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L'AUTEUR - MEREMPTAH

 

 

2yeuxet1plume / Autour de Matthieu Chedid -M- alterne tant des billets scrutant l'actualité et les mystères de cet artiste guitariste (informations très souvent fournies par -M- lui-même ou ses équipes)  que des articles plus personnels : photographie, écriture, découvertes musicales, etc.

 

  Armé d'un Pentax K5, fidèle filet d'images, je capture par exemple, au gré de mes envies, instants de vie et tableaux naturels. Pas de sujets de prédilection, si ce n'est le beau, l'incongrus, l'intéressant.

 

Professeur d'Histoire Géographie, parolier SACEM, j'adresse un petit clin d''oeil à mes chers élèves de passage, anciens ou actuels : eh non, vos enseignants ne se morfondent pas, une fois les cours terminés, dans d'austères livres poussiéreux et barbants ... enfin, pas que !

 

 
~ 2 yeux 1 plume ~
Autour de Matthieu Chedid par Meremptah
 
 
 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 19:41

Portrait de Dorion Fiszel, producteur de l'album Îl par Matthieu Chedid -M- / The Oo Man 

 

"Il est à noter que" Matthieu Chedid a toujours aimé s'entourer de personnalités affirmées et d'artistes doués pour l'épauler dans son processus créatif, ouvert aux idées fortes et avide de renouveaux perpétuels qu'il est. Il y eut, sur les opus précédents, Vincent Ségal, Cyril Atef, Sébastien Martel, Anna et Joseph Chedid, Alan Bac ... chacun d'entre eux ayant marqué de son empreinte les opus successifs du guitariste devenu chanteur. Pour "Îl", sorti en novembre 2012, -M- a kidnappé deux jeunes créateurs-musiciens franco-californiens : Brad Thomas Ackley, le basstardiste américain, et Dorion Fiszel, le DJ français. Dorion who, entends-je ? C'est à cette tortueuse et existentielle question que 2yeuxet1plume va s'attacher à répondre, autour de cet être, dévoilons-le d'emblée ... peu recommandable, irascible et invariablement hautain (parce que bon, hein, il ne faudrait pas que les lignes qui vont suivre donnent l'envie à trop de lecteurs de développer envers ce type malheureusement sympathique un attachement trop prononcé ... ce n'est pas parce que j'ai eu un léger flash amical pour lui, au détour de nos échanges et rencontres nourrissant ce billet, qu'il me faudrait nécessairement vous inciter à faire de même, m'enfin !).

 

 

Comme vous l'aurez certainement deviné - non sans difficulté - il s'agira là, comme à l'habitude, d'un écrit hautement objectif sur un être détesté et détestable, faisant suite à des articles hautement critiques et corrosifs sur Matthieu Chedid, Sébastien Tellier, Serge Gainsbourg et j'en passe. Je n'épargnerais donc aucune vérité dérangeante à l'égard de ma victime du jour : voilà les âmes les plus sensibles prévenues (non, ne me suppliez point, la clémence m'est étrangère).

 

 

 

Dorion Fiszel 0o man Tatouage Maquillage

Dorion Fiszel, l'h0omme aux tatouages oculaires (avis aux plus circonspects : à gauche, peinture lavable only)  

 

 

 

     

L'homme est un brin schizophrène (intraitable, je vous avais prévenus !). Et encore : ce serait faire injure à cet adjectif, tant ses avatars sont nombreux. Dorion Fiszel (prononcez le "N" final), aka Dj Dorion', aka The 0o man, aka "D double O izzel my schnitzel", aka "The Original Mojo Boy"... est né en avril 1986, en Moselle, d'un papa tout à la fois amateur de rock sixties bien puissant (The Kinks), admirateur de James Brown - son véritable maitre à swinguer - et "coach de chefs d'entreprises" (comme quoi le petit Dorion était prédestiné au mélange des genres). Quant à sa maman, travaillant à l'aéroport international de Roissy (un signe, là aussi ?), elle fut toute aussi décisive dans la construction de la culture musicale "oldies" du jeune Dorion, appréciant tant la pop de la seconde moitié du XXème siècle que la musique folklorique, qu'elle sélectionne et met en avant sur sa web-radio, http://www.radio-dejavu.net/, dont les jingles ont été composés avec le concours d'un certain Brad et d'un certain Matthieu...personnages mystérieux sur lesquels nous reviendrons plus tard. Concentrons-nous pour débuter sur les prémices des rapports langoureux entretenus, dès sa prime adolescence, entre Dorion et la musique, au sein d'une famille tendre et fusionnelle.

 

 

Rapidement, la famille Fizsel quitte la région de Thionville, direction la banlieue parisienne, l'Est d'abord, le Nord ensuite, où le jeune Dorion effectue sa scolarité, "peu brillante" de son propre aveu mais qu'il ne délaissera jamais complètement, lauréat en 2005 d'un Bac L au Lycée Léonard de Vinci de St-Witz. Si les cours d'Histoire n'étaient pas sa tasse de thé (au jasmin) - ce que je peux aisément comprendre du fait qu'il n'eut pas l'insigne honneur de m'avoir pour précepteur en cette matière - il développa dès son plus jeune âge quelques traits qui devaient ne pas le quitter pour longtemps : de légers tics de langage ("il est à noter que..."), un goût prononcé pour le DJing et une nonchalance pince-sans rire à vous dérider la Reine d'Angleterre, ses chapeaux et ses horse guards. Il m'est d'avis, à lire les quelques écrits du paternel sur son blog humoristico-managerial, que cette dernière caractéristique constitue un inestimable héritage développé, j'ose l'imaginer, alors que l'un des ancêtres Fiszel, ménestrel de son état, cherchait à tester le Mojo familial auprès de nobles damoiselles, dans le donjon branché d'une citadelle médiévale.

