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L'AUTEUR - MEREMPTAH

 

 

2yeuxet1plume / Autour de Matthieu Chedid -M- alterne tant des billets scrutant l'actualité et les mystères de cet artiste guitariste (informations très souvent fournies par -M- lui-même ou ses équipes)  que des articles plus personnels : photographie, écriture, découvertes musicales, etc.

 

  Armé d'un Pentax K5, fidèle filet d'images, je capture par exemple, au gré de mes envies, instants de vie et tableaux naturels. Pas de sujets de prédilection, si ce n'est le beau, l'incongrus, l'intéressant.

 

Professeur d'Histoire Géographie, parolier SACEM, j'adresse un petit clin d''oeil à mes chers élèves de passage, anciens ou actuels : eh non, vos enseignants ne se morfondent pas, une fois les cours terminés, dans d'austères livres poussiéreux et barbants ... enfin, pas que !

 

 
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Autour de Matthieu Chedid par Meremptah
 
 
 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 20:18

 

Matthieu Chedid -M- : Critique de son Album Îl sorti en Novembre 2012

 

 

La voilà, la bête, lancée à plein régime sur ma platine qui n'attendait qu'Elle. La voilà aussi dans mes mains, donnée à gouter à mes yeux voraces. Voilà donc l'édition collector de "Îl" déballée, dépouillée, scrutée, écoutée, dédicacée par Mathieu Chedid et numérotée 0007. Ca ne s'invente pas.

 

 

 

Îl Chedid Mathieu Collector album dédicacé

      Dernière page de mon livre Collector de l'album "Îl" décidacé par Mathieu Chedid

 

 

 

Et puis vient le moment où, fiévreusement, je glisse la galette bleu vif dans mon système audio 5.1. L'attente se termine, et vient le moment d'une écoute faite de dégustation et de recul critique. Car s'il convient de préciser, je ne m'en cache pas, que je suis un "vieux" et grand fan de -M-, marqué au fer rouge par "Le Baptême", je n'en reste pas moins capable de relatives déceptions, comme ce fut le cas pour quelques titres de l'opus Mister Mystère. A noter, et c'est d'importance, qu'en Live, ces quelques désappointements qui parfois me saisissent à l'écoute des productions de Matthieu Chedid s'envolent systématiquement une fois qu'ils prennent vie sur scène. Car c'est là l'écrin véritable de l'artiste, l'arène en laquelle peu de gladiateurs l'égalent. Vous êtes sceptique ? C'est que nous parlons là d'une expérience essentielle qu'il vous reste à vivre ...

 

 

 

-M- Chedid Mathieu Zenith Toulouse public scène 2004

Sur la scène du Zenith de Toulouse, en avril 2004. Mais "où est Meremptah" ? Suivez les regards ... 

 

 

 

 

Un hululement qui fait le lien avec l'opus en noir et blanc, des bruits de vagues s'échouant sur des plages que l'on imagine opalines, et l'expérience débute.

 

 

Voilà "Elle", inaugurée par un piano-voix quelque peu déroutant, car semblant de prime abord manquer d'originalité lorsque l'on est rompu aux envolées lyriques de Matthieu Chedid. Mais la poésie des mots, un peu plus rare par la suite, est là. Et, deux couplets plus tard, le monstre s'éveille, "Îl" sort de sa coque : nous voilà embarqués par une rythmique imparable habillée de riffs funkys, comme à la grande époque du Machistador. Puis s'invite le clavecin électrique et déjanté de Brad Thomas Ackley, qui n'est pas sans rappeler les sonorités des instruments bricolés par Hervé Salters, leader charismatique des General Elektriks et ami de Matthieu Chedid. "Elle" apparait au final comme un véritable petit bijou, un morceau inventif, parfois expérimental mais terriblement efficace, s'étalant sur plus de 6 minutes sans jamais se perdre en lui-même... Un morceau-fleuve, audacieux donc, qui nous entraine dans sa crue faite de lâcher prise. Et voilà que j'embarque pour la suite de l'odyssée, semblant ressentir cette émotion qui transparait déjà et me parait avoir enveloppé les séances d'enregistrement du présent disque par son omniprésence : une joie, presque adolescente. Inutile de vous dire que depuis trois jours, je ne peux me passer de l'écouter plus de trois heures d'affilées.

