série en 13 numéros (mensuel spécial) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 416 p. (éditions antérieures chez Semic en 1997 puis Panini en 2009 et 2011)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS (Garanti sans spoiler !) :

 

« Quelques mois après sa première victoire contre l’empire du crime qui phagocyte la cité de Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle avec le jeune procureur Harvey Dent et le Lieutenant James Gordon, le Chevalier Noir engage une course contre ce calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire. Une quête dont la conclusion pourrait bien sonner la chute du plus grand espoir de Gotham, et la naissance de l’un de ses pires monstres de foire… » 

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (Spoilers inside) :

 

 Davantage qu'un simple comics, voici un roman policier habile dans lequel le suspens est entier. Jeph Loeb nous livre ici son meilleur scénario concernant la chauve-souris, et c'est peu dire. Le découpage de l'intrigue par mois (ou plutôt par "fêtes") est habile, la galerie des méchants du Batman est convoquée toute entière avec doigtée et grande logique, les fausses pistes sont habilement distillées, et c'est à la première des qualités du Batman que cet opus rend pleinement hommage : à son talent de "world's greatest detective".

 

L'histoire se déroule dans l'immédiate suite de Batman : Year One (cf. suite du classement) : le Dark Knight s'y frotte encore à la pègre mafieuse de Gotham alors qu'y sévit un mystérieux tueur en série, Holiday, objet d'une traque tous azimuts, tant de la part du trio Batman-Gordon-Dent que de la famille Falcone ou de quelques supers-vilains dont le Joker, qui rencontre ici pour la "première fois" sa noire némésis.

 

Ce récit a fortement marqué de son empreinte le second opus de la trilogie cinématographique de Christopher Nolan : comme dans The Dark Knight, on nous y dépeint un jeune procureur, Harvey Dent, pleinement intègre, pourfendeur de l'illégalité, chevalier blanc s'associant avec le Batman pour le plus grand bien de sa ville...jusqu'à ce qu'un évènement le fasse sombrer dans une folie définitive.

 

Thriller et roman psychologique, drame et roman noir, Un Long Halloween est à n'en pas douter l'une des toutes meilleures oeuvres à avoir jamais été réalisées sur le Batman. Une oeuvre servie par des desseins tout bonnement magnifiques, et quelques noirs et blancs incroyables de finesse et de beauté, signés d'un Tim Sale au meilleur de sa forme et de son trait. Une oeuvre qui, dans mon esprit, n'est pas loin de la toute première place, si l'on excepte sa moindre portée chez les batfans et sur le batverse.

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

Si peu, si peu ... Il faut dire que plus le classement avance, plus les points faibles régressent. Côté dessin, tout me semble parfait : mais une fois encore, le style loin d'être académique de Tim Sale, qui en fait sa force, pourra en rebuter quelques uns (fuyez, pauvres fous !). Côté scénario, un léger creux se fait jour en milieu de volume, et le lecteur pourra avoir l'impression d'un léger surplace...d'un surplace qui, vous le constaterez assez vite, est en définitve un artifice scénaristique destiné à installer les incroyables dénouements d'une histoire qu'il vous faut lire !

 

 

 

LA CITATION :

 

"Quel est le chapeau préféré du Batman ? Le sombre-héros."

L'Homme mystère

  

 

 

 

    04. BATMAN ANNEE 1 (Mini-série)      

 


 

 

 

 

Batman : Année un (Year One) / Scenario : Frank Miller / Dessin : David Mazzucchelli /  Année de Parution : 1987

 

 

Format originel : Comics en 4 numéros (mensuels : Batman #404-407) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 144 p.

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS (Garanti sans spoiler !) :

 

« Quand il avait six ans, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entrainement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime… mais ce ne sera pas facile. Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le déguisement du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon »   

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (Spoilers inside) :

 

 Les origines du Batman par l'un des plus grands auteurs de comics américains ! Quel programme alléchant. Si les curieux du batverse, les non-initiés, les lecteurs épisodiques ne devaient retenir qu'un seul récit, n'en posséder qu'un, ce serait celui-là. L'introduction rêvée, en ce sens qu'il pose les jalons mythiques et psychologiques du personnage. Cet opus a marqué durablement la construction de notre héros, au point de toujours faire référence, près de 30 années plus tard.