 

 

 

Soirée Je fais mon look Agnes B Dorion Fiszel

Dorion dans ses oeuvres (soirée Agnes B), troubadour de nos jours.    

 

 

 

 

A 11 ans, soutenu par des parents à l'écoute, le jeune Dorion se fait ambianceur, pour ne pas dire "DJ". C'est en grand adorateur de Michael Jackson et de Fatboy Slim - "un véritable maitre à penser de [sa] jeune adolescence" dont l'album "You've come a long way baby" devint pour lui ce que "Le Baptême" ou "L'histoire de Melody Nelson" furent pour moi, une référence déversant en boucle dans ses tympans prépubères de succulents beats électros par l'intermédiaire d'un casque aux mousses vite érodées - qu'il plonge dans l'univers du scratch et du hip-hop. Il intègre ainsi une troupe de danse urbaine dans la région de Marly, dans laquelle il s'initie tant au smurf qu'au breakdance, improvisant quelques battles en pleine cours de récré. Musicalement, il se produit devant ses proches, ses amis du collège Dolto, puis dans quelques soirées de banlieue parisienne, dans lesquelles il mixe et scratch des titres hip-hop, "seul blanc" au milieu d'auditoires métissés et déjà enthousiastes. Ses premières amours de sonorités urbaines sont américaines, quelques fois françaises : la Fonky Family, NTM, Cut Killer ou encore les artistes de la mouvance du label "Première classe" (Neg'Marrons, Pit Baccardi, etc.) s'enchainent et se superposent sur la phono de l'apprenti platiniste.

 

 

C'est alors, en 1997, que Papa Fiszel croise un certain DJ Eanov, pour l'heure vendeur dans un magasin dédié au mix mais qui fut par la suite fondateur d'une école pour Disc Jockeys ouverte au début des années 2000 à Epinay et partie prenante d'un fameux binôme de scratcheurs fous aux côtés de l'inénarrable Crazy B, actuel membre des Birdy Nam Nam. Inquiet d'observer Dorion multiplier les "nuits blanches passées à écouter de la musique, à endommager la platine vinyle familiale du salon tout en bavant sur des magasines de matériel DJ", Papa Fiszel obtient de DJ Eanov que celui-ci donne à son fils des cours de scratch, dans son appartement, quelques matinées de week-end, le formateur offrant alors à son jeune apprenti, en plus de ses lumières en termes de maniement du crossfader et du pitch bend, d'inoubliables leçons en matière de mode, le recevant quasi-systématiquement vêtu d'un simple pyjama, une tasse de café à la main (ce qui devait donner naissance, dans l'esprit de Dorion, à une résolution inébranlable : "plus tard, je mixerais aussi bien que lui ... mais je serais stylé").

 

 

Le petit mordu de scratch se voit alors offrir ses propres platines et, après avoir méthodiquement donné l'impression à ses parents qu'il s'était adonné avec sérieux au rituel des devoirs, replongeait de plus belle dans des nuits sans repos mais pour autant peuplées de rêves dans lesquels il incarnait une sorte de super-héros casqué dont les mains jointes à peine écartées au niveau des doigts, formant ainsi un "U", en position dite du "Kamé Hamé Ha", crachaient en direction des avatars de l'ennui, qu'il fallait bien terrasser, des nuées d'énergies vibratoires imparables. De son propre aveu, il s'écarte cependant assez vite de la "belle école" de DJ Eanov, son "maître" lui ayant conféré un solide bagage technique mais ne lui ayant pas pleinement dévoilé les ficelles du Graal du "teenaDJer" Fiszel : l'efficacité. Devenir killer de dancefloors, voilà désormais l'ambition de Dorion.

 

 

 

Dorion's touch Régine 2007 Fiszel

  Soirée "Dorion's touch", Chez Régine, Février 2007

 

 

 

 

La transition se fait d'abord avec l'entrée au Lycée, vers 15-16 ans. Dorion quitte l'univers hip-hop et répond à l'invitation des "grands de [son] village" pour officier dans des rave-partys au milieu de paysages bucoliques forestiers... rave dans lesquelles il dénotait franchement, véritable extraterrestre tout en mixs urbains relevés d'une pointe de french-touch (Daft Punk, Alan Braxe, etc.) qui tranchaient radicalement avec ceux des DJs hardcores aux narines plus ou moins dilatées qu'il côtoyait de fait - et de fêtes.      

 

 

 

Puis, dès l'époque de la Première, Dorion - dont toutes les économies s'évaporaient dans l'achat de vinyles dans les shops spécialisés et de tickets de RER D, précieux et indispensables sésames des nuits parisiennes - délaisse alors véritablement le hip-hop pour céder à l'émergente tendance électro des boites de la capitale. Les révisions du baccalauréat sont vite perturbées par cette nouvelle et grisante existence, même s'il décroche le diplôme "par miracle". La petite vingtaine acquise, il affine son style. Tatouage éponyme sur l'avant bras-gauche, à la fois signature pour photographes et préservateur d'anonymat facial, réserve de disques groovys dans le baluchon, veste de costard recouvrant le tout et sourire effacé pour la circonstance : "The 0o man" est né. Il se créé même un alter-ego pixélisé illustrant la fusion d'un homme et d'un tatouage, à l'instar de l'homme à la tête de chou gainsbourien, qui devient une sorte de logo de l'entreprise DJ Dorion', rapidement bénéficiaire (même si le tampon "DJ", que lui accolaient les organisateurs de soirées sur mains flyers, "l'hérissait pour [il] ne sait quelle raison").