 

 

Vient "Le film". Autant ne pas le cacher : la version démo que j'avais pu entendre près de quatre semaines auparavant, comme cadeau accompagnant ma commande du coffret collector, et enregistrée par Louis Chedid, m'avait déçu. J'attendais donc avec une certaine appréhension ce second titre, débutant d'ailleurs par quelques mesures dudit essai, un peu étouffé. Mais les doutes se lèvent avec célérité, et les arrangements dont la chanson a été parée font du "Film" un morceau parmi les plus réussis d'Îl. Le titre gagne en folie au fur et à mesure que les minutes s'égrènent et, dans ses dernières mesures, sonne furieusement comme au temps du Baptême : un refrain murmuré accrocheur et bien senti, un "je m'envole" en fin de refrain tout droit extrait du "Coup de vent" (merci Zing !), et la guitare surfant sur un gimmick dont la couleur évoque celui du "Tapis volant 1" publié sur le Labo M.

 

 

 

 

Matthieu Chedid Mojo clip

Le club des Cinq - Lawrence Clais, Dorion Fiszel, Mathieu Chedid, Hocine Merabet et Brad Ackley dans le clip "Mojo" de l'album "Îl".

 

 

 

 

Le troisième titre d'Îl est le désormais célèbre "Mojo". Une grande farce, un titre de déconne et de second-degrés absolus, dans la veine du Machistador, dont le clip tout aussi déjanté a donné lieu à quelques parodies, jusqu'aux rives du Saint-Laurent aux abords desquelles le mimétisme est ... poussé à l'extrême ! Une chorégraphie absurde, donc, qui me donne furieusement envie de me trémousser aux côtés de ce club des Cinq, au creux d'une foule communiante, tant ils semblent, ces Cinq-là, se porter mutuellement affection gage d'une forte complicité. J'ai d'ailleurs dans l'idée de livrer à l'ogre internet une petite parodie du clip pas piquée des vers : à écouter et voir "Mojo", je suis quasi-certain que Matthieu, qui confirme ici sa volonté de se fendre la gueule sans jamais se prendre au sérieux, s'éclaterait bien à voir se multiplier de tels hommages, plus loufoques et barrés les uns que les autres. Alors, si sur ces rives s'égarent quelques volontaires toulousains taillés du même bois d'autodérision ... retrouvons-nous !

 

 

 

Parodie vidéo du clip "Mojo" de Mathieu Chedid par les animateurs de Radio Canada.    

 

 

 

 

"Laisse-aller" est un des morceaux les plus mélodiques de l'album. D'emblée, avec ses quelques phrases reprises en boucle et ses jeux de mots pouvant paraitre simplistes à la première lecture mais dénotant d'une volonté de s'éloigner de jeux de langues trop académiques voire cul-pincés dans la bouche d'autres auteurs-compositeurs français, la chanson installe une ambiance éthérée et apaisante offrant une respiration bienvenue à un album jusque-là virevoltant. Pour ma part je trouve le titre réussit, même si la césure apportée par le couplet "cardiaque" brise parfois l'atmopshère et, justement, le "laisser-aller" que permettent les arpèges lancinantes du refrain étiré.