 

Et pourtant, tout n'est pas si simple. Car Frank Miller a bien compris que le Batman seul ne peut rien dans une ville aussi gangrénée que Gotham City l'est. La ville dispose d'un autre héros, pas moins indispensable, en la personne de Gordon. Un complément légal incontournable dont les origines nous sont aussi contées, de son arrivée au commissariat de Gotham, infesté de ripoux, à son alliance finale avec le Dark Knight, rendue nécessaire par l'état de déliquescence absolue de la Gotham telle que présentée par Miller.

 

Nous voici embarqués dans un récit croisé où les chemins d'un Bruce Wayne quelque peu gauche, en plein parcours initiatique, et d'un Gordon payant un lourd tribu à son incorruptibilité viennent à s'entrechoquer. Cette histoire n'est d'ailleurs pas sans faire écho au plus tardif Batman Begins de Christopher Nolan, partageant avec ce film son hyper-réalisme, sa plongée vertigineuse dans les dérives mafieuses d'une Gotham encore dépourvue de "fêlés", ainsi que sa fin, copié-collée par le réalisateur, dans laquelle le Lieutenant Gordon présente au Dark Knight une mystérieuse carte à jouer ... figurant un Joker.

 

Un récit policier mené de main de maître, comprenant de nombreuses séquences de suspense véritable durant lesquels Frank Miller parvient, surtout lorsqu'il s'agit de Gordon, à exacerber notre empathie de lecteurs, le dessin très années 1980 et quasi journalistique de David Mazzucchelli participant pleinement à cette entreprise.

 

 

 

 LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

A titre personnel, et bien qu'éprouvant une grande tendresse et admiration pour une histoire qui fut, comme pour beaucoup, ma clef d'entrée dans le batverse, il me semble que le dessin de David Mazzucchelli à plutôt mal vieilli. Certes plus dynamique qu'il n'y parait, et très à propos lors des séquences by night, il n'en demeure pas moins trop académique et daté pour impressionner. Visuellement réussi mais peu marquant.

 

Un récit s'estime aussi, à mon sens, à l'originalité de son scénario, à sa capacité à estomaquer le lecteur par sa virtuosité. S'il est indéniable que celui de Batman Year One constitue une grande réussite, il n'en reste pas moins classique dans sa forme, linéaire dans sa construction. A la différence des trois volumes trustant le podium du présent classement ...

 

 

 

LA CITATION :

 

"Pourquoi venir à Gotham en train ? En avion, on ne voit que les rues et les immeubles. On pourrait croire que c'est civilisé."

Le narrateur (lieutenant James Gordon)

 

 

  

 

    03. THE DARK KNIGHT RETURNS (Mini-série)     

 

 

 

 

 

 

The Dark Knight returns / Scenario : Frank Miller / Dessin : Frank Miller /  Année de Parution : 1986

 

 

Format originel : Mini-série en 4 tomes (mensuels) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 240 p. (nombreuses éditions prédédentes chez Zenda, Delcourt ou Panini)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS (Garanti sans spoiler !) :

 

   « Des années après avoir pris une retraite forcée, Bruce Wayne est devenu un quinquagénaire aigri et porté sur l’alcool. Mais la plongée de Gotham City dans le crime et le désespoir va le pousser à redevenir le justicier Batman. Traqué par la police et le gouvernement, le Chevalier Noir va mener sa dernière horde sauvage »

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (Spoilers inside) :

 

 Un monument. Voilà ce qu'est ce récit, ni plus ni moins. L'histoire qui a bouleversé à jamais la façon d'envisager le Batman. L'histoire qui, hors de toute continuité, s'est attachée à explorer les parts les plus sombres de la psychologie du héros gothamien, plus humain que jamais, parce qu'affaiblit et en lutte pour la pleine liberté de sa race.

 

Le Batman ici mis en scène est vieillissant. Et débarrassé de bien des scrupules. C'est une bête blessée et féroce qui nous est ici dépeinte, traquée par un état policier tout autant qu'impuissant à contenir la menace représentée par les mutants, qui terrorisent le pays.