 

 

 

Dorion Fiszel 0o Man DJ Dorion Logo

The 0o man, l'alter-ego-logo de DJ Dorion

 

 

 

 

Basé dans le 18ème arrondissement parisien, se produisant dans de "gros clubs de 2.000 personnes, où t'envoie la sauce", la marque Dorion' s'impose dans les années 2005-2007. "DJ" révélation, il gravite autour de tous les établissements branchés de la capitale (double résidence au Redlight et au mythique Studio 287, soirées au Rex, Chez Régine, etc.), appose son nom aux côtés de stars des platines (Eric Prydz, Alex Kid, Kevin Saunderson, DJ Snake, etc.) et devient même tête d'affiche d'imposantes soirées. Sa capacité à électriser les dancefloors est alors telle qu'il est l'un des rares à pouvoir pratiquer le grand écart du DJing en surfant, la même nuit, des platines d'un très branché et très select club où s'abandonne la jeunesse dorée parisienne à celles d'un haut lieu du clubbing populaire de banlieue. Faisant fis des frontières sociales, il survole aussi les frontières musicales et terrestres, mixant des sons aussi bien électro qu'oldies, de Shanghai à Tel Aviv.

 

 

 

DJ Dorion Fiszel Régine

Dorion mixe chez Régine, en Guest star aux côtés d'Eric Prydz en 2006 et à la Riviera de Shanghai

 

 

 

 

Mais - Cendrillon pourrait en faire une conférence mémorable - les heures de gloire sonnent parfois minuit trop vite. Dès 2008, le rêve s'assombrit brutalement. La crise naissante y contribue à sa façon, qui rogne marges et budgets des boites de nuit. Et les clubbers, par essence volages lorsqu'il s'agit de modes dansantes, n'étant constants que dans leur navigation perpétuelle entre des styles vieux de six mois qu'il faut bannir avec virulence de par leur caractère déjà trop suranné et des rythmes nouveaux dont ils font l'apologie pour un temps dont chacun sait qu'il n’excédera pas quelques années, ne voient plus en Dorion le DJ Master qu'ils vénéraient autrefois. The 0o man est touché, presque coulé en son fort intérieur : débute une sorte de descente aux enfers de l'âme, tant la chute est brutale. Mais il conserve pour atout cette insatiable soif de collectionneur de 45 tours, et la volonté de subsister par lui-même : autant de moteurs à trouver de nouvelles sources de revenus qui le font s'échouer temporairement sur des rivages rieurs, échos à l'humour paternel.

 

 

 

Il épaule en effet "un très bon ami, Emmanuel Smadja, propriétaire d'un restaurant italien, le Pranzo, sur [...] les grands boulevards", qui projette de l'agrémenter d'une scène de stand-up, à l'instar du "Jamel Comedy Club" voisin. Dorion s'y fait tout autant programmateur musical que peintre en bâtiment ou charpentier "ès cageots de supermarchés", sortes de briques bon marché de l'estrade à bâtir. Les rejoignent Aurélien Wiik, acteur relativement populaire du début du millénaire ("Arsène Lupin", "Tu vas rire mais je te quitte", etc.), qui jouera doublement son rôle dans l'épopée ici narrée. Ce dernier ramène au Pranzo de jeunes humoristes encore inconnus, qu'il a lui même révélés en tant que leader d'une scène ouverte préexistante (le "Chinchman Cabaret Club"), et qui aiguisent là leurs lames satiriques en donnant vie - sous les prunelles pétillantes d'un Dorion renaissant par le biais de ce trampoline magique - à une sorte de Splendid' des années 2000. Il y côtoie Kyan Khojandi ("Je" de Bref), Gaspard Proust, Arnaud Tsamère, Florent Peyre, Matthieu Madeignan, Shirley Souagnon, Kev Adams, Malik Bentalha ou encore Redouane Harjane, ces trois derniers devenant de proches amis.

 

 

 

Mais l'aventure se mue en belle et tout autant brève parenthèse. Aurélien Wiik quitte rapidement le navire pour s'embarquer direction Los Angeles, où il dépose ses bagages comme ses aspirations. Et Dorion, qui faisait déjà quelques allers-retours réguliers avec la cité des anges pour y visiter l'un(e) de ses plus proches, l'imite bien vite. Car The 0o man ne parvient plus à se satisfaire du "simple" mix. Il veut créer. Direction, pour donner corps à cette soif d'ailleurs, les terres de l'Oncle Sam, où un des membres de sa famille vit le rêve américain.