 

 

Laisse aller Matthieu Chedid

 

 

"Baia" est l'un des titres folkloriques de l'album, son "Mama Sam", délaissant les accents du bonheur malien pour accoster en des terres manouches. Façonné à la table d'un restaurant, en famille et entre amis, il respire à l'évidence d'une joie d'être ensemble : les choeurs sont d'ailleurs assurés par la fratrie Chedid au grand complet, épaulés entre autres par l'excellent Dorion Fiszel ramené de Los Angeles et par Chat, une amie talentueuse de Joseph que j'ai pu découvrir au Connexion Café de Toulouse en 2010, lors d'un concert privé offert par Matthieu. On y ressent cependant une indéniable volonté de peindre en couleurs vives un décor hollywoodien, stéréotypé et usant des clichés tziganes pour mieux donner vie à une chanson fédératrice. Un nouveau jeu de rôles et de masques tape-à-l'oeil en somme. 

 

 

 

Matthieu Chedid Thomas Dutronc

Thomas Dutronc, féru de Jazz manouche, s'invite de passage dans le clip Mojo. Faut-il voir en lui un des inspirateurs de la couleur musicale de Baïa ?

 

 

 

 

"Faites-moi souffrir" apporte à son auditeur la même sorte de jouissance que celle après laquelle semble courir son narrateur, dans un rythme endiablé légèrement rockabilly ponctué de solos de guitare bien crades, totalement raccords ici. C'est aussi le retour tant attendu du kazoo, et de paroles totalement frapadingues portées par une interprétation tellement habitée que cette clope, on lui écraserait volontiers sur la joue à "Îl" Chedid, comme demandé. Faut-il préciser qu'il s'agit ici d'une chanson presque adolescente, écrite à l'époque du Baptême mais non retenue au moment du mixage final ? Il y a comme un soupçon du "Fais-moi mal, Johnny Johnny " de Vian sur ce titre, et ce n'est pas pour me déplaire. Une vraie réussite pour tous les allergiques, comme moi, des ressassées de chansons sur l'amour et autres thèmes qui font l'ennui de la variété française.

 

 

 

Kazoo

"Faites-moi souffrir" marque le retour du Kazoo dans la bouche de Mathieu Chedid.

 

 

 

 

"Machine", sur le thème de "sa Chine", est une chanson dont on peut se demander si elle ne lui a pas été inspirée par le concert qu'Îl a donné en 2008 à Pékin au pavillon France d'une exposition universelle teintée de rouge-maoïste autant que de rouge-sang. "Ma Chine est cassée, de l'encre a coulé" lance-t-il d'ailleurs, lucide. Le titre, orientalisant et oscillant entre ballade electro et rock progressif, s'ouvre sur quelques accords prélevés à "Ma mélodie", et retravaillés au son d'un baglama. Puis la guitare électrique s'invite, en cours de traversée du Gyang-Tse, pour déverser en une gerbe d'aigus tout le message du titre : le cri que provoque en l'artiste le spectacle d'une culture délicate et par trois fois millénaire bridée d'une muselière idéologique resserrant chaque jour un peu plus sa prise féroce. Musicalement, Matthieu introduit ici ce qu'il a de plus inventif, faisant s'épouser les sons les plus divers pour mieux ajuster les écrous d'une "Machine" déroutante de prime abord, mais terriblement addictive. 

 

 

A noter que le bonus "Enihcam" est ... dirons-nous... fortement lié à cette "Machine". Et pourtant, qu'il semble de prime abord original et onirique, ce titre-reflet.

 

 

"La vie tue" est l'occasion pour Matthieu Chedid de retrouver les octaves les plus supérieures de sa voix, posées sur un accompagnement dépouillé se limitant à une basse, des drums et un piano, instruments tous joués par "Îl" comme, par ailleurs, sur la plupart des autres morceaux, ce que Matthieu Chedid n'avait plus fait depuis l'époque du "Baptême". De même reviennent des effets sonores très "quotidiens", briquet qu'on presse et fumée qu'on laisse, comme un clin d'oeil à l'excellent "Je suis une cigarette" de sa première galette. Alors quand le chanteur à la lettre majuscule nous raconte que le duo franco-californien composé de Dorion et de Brad, engagés par lui pour marquer le son -M- de leur empreinte moderne, lui a vivement conseillé de revenir au style de ses débuts, on ne peut que le croire, remercier grandement les nouveaux venus ... et se dire qu'en 1997, le Meeeuuhhh avait déjà un train d'avance, locomotive comprise.