 

Le Dark Knight n'a, face à cette grandissante menace, pas d'autre choix que de sortir de sa retraite. Superman étant devenu entre temps un agent lisse et obéissant du gouvernement - et les autres membres de la Justice League semblant s'être purement évaporés -, c'est seul et avec hargne que Bruce Wayne se lance dans une dernière épopée contre les mutants et leur chef sanguinaire, mais aussi dans une dernière danse avec sa Némesis ultime, le Joker, et dans un dangereux tango avec l'ennemi le plus terrible qu'il lui ait jamais été donné d'affronter, un adversaire multiple et immatériel tout à la fois : l'univers médiatique.

 

Car c'est là la grande originalité de ce sommet en matière de roman graphique. Ici notre héros ne semble, finalement, que prétexte à une réflexion plus globale de Frank Miller sur les dérives des sociétés occidentales au long des années 1980, dérives traitées dans son autre grand ouvrage, les Watchmen.

 

La toute puissance médiatique confondant audimat et recul journalistique, la dangereuse notion d'opinion publique, la société de consommation sont, plus que le Joker, plus que les mutants, au cœur du combat du Chevalier Noir qui entend réveiller les citoyens de Gotham, les sortir de cette torpeur hypnotique et consensuelle ayant jusqu'à annihilé la volonté de l'Homme d'Acier.

 

 

Là est trouvé le prétexte à l'un des plus impressionnants et mémorables duels qu'il m'ait été donné de découvrir, tous comics confondus. Un combat à mort entre Superman et Batman, assez intelligemment mené, Frank Miller ayant réussit le tour de force de rendre tangible et équilibré un affrontement a priori totalement défavorable au Dark Knight, épaulé alors, il est vrai, par de précieux alliés tels qu'une nouvelle Robin ou un Green Arrow plus anar que jamais. Un sommet du genre qui devrait, sans nul doute, fortement influencer le très attendu film Batman v. Superman de Zack Snyder, si l'on en croit la grande proximité entre les visuels de l'armure qu'y abordera Bruce Wayne face à Clark Kent et celle inventée par Frank Miller dans son roman graphique.

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

La dimension politique, qui fait la force et la singularité de The Dark Knight Returns, en fait aussi la faiblesse. On comprend rapidement, en filigrane de l'histoire, les penchants sécuritaires et ultra-conservateurs de l'auteur, que l'on retrouve dans les Watchmen, dans Sin City ou dans 300. De quoi pouvoir vous pousser à partager cette sentence de l'autre monstre sacré des comic books, Alan Moore, qui déclarait en 2011 ou 2012 : « Je pense qu'il y a une sensibilité très déplaisante qui se dégage de l'œuvre de Frank Miller [...]. »

 

 

A titre personnel, c'est toutefois le style graphique de l'œuvre qui, lors de ma première tentative de lecture, constitua une barrière peu franchissable. Si Frank Miller est un scénariste de génie et maitrise extraordinairement bien l'art du découpage, son coup de crayon peu parfois apparaitre comme peu maitrisé, manquant de dynamisme, de profondeur (comme il le démontrera des années plus tard, dans l'ignoble suite donnée au présent opus, le très dispensable The Dark Knight Strikes Again).

 

Toutefois, il importe de se plonger corps et âme dans ce récit, au fil duquel on finit par faire sien ce style très particulier, et à apprécier comme il se doit les multiples qualités d'un opus considéré par beaucoup comme le meilleur à propos du Batman.

 

 

 

 LA CITATION :

 

"Je veux que tu te souviennes, pour toutes les années à venir ... je veux que tu te souviennes de ma main sur ta gorge ... je veux que tu te souviennes du seul homme qui t'ait battu"

Batman à ... 

 

 

 

 

    02. KINGDOM COME (Mini-série)     

 


 

 

 

 

Kingdom Come / Scenario : Mark Waid / Dessin : Alex Ross /  Année de Parution : 1996

 

 

Format originel : Mini-série en 4 épisodes (série limitée mensuelle) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 320 p.

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS (Garanti sans spoiler !) :

 

   « Dans un futur possible, les super-héros d’antan ont été surclassés, puis remplacés par une nouvelle génération plus agressive, mais aussi plus amorale. Aussi, lorsque ces surhommes rayent accidentellement le Kansas de la carte des États-Unis, c’est au premier d’entre eux, Superman, de sortir de sa retraite et d’inculquer à cette nouvelle garde le goût pour la vérité et la justice. L’Homme d’Acier devra également combattre une association surprenante : celle de Lex Luthor, son pire ennemi, avec Batman, son ancien allié ! »  

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (Spoilers inside) :

 

 Une claque. Longtemps, j'ai hésité à placer ce volume en tête du présent classement, tant il m'a marqué, tant j'aime le redécouvrir, tant rien ne m'y lasse, tant j'y repère, à chaque nouvelle lecture, tel ou tel détail plaisant.