 

 

 

 

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Emmanuel Smadja au Pranzo, son café théâtre (2011) 

 

 

 

 

Dès 2007, donc, Dorion se rend par intermittences à Los Angeles où vit sa grande soeur Saraï Fiszel, artiste-maquilleuse qui officie sur des clips ou des shoots photos d'artistes divers, de Pharell Williams à Norah Jones en passant par Léa Seydoux et Nathalie Portmann, dont elle est la "makeup artist" officielle (c'est donc bien vrai qu'elle aime la France et les Français, la Nathalie !). Cette soeur, véritable petite fée dans l'existence de Dorion, partage avec lui goût du mix et de la musique. S'attardant désormais davantage sur des styles tout autant électro que rock & roll ou soul, The 0o man se produit régulièrement dans des soirées californiennes ("California love, California...knows how to party"). Il mixe même parfois en famille comme lors de cette soirée de mai 2011 durant laquelle le "brother-sister DJ duo, Sarai and Dorion Fiszel" est à l'affiche de la soirée "No America", sur Sunset Boulevard. Mais le binôme génétique s'y différencie : presque allergique à l'électro, Saraï se rapproche bien davantage des influences maternelles que son petit frère, l'infléchissant toutefois peu à peu vers des sonorités "oldies" marquées 50's ou 70's.

 

 

 

Ultraviolet Sound Brad Ackley Obsessive Compulsive Dancing OCD UVS

Mais qui est-ce donc, à droite, ce mec hype au corps d'homme et au front de zèbre ? 

 

 

 

 

      Ce goût de la soeurette pour le bon son la poussera à faire découvrir à son "baby brother" Dorion un groupe local déjanté juste ce qu'il faut : Ultraviolet Sound, aujourd'hui composé de deux membres mais qui à l'époque en comptait trois, le larron aujourd'hui manquant étant un certain Brad Thomas Ackley, à droite sur la pochette ci-dessus, multi instrumentiste et ingénieur du son de son état. Le groupe en question, qui sort en 2008 l'album "Obsessive Compulsive Dancing", oscille entre électro et pop-synthétique et fait frémir de plaisir le tympan fiszelien : Dorion développe alors très vite un coup de foudre amical et musical pour Brad Ackley, et collabore avec U.V.S. pour l'élaboration de l'une de ses toutes premières créations, "La Vulgaire symphony", enregistrée à Los Angeles en 2007. Kyan Khojandi, rencontré en 2008 lors de l'équipée du Pranzo, au temps des "allers et retours", écoutera, retiendra puis utilisera ce titre dans la B.O. de l'un des épisodes de sa cultissime mini-série, Bref ( "Baptiste est super flippant" - Episode du 27/02/2013). On le retrouve d'ailleurs sur l'album playlist "Bref", regroupant quelques morceaux choisis par les créateurs du show et publié en octobre 2012.

 

 

Avec Brad, autrement appelé B-Rad ou, plus trivialement, "le robot américain", rapport à sa capacité à jongler entre les claviers numériques et les cordes en moins de temps qu'il n'en faut à MacGyver pour se sortir d'une situation inextricable, se développe une complicité immédiate. Car Dorion n'a ni l'oreille absolue, ni le gout du solfège : "le solfège me saoule, c'est un enfer : il est à noter que je ne joue d'aucun instrument". "Oralement, je pense la musique, et je dicte au musicien ce qu'il doit faire" : Brad, le musicien en question par excellence, devient dès lors sa muse, son interprète, ses doigts, sa boite à musique sensible et attentive. Un simple regard, un silence, un sourire, un frisson et Brad traduit sur ses synthétiseurs trafiqués et autres instruments issus des projets secrets de la Nasa les volutes musicales tout droit sorties de l'esprit créatif de Dorion'. Mais ce qui les unis si étroitement, et scelle par là un pacte immuable, c'est que Brad aussi est, pour utiliser le langage dorionesque, "un créateur d'exception". S'érige donc, entre ces deux artistes talentueux, une sorte de "ping-pong" inventif loin d'un banal échange "concepteur/traducteur" à sens unique que laissent deviner à tort les quelques articles de presse s'étant jusque là fait l'écho de cette collaboration hors-normes.

 

 

 

Brad Thomas Ackley et Dorion Fiszel

Brad Thomas Ackley et Dorion Fiszel - Les inséparables

 

 

 

 

Dorion et Brad ne se quittent désormais plus, le premier s'installant à Los Angeles durant plus de 3 années. Ainsi rapprochés, leurs palpitants battent la chamade, à l'unisson. Parmi leurs lieux de rencontre réguliers, se détache la maison de Saraï, ayant autrefois appartenue à l'inventeuse de la pédale wahwah et dans laquelle se seraient succédés les Beatles, Jimi Hendrix et compagnie... Cette maison est depuis devenue - par l'entremise des nombreux contacts acquis par Saraï dans le cadre de son activité ayant fait d'elle une artiste maquilleuse internationalement reconnue - le Q.G. de la "French connection" dans la cité des anges, une sorte d'ambassade des artistes français expatriés ou de passage, à l'atmosphère féérique très marquée "années 30". Dorion y retrouve ainsi, par le plus pur des aléas, Aurélien Wiik, le partenaire "époque Pranzo", qui a emménagé dans ce haut-lieu de la capitale californienne, poussé lui aussi par ses envies d'ailleurs. M'est surtout d'avis que visiter cette incontournable bâtisse et m'imprégner à mon tour de son ambiance, de ses ondes spectrales, aux côtés de Dorion et de cette dynamique bande, ne serait pas pour me déplaire...