 

 

 

 

  "Fall 1", un morceau composé et produit en 2011, à Los Angeles, par Dorion Fiszel et Brad Thomas Ackley ... peut-être le titre qui, entendu par hasard par Mathieu Chedid dans sa voiture, a incité ce dernier à prendre contact avec les deux jeunes artistes pour entamer à leurs côtés une nouvelle aventure musicale.

 

 

 

 

 

La "Grosse bombe" est un autre titre écrit par Matthieu Chedid en 1996-1997, un cri du coeur et d'oppression déterré de ses tiroirs secrets tel "Faites-moi souffrir". A la différence près que les plus anciens et assidus Nostalgiques du cool avaient déjà eu l'occasion de faire craquer ce titre sous leurs oreilles gourmandes, puisque publié sur la Face B du single "Le Baptême". Un titre à l'origine très colérique, mais qui prend sur cet "Îl" des atours plus sage. Le "je raaaale" s'y fait détaché, comme pour donner à cette "Grosse bombe", chanson engagée de l'album dénonçant les mascarades et dénis politiques qui font qu'un jour "la terre ne sera plus ronde", un second degré qu'elle n'avait pas à l'origine. Comme si -M-, en une décennie et demi, avait réalisé à quel point le "Monopoly" des hommes de pouvoir se joue sans nous et est sourd à nos vie. La colère se transforme alors en une amère résignation, même si le thème reste plus que jamais d'actualité.

 

 

 

 

Baptême Chedid -M- grosse bombe Îl

      Pochette du single "Le baptême" publié en 1997, avec "La grosse bombe" en Face B. Et, ci-dessous, la version originale cette "Grosse bombe", à comparer à celle de "Îl".

 

 


 

 

 

Nous voilà invités à pénétrer "La maison de Saraï". Dans une atmosphère très "dessin-animé loufoque et précieux dont le cadre ressemble furieusement à un celui d'un cabaret des années 30", et qui n'est pas sans rappeler l'ambiance quasi-surréaliste des Triplettes de Belleville, "Îl" nous attable au fond d'un jardin à boire un "thé au jasmin", que l'on imaginerait plutôt agrémenté d'herbes autres tant la description qu'il nous fait de ce haut-lieu californien est, par côtés, psychédélique. Si je dois confesser que La maison de Saraï n'est pas le titre le plus marquant, à mes yeux, de cet "Îl" de qualité qu'il contribue à dépareiller et prive d'une couleur globale et unique, indispensable à faire d'un disque un grand disque, cette chanson est indispensable à la compréhension de la genèse de l'album. 

 

Car cette maison existe : tenue par Saraï Fiszel, la soeur de Dorion, maquilleuse au cinéma, s'y retrouvent les Français expatriés comme y passèrent, en leur temps, Hendrix et les Beatles, plus célèbres pour leur amour du chanvre que pour leur addiction à une fleur aromatique chinoise. Et voilà que dans une hallucination frappante, une "montée au jasmin", Matthieu entend son "ami Jimi" et ses mélodies planer au-dessus de ses lunettes en plexiglas. "Aïe, aïe, aïe" ! "Cette chanson est partie d’une soirée folle" dévoilait Mathieu dans un entretien récent, "où l’on voit réellement des barbus en tutu". Îl nous balance donc en substances dans cette maison magic mushroom, au rythme d'une ligne de contrebasse très "Scats" lancée d'une seule touche d'ordinateur par Dorion himself. Un titre embaumé de vapeurs dont chercher la liste exhaustive des senteurs serait certainement ... stupéfiant.

 

 

 

 

Saraï Fiszel Chedid Îl Dorion Hallyday Mathieu

Saraï Fiszel, à gauche sur cette photographie, était à Los Angeles à l'époque de l'enregistrement de l'album "Jamais Seul" par Johnny Hallyday, dont elle assurait le maquillage pour l'agence Jed Root. A cette époque se joue la rencontre entre Matthieu, qui produit Hallyday, avec Dorion, frère de Saraï, et Brad.