 

Kingdom Come est, d'abord, LE récit à conseiller à chaque initié à l'univers DC comics. Tout y est présent, cadeau, offrande pour l'admirateur averti. Des easters eggs par milliers, des fantasmes réalisés sur papier mat épais, une montagne de détails et de clin d'œils glissés dans chaque page, si ce n'est chaque case. Le fourmillement est, sans nul doute, l'un des atouts de ce récit majeur. Un fourmillement loin d'être chaotique, pleinement maitrisé, pour peu que le lecteur dispose des références nécessaires à maitriser ce véritable pur sang sauvage que constitue ce sommet de roman graphique (que de termes extatiques en si peu de mots !).

 

Kindom Come, c'est aussi un scenario étourdissant. Difficile d'approche, il n'en est pas moins d'une rare intelligence, convoquant grands mythes bibliques et mythologiques dans une entreprise de déification des héros DC atteignant pleinement son objectif. Waid et Ross assument enfin ce qu'aucun de leurs prédécesseurs n'avait assumé jusqu'alors : le rôle quasi social joué par les super-héros américains auprès d'un grand nombre d'Occidentaux les considérant comme constitutifs d'une mythologie moderne, à la tête de laquelle se dresse la Trinité immuable : Batman - Superman - Wonder Woman.

 

Sortis de ce récit, les innombrables héros de l'écurie DC, presque tous convoqués d'une façon ou d'une autre, apparaissent plus charismatique, plus puissants, moins humains que jamais. Et l'on en ressort tout étourdis, songeurs, à l'instar de ce pasteur-narrateur pleinement humain traversant l'histoire tel un fantôme, comme pour mieux nous renvoyer à nos propres faiblesses et nous aider ainsi à saisir la nature divine de ces êtres héroïques dont l'une des plus belles et intenses aventures nous est ici contée, à l'instar d'une Enéide ou d'une Epopée de Gilgamesh. De telles formules et comparaisons pourront paraitre exagérées à beaucoup, certes. Mais Kingdom Come n'en reste pas moins, à ce jour, le Roman graphique le plus ambitieux, le plus mythique (au plein sens du terme) et le plus travaillé de tout l'univers DC. Pour le reste, résumer avec clarté et simplicité son intrigue relèverait d'un exploit que je ne me permettrais pas de viser.

 

 

Mais surtout, avant toute chose, Kingdom Come est une claque graphique. Il s'agit ainsi - Ô fatale erreur - du premier comic book relié que je me sois jamais procuré, comme irrémédiablement attiré par la beauté simple de sa couverture puis, une fois poussé par la curiosité à feuilleter l'œuvre, comme inexplicablement happé par la puissance du dessin d'Alex Ross. Si j'avais un jour l'opportunité d'écrire un scenario de comic book et que l'on me laissait le choix de celui qui aurait à le mettre en image, nul doute que c'est ce nom-ci que je proposerais à mon éditeur. D'ailleurs, parler de "dessins" à propos du travail d'Alex Ross me semble même, en cela, injurieux. Car il s'agit à proprement parler de peintures qui nous sont ic offertes. D'œuvres réalistes relevées d'aquarelles, déposées par Alex Ross lui-même, et qui nous donnent l'impression de contempler non pas un comic book, non pas un dessin animé figé, mais bel et bien un grand film épique et complexe. Batman - vieillissant une fois n'est pas coutume - y est représenté dans sa forme la plus charismatique a n'avoir jamais été couchée sur papier. La puissance du pinceau au service de la puissance du héros. Au service d'un récit mêlant conflit de générations, apocalypse en marche et questionnements intérieurs. Un récit incontournable !