 

 

 

Dorion Saraï Fiszel

La fine équipe des nuits californiennes - Saraï portée par Aurélien Wiik (à gauche) et Dorion (au chapeau)

 

 

 

 

C'est à cette époque que Dorion et Brad fondent un nouveau groupe, le "basstardiste" (joueur de basstar : deux cordes de basse et quatre cordes de guitare) délaissant U.V.S. Sous le nom d'Ami Raj, et rejoints par la chanteuse Jenny O., ils s'attaquent à un genre tout aussi électro mais empreint désormais d'un rock progressif parfumé au chanvre et au funk, plus aérien, explorant par là même de nouvelles sonorités, ayant pour ambition de modeler un son décomplexé, expérimental et actuel. Ils composent le titre Somewhere, notablement utilisé par la marque Wildfox Couture comme BO d'un court-métrage à la photographie léchée, illustrant leur collection automnale 2010. La viralité de ce spot aidant, Somwhere est même reprise par Pantène pour vanter, jusqu'à aujourd'hui, les mérites de l'un de ses shampoings (le même que celui de Dorion, qui fait la toison soyeuse et donne vie à des bouclettes "so romantic" ?!?).

 

 

 

 

IFrame

 

Mais Ami Raj ne restera qu'un "side project". Car voilà qu'en 2010 Mathieu Chedid, l'artiste pop-coloré français débarque dans la vie du disc-jockey électro-funk désormais américano-français. Un nouveau hasard, nous allons le démontrer tout à l'heure, porté encore une fois par la présence essentielle de Saraï à ses côtés, véritable pont - que dis-je, inestimable viaduc - entre The 0o man et ceux qui doivent un jour être amenés à peser sur sa vie (Tiens, saperlipopette, mais ce n'est pas Saraï qui m'a fait rencontrer Dorion !... Triste signe ?). 

 

 

-M- est alors à Los Angeles pour une double actualité. Il y enregistre les voix de Vanessa Paradis et de Sean Lennon pour la musique de la version anglo-saxonne du film d'animation "Un monstre à Paris". Il y réalise aussi les prises de "Jamais seul", le 47ème album studio de Johnny Hallyday, aux côtés de Yodelice, du batteur de Gush ou encore d'Alan Bac aka Hocine Merabet. Johnny avait besoin d'un shoot photo pour mettre en scène sa complicité naissante avec ces artistes de la nouvelle scène : c'est Saraï qui en exécute le maquillage. Et la voilà qui invite la joyeuse troupe néo-chedidienne à passer quelques soirées dans son incontournable maison, à faire trempette des pieds autour de sa piscine tout en buvant, façon de dire, du "thé au jasmin". La grande soeur a d'ailleurs tôt fait de glisser à l'oreille du rocker à la lettre majuscule quelques titres de son petit frère. L'un d'entre eux marque particulièrement Matthieu Chedid, et le pousse à rencontrer ses auteurs : c'est "Fall 1", d'Ami Raj, qui emplit le guitariste français d'enthousiasme et d'inspiration, toujours à l'affut d'idées fortes. «C'est vraiment de la musique d'aujourd'hui, plus électronique et en même temps très inspirée » confiera-t-il fin 2012, en référence à ce morceau, au journal canadien La Presse.

 

 

Toutefois, si Saraï est bien "l'épicentre" de cette improbable rencontre, s'en tenir là serait passer sous silence le rôle préalable d'un autre intermédiaire. Car -M- fut sans doute influencé, au moment de céder aux accords mélodiques révélés par Damoiselle Fiszel à ses oreilles gourmandes, par quelque résurgence sonore : c'est qu'elles avaient déjà croqué Fall 1, ses sensibles esgourdes, sans en connaitre les auteurs, par l'entremise antérieure d'un certain Raphaël, fruit des amours de Michel Berger et de France Gall, producteur et garant auprès de la SACEM des droits de Dorion Fiszel. C'est donc plutôt deux fois qu'une qu'il fut séduit par ce titre au destin improbable, simple chanson devenue précieux sésame.

 

 

 

   

IFrame

 

Le coup de foudre amical est réciproque et immédiat. Matthieu Chedid développe avec Dorion une relation presque fraternelle, apprécie tant sa culture musicale que son énergie, son humour aussi. Les trois hommes décident alors de s'offrir une folle parenthèse et de vivre quelques jours durant coupés de leurs activités d'alors, pour s'adonner à la seule musique, sans même qu'ait d'ailleurs déjà émergé dans l'esprit de -M- l'idée de réaliser un album complet avec l'aide du dynamique duo (mais qui joue Robin ?). Direction le désert de Joshua Tree, flanqué des "deux énergumènes magnifiques" à l'univers musical affirmé. Les trois complices - accompagnés d'Aurélien Wiik, le pote de bringue de Dorion, de Saraï, sa Big Sister, mais aussi de la jeune Billie Chedid - louent une petite maison sur place et s'enferment quelques jours durant dans l'étrange "Intégratron", un bâtiment circulaire de 12 mètres de haut pour 55 mètres de diamètre, tout en bois, sans une once de métal, conçu dans les années 1950 par George Van Tassel, un savant fou désireux d'utiliser son "invention" tout à la fois comme une machine à rajeunir, à voyager dans le temps et à communiquer avec toute forme de vie extra-terrestre intelligente... Que diable allaient-ils faire dans cette galère, s'écrierait Molière ? C'est que le bâtiment est aujourd'hui surtout connu pour posséder une acoustique parfaite. A l'intérieur de cette sorte de mini-observatoire légèrement rafistolé, c'est tout en poutres apparentes : ambiance chalet du désert. Là, dans ce vase clôt, véritable starter du futur opus "Îl", Brad et Dorion apportent à Matthieu Chedid leur vision de la création musicale : plus ludique, plus énergique, plus fraiche aussi. Ils bricolent, ils grattent, tentent de faire un peu de musique ensemble... de la musique d'aujourd'hui, comme -M- définit sa quête d'alors : un rock primitif, simple, sans fioritures, limpide, seulement relevé d'une pointe d'effets spéciaux apportant puissance et efficacité. La "Dorion's touch", en somme.