 

 

 

 

Surplombant un "Océan" pacifique, sur lequel plane la mort d'un ami proche, Matthieu Chedid livre le calme et la richesse que gravent en lui ses séjours réguliers sur la presqu'île - tient donc - du Cap-Ferret.  

 

 

 

DJ Mehdi Matthieu Chedid -M-

Mathieu Chedid et DJ Mehdi, disparu en 2011, auquel Océan rend hommage. 

 

 

 

 

"Océan" est un titre novateur, fouillé, à la fois électro et épuré, qui nous entraine au rythme d'une locomotive sur un chemin d'introspection. Une véritable pépite, dans laquelle -M- remet en question son style plus que sur aucun autre titre de l'opus. Une prise de risques habilement transformée, donc. Et même en acoustique, en primeur pour le Hiboo, ce chouette Océan passif, y colle à la peau.

 

 

 


 Version acoustique du titre "Océan" de Mathieu Chedid capturé pour Le HibOO

 

 

 

 

Voilà que l'odyssée s'achève, mais "Oualé" ? La conclusion de l'album installe sans crier gare une ambiance mélancolique. De nouveau, un décor est planté, fait de douceur et d'amères rêveries, dressé par une voix aérienne et maitrisée, parfois doublée en une polyphonie apaisante. Pourtant, un drame se joue : un séisme qui déracine, qui arrache une innocence, un "Pauvre Prince" de Port-au-Prince. Des souvenirs et des silences parsèment un chant enfouit au plus profond d'une âme d'enfant, petit être voué à une vie d'errances, sans terreau et sans but. La souffrance intime d'un peuple déjà oubliée. Comme une façon de conjurer et de dénoncer le "j'y pense et puis j'oublie" propre au confort occidental, sur lequel ironisa en son temps le Mojo-man Dutronc réinterprété cette semaine par Matthieu sur le plateau de Taratata. On sent chez l'artiste, dans ces deux titres se faisant écho à quarante-cinq ans d'intervalle, comme une obsession lancinante, une culpabilité consciente d'une chance insolente, celle d'une vie dont les dés sont, pour beaucoup d'autres, pipés d'avance. 

 

 

 

 

Taratata Chedid Nagui Twitter Instagram Îl

Mathieu Chedid et Nagui durant les répétitions pour le n°439 de Tarata durant lequel -M- interpreta "Et moi, et moi, et moi" de Jacques Dutronc. Crédits photo : Nagui himself.

 

 

 

 

 

"L'Île intense" est un morceau hommage à l'île de la Réunion, présent en deux versions distinctes et voisines comme bonus à l'édition de l'album agrémentée d'un livret. Une version sage et une version rock pour une prière à ce bout de terre jeté dans l'Océan indien comme un pont entre deux mondes, justement, entre deux cultures, l'une indigène et l'autre importée. Composé il y a deux ans, en marge d'un concert donné lors du Sakifo Festival, sur l'île, en clôture des "Saisons de passage", Matthieu y est pleinement "Chedid" ... "intense", en arabe. La version vitaminée est un pur régal, qui referme avec efficacité cet "Îl" corallien.

 

 

 

http://www.synergie-invest.fr/Home/3/Systeme/Fichier/ile_reunion_7835382_xl.jpg.limit.685x272.jpg

 

 

 

 

      *   *   *

 

 

 

"Îl" est, en définitive, une réussite, un "re-Baptême", à même de réconcilier de nombreux amoureux du Machistador égarés le long de chemins roses ou noir et blancs. On y retrouve une folie douce, un lâcher-prise qui avait été perdu de vue ces dernières années. L'usage que Matthieu Chedid fait ici de la langue en est la meilleure illustration : au-delà du ciselage des mots, c'est l'émotion qui est la quête de ce "Îl". Une émotion universelle, qui s'affranchit du carcan d'un français trop académique dans notre variété française pour faire voyager les mots dont l'essentiel, lorsque l'on parle de chansons, est ici sublimé : la musicalité, au détriment du sens.