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

 Le bandeau rouge utilisé pour introduire cet article constitue le signe de sa principale - et presque seule - faiblesse. Kingdom Come n'est pas un récit facile. Il est, bien au contraire, le plus complexe de tous. Impossible de s'y plonger sans s'être auparavant un minimum familiarisé avec les personnages et l'univers DC Comics. Ne pas le faire serait aller au devant d'un réel désastre, auquel je me suis moi-même confronté. Kingdom Come, premier comic book à avoir jamais atterrit dans ma bibliothèque, m'est d'abord apparu indigeste. Puis j'ai découvert le Batman et sa mythologie complexe, pas l'intermédiaire des autres ouvrages présentés dans ce classement, lus dans l'ordre "chronologique" (cf. tableau présent en page suivante). Je me suis ensuite ouvert à l'univers DC dans son entier, en lisant les récits des New 52, en découvrant d'anciens récits majeurs parus dans les années 1990 et 2000 aussi, à propos d'autres héros (The Flash, Wonder Woman, Superman, Captain Marvel et leurs "familles" ainsi et surtout que la Justice League doivent vous devenir familiers). Une fois cette initiation terminée, par pure curiosité, j'ai rouvert l'œuvre de Waid et Ross. Et j'en ai alors apprécie pleinement le sel, la profondeur, l'intelligence. Je me délecte de son fourmillement de références qui, chaque mois passant et ma "culture DC" s'étoffant, savent encore me surprendre. Si sa difficulté d'accès en constitue donc l'unique faiblesse, elle en est aussi la plus grande qualité.

 

 

 

LA CITATION :

 

Notre guerre, c'est l'extinction "

Batman  

 

 

  

 

    01. THE KILLING JOKE (One shot)      

 


 

 

 

 

The Killing Joke / Scenario : Alan Moore / Dessin : Brian Bolland /  Année de Parution : 1988

 

 

Format originel : One-shot (Roman graphique de 48 p.) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 72 p.

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS (Garanti sans spoiler !) :

 

   « Le Joker s’est à nouveau échappé de l’asile d’Arkham. Il a cette fois pour objectif de prouver la capacité de n’importe quel être humain de sombrer dans la folie après un traumatisme. Pour sa démonstration, il capture le commissaire Gordon et le soumet aux pires tortures que l’on puisse imaginer, à commencer par s’attaquer à sa chère fille, Barbara Gordon » 

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (Spoilers inside) :

 

D'emblée, éteignons toute polémique. J'entends d'ici les cris horrifiés et vociférants des amateurs de Frank Miller ou des afficionados de Jeph Loeb : "Ne pas classer The Dark Knight returns N°1, quelle hérésie tant le chevalier noir y est sombre et unique ... grrrrrr, jouissif" s'emportent les uns ! "Un Long Halloween : ça c'est somptueux" critiquent les autres. "Batman Année 1 : voilà le récit-source, contant des origines batmaniennes habilement revisitées ... voilà l'incontournable !" s'exclament les derniers. Et à tous, je dis Amen ! Vous avez raison, mille fois raison. Pour tout dire, j'ai longtemps compté classer n°1 le Year One, LE récit à mettre entre les mains de tous les curieux hésitants afin de les rendre accros à notre chauve-souris préférée. Un Long Halloween est sans conteste l'opus qui, visuellement, me ravi le plus ! The Dark Knight returns est un monument, ayant réinventé totalement le Batman, à l'origine de l'image sombre qui ne le quitte plus désormais. Mais il faut faire des choix ... et le mien - après bien des débats schizophréniques avec moi-même - s'est porté sur cet OVNI signé Alan Moore, vous savez, l'inénarrable papa des Watchmen, de la Ligue des gentlemen extraordinaires et autres V pour Vendetta.

 

Le récit en question est court au possible, et ressemble, dans son format, bien davantage à une BD franco-belge qu'à un comics américain. L'histoire se suffisant à elle même, elle est accessible à tous à bien des égards : initiés au batverse ou ignorant de la mythologie du Batman, voilà une histoire faite pour vous ! Et pourtant, l'histoire ici présentée n'est en rien simpliste, bien au contraire : voici un scénario dense, complexe. Multiscalaire. S'y superposent au bas mot deux récits, différenciés par des traitements colorimétriques bien identifiables. Ces deux histoires sont essentiellement centrées sur la Némésis du Batman, le Joker. Ce dernier s'est en effet mis en tête que sa folie n'est en rien extraordinaire : même le plus droit et le plus solide des hommes pourrait, à la suite d'une atroce journée, perdre sa raison. Voici donc notre "homme qui rit" lancé dans une entreprise de destruction mentale de l'être estimé le plus solide et droit de tout Gotham City, j'ai nommé le Commissaire Gordon. En parallèle, Alan Moore déroule, en un flash-back entrecoupé, les origines du Joker.