 

 

 

Integratron Joshua Tree Ben Duhac California

Intégratron, désert de Joshua Tree, Californie - Photographie par Ben Duhac - "E.T., téléphone, maison"

 

 

 

 

C'est ainsi que naquit, en plein désert californien, le Mojo, morceau phare de l'album Îl de Matthieu Chedid. Un titre aux paroles inspirées par Dorion et Aurélien Wiik - "prédateurs frenchies aguerris aux nuits californiennes" - qui, lorsqu'ils s'en revenaient d'une belle soirée (comprenez d'une soirée...fructueuse), le signifiaient en balançant, un brin joyeux un brin sûrs de leurs effets : "c'est qu'ça c'est le Mojo !". Mojo...un terme fleurant bon le lâcher prise, le kiff, le sex-appeal, la touche magique des joueurs de blues, l'amusement assumé aussi, que Matthieu Chedid décide bientôt de superposer aux sons nés dans l'Intégratron. Puis vient l'idée de la chorégraphie ridicule, inventée en quelques minutes à peine par -M- "qui a le petit truc initial", et par ses nouveaux compères qui rivalisent de propositions de pas plus loufoques les uns que les autres. "Imagine, les gens, ils font comme ça" rigole Dorion, haussant des épaules en rythme tel une otarie en spectacle à Marineland... "Mais non, ils sont pas assez cons" conclue-t-il pour lui-même, ne pouvant alors imaginer qu'un simple "trip entre potes, une blague, un délire avec des accords très simples" puisse être aujourd'hui repris par des milliers de personnes, outre-Atlantique, dans des Zéniths bourrés à craquer, leurs visages exprimant un sérieux contrastant avec l'origine même de la blague, du genre : "il y a quand même Matthieu Chedid en face de moi, il s'agit de ne pas se manquer dans l'enchainement ces pas hautement vénérables". Et j'en viens alors à me demander, mouton (in)conscient et volontaire que je suis, pourquoi donc en suis-je venu à reprendre ces mouvements absurdes avec quelques uns de mes élèves, et pourquoi donc je co-organise un Mojo géant - entendez plutôt une vaste plaisanterie dansante - sur la place du Capitole de Toulouse, le 13 juillet 2013 à 15h00 tapantes (quel habile placement produit !)...

 

 

 

Mojo Géant Matthieu Chedid

Mojo Géant co-organisé par Meremptah de 2yeuxet1plume (cliquez sur la bannière pour nous rejoindre)

 

 

 

 

Enthousiasmé par cette expérience quasi-onirique et par toutes ces bonnes ondes emmagasinées en Californie, Mathieu Chedid boucle Dorion et Brad dans ses valises, direction son petit studio parisien, le Labo M. Le déclic se fait alors dans son esprit, après quelques nouvelles sessions acoustiques passées en compagnie du duo franco-américain, Dorion se faisant d'ailleurs alors l'interprète linguistique de Brad en mode "inversons les rôles". Porté par une nouvelle énergie, Matthieu Chedid sait que son prochain album studio, il le fera avec eux. Ils lui apportent ce renouvellement dont il avait besoin, apaisé qu'il est face à son processus créatif. Exit - professionnellement parlant j'entends - les fidèles Olivier Lude, Cyril Atef et consorts. "Îl" se façonne à six mains et autant d'oreilles : Dorion à la réalisation, endossant un rôle de producteur à l'américaine, Brad exécutant dix à quinze pour cents des instrumentations tandis que Matthieu Chedid joue le reste, écrivant composant et interprétant, tout en restant ouvert aux "idées fortes" du jeune binôme. Celui-ci recycle et orne les essais de -M- de bidouillages électroniques, et l'encourage à aller au bout de ses idées, à retrouver des sonorités plus proches de ses premiers albums enfin, comme celles de la période "Le Baptême" dont ils ressuscitent vite deux titres : "La Grosse bombe", Face B connue jusque là de quelques irréductibles, et "Faites moi souffrir", restée prisonnière d'un tiroir depuis 1997.

 

 

Le fil conducteur de la création d'Îl de Matthieu Chedid est sans nul doute l'intensité. Elle est voulue tant par Matthieu que par Dorion ou Brad. L'idée : caricaturer chaque univers, chaque parti-pris musical, planter un décor de carton-pâte... La simple écoute de "La maison de Saraï" ou de "Machine" suffit à nous en convaincre. Puis tout s'enchaine. Jusqu'à la publication de la galette - collective - en novembre 2012. Alors Dorion, qui avait arrêté ses études après le bac et n'espérait plus aucun autre diplôme, de son propre aveu, qui s'était désespéré en 2008, devient le méritant co-détenteur d'une rareté : un double disque de platine certifié SNEP, reçu en mars 2013.