 

 

Îl Mathieu Chedid -M- Mojo

Livret-CD de "Îl" par  Mathieu Chedid

 

 

 

 

Mais l'album est aussi susceptible de satisfaire un nouveau public, avide d'originalité, d'abandon, de sons à la fois novateurs, déroutants quoiqu'efficaces. Ceux qui seront déçus, désarçonnés, seront donc les "entre-deux" : les afficionados récents, séduits par Qui-2-nous-2 et par Mister Mystère, nourris de mélodies accrocheuses et de textes plus sages, plus faciles.

 

Les différents décors érigés à chaque titre de l'album n'empêchent pas cet "Îl" d'offrir une réelle unité : celle d'un refus de se perdre en des calculs trop mercantiles. Celle, surtout, d'une philosophie faite de partage et d'amitié à la source d'une joie communicative. Voilà qui semble annonciateur d'une tournée authentique, diffusant ondes sensuelles et joyeuses. Billets parés pour le 18 mai 2013, donc !

 

Que demander de plus ? Merci Dorion, Brad, Alan, Hocine, Maxime, Marcel, Billie et Matthieu Chedid, pour cet "Îl" de beauté.

 

 

 

Îl Chedid -M- Mathieu David le Riche

Quand -M-, interprété par le danseur Nicolas le Riche, rencontre "Îl" Mathieu Chedid ... cela donne lieu à un énième jeu de masques, en forme d'abandon.

 

 

 

 

 

 

 

2yeuxet1plume - Autour de Matthieu Chedid ~

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Billet écrit et publié par Meremptah - dans AUTOUR DE -M- (MATTHIEU CHEDID)
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anti snoring 26/03/2014 13:02

This is one of the lengthy posts that I have read recently. It is quite interesting to go through. I love to hear music. Especially rock music. The videos that you have shared are really wonderful. I loved each of it.

Gaëlle 08/02/2014 19:48

Très bel article que j'ai su apprécier à sa juste valeur. Tu écris très bien c'est un plaisir, tout comme le fait de lire une vraie réflexion autour du travail de Matthieu.

emilie 22/01/2013 17:23


Bonjour,


je me pose la question à savroi pourquoi il n'est nullement mentinné la participation du 3ème musicien? je parle de Lawrence Clais, le batteur.


Lors de leur tournée ils seront 3 sur scène, Mathieu, Brad et Lawrence mais, tous le monde ne parle que de Brad et jamais de Lawrence. Pourquoi?

Meremptah 24/01/2013 20:59



Vous avez ... en partie raison.


Pour ce qui est de cet article, qui parle de l'album, je n'évoque pas Lawrence car sur tous les morceaux, c'est Matthieu lui-même qui assure la batterie et même presque toutes les percussions.
Quoi que Lawrence soit mentionné dans la légende de la capture écran du clip Mojo insérée dans cet article.


Mais, surtout, j'ai d'autres fois parlé de Lawrence, et j'ai même été le premier sur la toile à réveler sa présence lors de la tournée grâce à mon "informateur mystère" au sein de l'équipe ...
Ainsi, danc cet article, dans lequel j'en parle même davantage que de Brad : http://www.2yeuxet1plume.com/article-il-revient-le-12-novembre-2012-matthieu-chedid-111706361.html


Pour résumer... j'évoque Lawrence quand je traite de la tournée, mais pas de la création d'un album auquel il n'a pour tout dire participé que pour enregistrer le shaker ou le tempest. Brad a eu,
avec Dorion, une importance bien plus determinante sur la galette : à la production, à la composition du Mojo, à l'interprétation sur tous les morceaux, au mixage... Voilà pourquoi je les cite
davantage, pour ce qui est de la phase "studio".



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