 

Le Batman apparait ici, de prime abord, tel un simple faire valoir. Et pourtant, le propos final, génial, tourne autour de sa seule personne. Il peut être résumé en une seule question, posée par le Joker lui-même à son inamovible adversaire : et si Batman était aussi fou que le Joker ? Et si sa "mauvaise journée", celle au soir de laquelle ses parents furent assassinés sous ses yeux, avait fait disparaitre en lui toute trace de santé mentale ? Et si, au fond, le Joker n'était pas l'opposé de Batman, mais son plus fidèle reflet ? Car, il faut bien le reconnaitre, se déguiser en rongeur volant et frapper des doux-dingues à longueur de nuit, voici un comportement plus qu'étrange.

 

Alan Moore, de façon subtile, malmène, dans son Killing Joke, le Batman et le lecteur comme personne avant lui - et personne après - ne l'avait jamais fait. Le twist final, des plus mystérieux et objet de tous les fantasmes (le Batman s'est-il mué en meurtrier dément ?), en est le climax. Qu'est-ce qu'être un héros ? Qu'est-ce qu'être un criminel ? Existe-t-il une réelle limite entre ces deux concepts, dans l'univers des comics ?

 

Un opus d'une rare réflexion sur son propre objet, d'une rare intelligence, qui plus est bénéficiant des dessins magnifiques et expressifs d'un Brian Bolland au sommet de son art ! Je ne saurais que trop vous conseiller de vous procurer ce volume dans son édition recolorée par Brian Bolland lui-même, éclatante, au détriment de l'originale, à la teinte verdâtre, à mon sens, bien moins réussie même si plus tourmentée ...

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

 Rarement un récit du Batman n'avait, dès sa sortie, autant divisé les fans. Certains lui reprochaient sa colorisation initiale, fade et aux teintes verdâtres trop marquées : une réédition, revue par le dessinateur, a définitivement rejeté cette première critique aux oubliettes de l'inutilité. D'autres s'étaient écriés : "Comment ? Prêter au Joker des origines ? Quelle ineptie !". C'était là faire une grossière erreur d'interprétation. Car, comme à l'instar, plusieurs années après, du Joker de Nolan, celui d'Alan Moore ne conte pas son histoire, mais UNE histoire, nuance d'importance. Rien de figé n'est ici imposé : "C'est ça qui m'est arrivé... je ne sais plus exactement quoi. J'ai des souvenirs contradictoires" assène le Joker, comme pour mieux annihiler la vérité de ce que, quelques pages auparavant, il se "rappelait". Nouvelle critique auto-enterrée.

 

De faiblesses, ce récit n'en compte pas, à dire vrai. Tout y est pensé, construit, déconstruit. Et les artistes ayant porté la responsabilité du Batman, dans les années qui ont suivies, ne s'y sont pas trompés. A l'origine, The Killing Joke fut pensé comme un one-shot en dehors de toute continuité, comme une histoire indépendante de la mythologie du Dark Knight, et pourtant ... il a durablement impacté cette même mythologie, nombreux ayant été les auteurs ayant repris à leur compte les soi-disant "origines" du Joker. Et que dire du sort qui fut réservé, dans toutes les productions DC, à la pauvre Barbara Gordon, encore hantée par le sort qui lui fut réservé ici ... sort martyrisant ses nuits jusque dans sa version New 52

 

Si tant d'artistes de valeur ont été durablement marqués par ce pur et dense chef d'oeuvre, c'est qu'ils ne s'y sont pas trompés quant à sa valeur ... Pourquoi le feriez vous donc ?

 

 

 

   LA CITATION :

 

" Une seule mauvaise journée peut suffire à aliéner le plus normal des hommes [...] Vous en avez vécu une vous-même, n'est-ce pas ? "

Le Joker à Batman  

 

 

 

 

 

  RETOUR : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 2 [n° 10 à 6]

 

 

 

 

 

 

 

2yeuxet1plume - Autour de Matthieu Chedid ~

 

    10. RUN DE GRANT MORRISON (Long arc narratif)      

 

 

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Billet écrit et publié par Meremptah - dans COMICS BATMAN

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