 

 

 

Double disque de Platine Îl Matthieu Chedid Dorion Fiszel

Double disque de platine pour The 0o Man - Album Îl de Matthieu Chedid & Cie

 

 

 

 

Manque tout de même, pour la tournée qui s'annonce, un batteur, Matthieu Chedid ayant fait le choix du renouveau. Un casting est organisé. Cinq-six drummers sont auditionnés, mais aucun ne parvient à enthousiasmer la fine équipe. Là encore, "Super Hasard" pointe le bout de sa cape : alors que nos trois larrons se trouvent chez un ami du Machistador, qu'ils soutiennent musicalement pour la réalisation d'un générique, la connaissance en question fait écouter au trio une démo percutante... Les co-réalisateurs de Îl sont scotchés par le jeu énergique sur les futs qui émerge de cette bande prodigue, et en contactent l'heureux artisan. Lawrence Clais, percussionniste martiniquais originaire du quartier de Redoute, à Fort-de-France, dans lequel il avait monté un petit groupe d'enfance du nom de "Natural" comptant entre autres le chanteur Jean-Marie Ragald, complète la troupe des cinq mousquetaires. Matthieu Chedid à la gratte et au charisme, Brad à la basstar, Lawrence aux drums, Hocine à la plume acrobatique et notre Dorion à la direction artistique (orchestration du Live, etc.).

 

 

      Mais que pensent donc Papa et Maman Fiszel de cette évolution fulgurante ? De ce grand écart du fiston passé en un claquement de doigts d'un univers électro-soul souvent expérimental à la galaxie de la "variété française" que certains accolent maladroitement à l'œuvre de Matthieu Chedid ? C'est que, comme mes propres parents lorsque je leur avouais adolescent ma passion pour -M-, ils ne semblent pas s'intéresser à l'artiste dont ils jugent la voix trop... mielleuse, aigue, si ce n'est dérangeante. Pourtant, Maman Fiszel n'était pas allergique à l'univers chedidien, loin s'en faut : mais elle succombait bien davantage à la voix de velours du paternel, Louis, dont elle écoutait en boucle un disque Live dans la maison familiale avec tant de constance que l'enfant Dorion, désireux d'échapper à un trop plein de "T'as beau pas être beau", dissimula la galette en question sous le canapé du salon (grrrr, quel enfant terrible, déjà !). Voici malgré tout, des années plus tard, notre héros qui, dans un élan de courage digne de Léonidas  - le Spartiate, pas la marque de chocolats - les convertis avec une efficacité redoutable, ne leur laissant finalement que peu de choix en les "conviant" à assister à un petit concert de chauffe dudit Matthieu Chedid fin 2012 : imparable, comme le savent tous ceux qui y ont déjà goûté ("Le Live ! Ce salaud !"). Fans, ils le sont donc devenus, ce qui devrait donner des idées au petit admirateur timoré que je fus : les plus attentifs d'entre vous n'auront d'ailleurs aucun mal à repérer dans le clip du Mojo le père de Dorion, "celui qui ressemble un peu à DSK sur le pont des arts", invité par Matthieu himself après que le sympathique paternel ait envoyé le feu lors d'une précédente soirée commune, se lâchant comme jamais au rythme des pulsations soul de son maitre en survoltage, le regretté James Brown. 

 

 

 

Clip Mojo -M- Matthieu Chedid Fiszel Père et FIls Pont des arts Mathieu

Deux Fiszel se cachent dans cette image tirée du clip Mojo de Matthieu Chedid : sauras-tu les identifier ?

 

 

 

 

Quid de l'avenir du jeune Dorion ? Car sa carrière ne saurait se résumer à sa collaboration, certes fructueuse, avec Mathieu Chedid, tant son passé et ses talents semblent le promettre à une carrière soit solo, soit duale, appuyée sur son indéfectible amitié pour Brad. Les co-fondateurs du défunt trio Ami Raj composent d'ailleurs en ce moment-même la B.O. du premier film de Mélissa Drigeard - anciennement réalisatrice d'épisodes de la série Mafiosa - une comédie romantique intitulée "Jamais le premier soir" reposant sur la présence à l'affiche d'Alexandra Lamy, de Jean-Paul Rouve ou encore de Mélanie Doutey. Ils s'apprêtent aussi à créer un nouveau groupe, à deux cette fois, dont le visuel ne serait autre... que le tatouage 0o dorionesque, Brad devant se le faire tatouer sous peu, sans doute inspirés par les dizaines de fans qui, spontanément, se rendent aux concerts de -M- en s'étant préalablement inscrits au marqueur noir ce signe fort sur leurs avant-bras respectifs. C'est donc sous le sigle - un tantinet dorionesque lui aussi - "The 0o men" qu'ils authentifierons naturellement leurs futurs projets.

 

 

 

0o men Dorion Fiszel Brad Ackley Fans Collège Fontenilles

The "0o Fans" - Un signe qui marche

 

 

 

 

En définitive, c'est encore Papa Fiszel qui, en 2009 déjà, résumait le mieux le chemin parcouru et à venir que son fils Dorion trace de lui-même :

 


« Allez donc vite écouter de la nouvelle-bonne-musique ; il s’appelle Dorion ; bien entendu je ne suis pas objectif, mais dans un ou deux ans, vous pourrez dire : "je l’ai entendu à ses débuts, et j’ai bien identifié un formidable potentiel" ».

 

 

 

Dorion Fiszel Oo man

The 0o man Dorion Fiszel - Un style à suivre et retenir

 

 

 

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Mais qui donc est l'homme, derrière les points ? Difficile de répondre à cette épineuse question sans être l'un de ses tous proches. Cependant, les échanges qu'il a initiés avec 2yeuxet1plume il y a neuf mois de cela, ainsi que les rencontres qui ont suivies, m'ont permis d'entrevoir un être entier, sachant autant respecter une parole que la donner, loin du personnage affable qu'il s'est façonné.

 

 

 

Dorion Fiszel et Meremptah
Dorion sourit parfois - Mai 2013 Zénith de Toulouse, extérieur loges

 

 

 


Je mentirais en n'avouant pas que Dorion est le genre de mec - ne nous méprenons pas sur le sens de cette phrase en ce contexte troublé - que j'apprécierais pouvoir connaitre davantage. Non pas du fait de son succès naissant, ou de son très sympathique répertoire téléphonique, non... Juste pour son côté tripant, sa folie douce, son humour pince sans-rire et, dans le même temps, la très grande fidélité en camaraderie que je le soupçonne d'avoir sous des dehors faussement détachés. Le genre de mec, en définitive, que j'ai tendance à sélectionner dans mes propres amitiés (car oui, l'amitié, c'est comme le bon saucisson : ça se soupèse, ça se choisit... ça se ressent aussi).

 


Bien entendu, nous sommes pour l'instant à des années lumières de tels rapports. Mais je fais assez confiance à mon feeling pour croire que Dorion enrichit ceux qu'il affectionne, tout comme ceux qu'il ne fait que croiser.

 

 

 

Dorion Fizsel et Meremptah

2 0o et 1 plume VS The Oo Man  - Juin 2013 Zénith de Paris, intérieur loges

 

 

 


Ainsi, il s'est fait l'ange gardien de mes jeunes protégés du collège de Fontenilles pour un soir, cherchant continuellement à ajouter une touche supplémentaire de féérie à la soirée déjà dingue qu'il avait contribué à façonner pour eux, de la dizaine de places de concert offertes jusqu'au Mojo final dansé par mes élèves sur la scène du Zénith de Toulouse aux côtés de Matthieu Chedid. Les placer idéalement, les détendre et blaguer, leur faire arpenter la scène avant l'entrée des spectateurs pour mieux désacraliser l'instant, prendre discrètement de petites photographies des adolescents rencontrant ébahis leur idole d'un soir comme pour signifier l'importance personnelle qu'il accorde au moment, s'enthousiasmer de l'hommage doublement circulaire gravé au marqueur noir à chacun de nos avant-bras gauches, nous trouver des accès presse pour mieux immortaliser la chorégraphie finale, questionner chaque jeune dans les loges une fois la performance passée et s'intéresser à lui, se raconter et se livrer, courir désespérément après un pot de foie gras offert par ma môman à 23h00 passées pour calmer la fringuale naissante du groupe ayant rejoint le bus... les réflexes d'un être simple.

 

 


- D'un lumineux homme de l'ombre -

 

 

 

 


Dorion, pour 2 0o et 1 plume

 

 

 

 

 

 

2yeuxet1plume - Autour de Matthieu Chedid ~

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Billet écrit et publié par Meremptah - dans AUTOUR DE -M- (MATTHIEU CHEDID)
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commentaires

systems 13/03/2014 13:48

It is always good to hear the live Dj. The Djs doing the live are like really magicians, their hands on the equipment the minds of the crowd gathered around him drifts away into the energy of music. Thank you for sharing this with us.

Lu 05/01/2014 11:45

Un article tres interessant. Je t'envie enormement de les avoir rencontrer ( je suis une fan des mojo boys )

Meremptah 05/01/2014 13:17

A noter que je viens de m’apercevoir que l'article était tronqué : je viens d'y remédier : il est désormais complet (cf. pied de récit !).

Encore merci !

Meremptah 05/01/2014 12:15

Merci, Lu. Une vraie chance que d'avoir pu véritablement faire leur connaissance et échanger avec eux, j'en ai conscience ;)

Avez-vous d'ailleurs suivi leur actualité récente ? http://www.2yeuxet1plume.com/2013/12/musical-fanzine-b.o.-jamais-le-premier-soir-dorion-fiszel-%26-brad-thomas-ackley.html

Lolaurence 20/12/2013 18:15

Superbe article. Aussi passionnant que celui sur -M-athieu. On a l'impression de les connaître personnellement! Merci

Meremptah 22/12/2013 08:10

Oui, un privilège dont j'ai conscience... Mais il n'y a pas de raisons que cela ne vous arrive pas un jour ;)

Lolaurence05 20/12/2013 20:12

C'est déjà une chance d'avoir pu croiser leur chemin! je vous envie!

Meremptah 20/12/2013 18:27

Merci de votre trace ! Ils donnent eux-même cette impression sidérante, dès le premier abord, d'être d'anciennes et bienveillantes connaissances...heureux d'avoir pu retransmettre cela, même si je suis loin de les connaitre véritablement, en dehors de quelques belles rencontres ;)

Marion 01/07/2013 11:53


Bravo Yann pour ce bel article par le biai duquel j'ai pu apprendre tout plein de choses sur The Oo man !!!

Meremptah 02/07/2013 18:07



Merci Mari0on ! ;)



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