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Matthieu Chedid -M- par 2yeuxet1plume - Meremptah

BATMAN - Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - PARTIE 1 [n°15 à n°11]

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 2 [N° 10 à 6]

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 3 [Top 5]

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 4 [CHRONOLOGIE]

 

 

Batman - Classement des 15 meilleurs comics  de l’âge sombre sur le Dark Knight par Meremptah

 

 

Damned ! Mais que vient donc faire ce croisé à la cape de Batman sur 2yeuxet1plume, site dédié aux mots, aux visions et aux sons ? Mais tout, ma 'tite dame ! C'est que ce site est avant tout l'étal numériques des coups de cœur, marottes et autres passions de Meremptah.

 

 

 

 

Le Chevalier Noir occupant, autant ne pas le cacher, une place de choix dans mon horizon culturel très diversifié, tant par sa mythologie foisonnante, par les récits de très grande qualité dont il a fait l'objet que par la survivance assumée de l'enfant qui s'amuse en moi, me voici succomber à l'envie d'en faire la promotion par le biais d'un classement tout personnel destiné tant à ses aficionados qu'à ceux qui y sont allergiques par principe.

 

 

Car le Comics, c'est de la BD. Car la BD, c'est un art. Car il est des Batman assimilables à de profonds et précieux romans graphiques. Revue de détails.

 

 

 

 

 

 

16. POURQUOI CEUX-CI ET PAS D'AUTRES ? MES CRITERES DE CHOIX

 

 

 

 

A l'instar de l'excellent classement par MDCU comics (Batman : les 10 comics indispensables), dont cette hiérarchisation se distingue cependant sur bien des points, commençons par éclaircir quelques éléments non négligeables.

 

 

 

 

 

 

Aux connaisseurs qui pourraient s'écrier rapidement "Tel comics en première position ? Non, le meilleur, c'est tel autre", ou bien "Honte à vous d'avoir omis de citer tel comic book", je préfère rappeler d'emblée qu'il s'agit là d'un classement tout personnel. Je n'ai aucune prétention d'asséner des vérités premières. Chacun s'est bâti son propre panthéon des récits du Batman et il est évident que rares seront ceux qui reconnaitront pleinement le leur ici. Le présent classement est celui d'un tout jeune - trop certainement - admirateur de la saga du chevalier noir, tombé dedans - dois je le confesser ? - suite à la saga de Nolan mais ayant dévoré depuis assez d'opus et d'auteurs du personnage pour m'être fait un avis précis sur la question. Un avis intime et partial, donc.

 

 

C'est à l'âge sombre et uniquement à celui-ci que le présent classement s'intéresse. Kézako ? Il s'agit de la période de création courant du milieu des années 1980 au début des années 2010, ouverte par l'event "Crisis on infinite Earths" ayant permis à l'éditeur du Batman, DC Comics, de remettre à plat la mythologie de l'ensemble de ses personnages, et terminée par la mini-série "Flashpoint" en 2011, série par laquelle DC a totalement relancé son univers, avec une remise à "zéro" de sa numérotation. Entre ces deux opus fameux, le Batman a été redéfinit en un héros tourmenté et torturé, auparavant pourtant très humain sous le crayon de Jim Apparo et désormais confronté à des drames multiples qui déshumanisent peu à peu notre héros, créant par là-même un personnage dramatique d'une complexité et d'une profondeur inédites. D'où un enchainement de récits aux grandes qualités dont le présent billet propose tant le classement que le commentaire.

 

 

 

Crisis on infinite Earths marque le début de "L'âge sombre" (Modern age) de DC Comics

 

 

 

Les comics retenus ici ne se réduisent cependant pas à des comics centrés sur le Batman. Le présent classement s'attarde plutôt sur des comics books mettant en scène le Batman. Quelle différence, mazette, me direz-vous ? Une de taille ! Car il est des romans graphiques nombreux dont le chevalier noir n'est pas le personnage central, mais dans lequel il occupe une place non négligeable et dont la qualité intrinsèque est telle qu'il me semble indispensable de devoir les citer, tant ils ont su toucher mon imaginaire.

 

 

Par gout personnel, et à destination des néophytes voire des allergiques aux comics américains, mon classement ne comporte essentiellement que des récits ou des arcs narratifs relativement courts, se suffisant à eux-mêmes et assimilables pour la plupart à des "one-shots". C'est à dire que toute personne curieuse quant à découvrir l'univers du Batman pourra se plonger sans hésitation dans l'un des ouvrages listés ci-dessous et s'abandonner à sa lecture, sans se soucier de son absence d'expérience antérieure et de connaissances quelconques quant au Chevalier Noir. Dans cette même optique, je privilégie ici les récits clairs, efficaces bien que soigneusement travaillés, au détriment des confus, des hyper-référencés ou de ceux plombés par de navrantes longueurs. En d'autres termes : il s'agit ici de classer non pas les "indispensables" de la mythologie du Chevalier à la cape, mais plutôt les meilleurs en termes d'efficacité et d'inventivité. Ceux qui sont les plus à même de convertir tout un chacun à l'univers du Batman, autant que de satisfaire les initiés.

 

 

Demeurent cependant quelques rares exceptions difficiles d'accès. Des récits d'auteurs voulant à tel point rendre hommage à un univers foisonnant qu'ils ont donné vie à des récits ou à des arcs difficiles d'accès pour les premiers venus comme, parfois, pour les connaisseurs acharnés. Mais des récits tellement travaillés, riches et inventifs que ne pas les citer serait criminel. Ces épiphénomènes sont ici signalés par le fond rouge sur lequel est inscrit leur titre : à connaitre, à dévorer, mais à n'explorer qu'en connaissance de cause, si possible après lecture attentive et approfondie des autres récits du classement pour plus de confort.

 

 

Le classement est donné par ordre de préférence personnel. Qu'est-ce qui distingue un n°15 d'un n°14 ? Pas grand chose, c'est certain. Un détail, un trait de crayon, un fil rouge qui aura su davantage me toucher qu'un autre. Quid des cinq premiers alors ? Des différences développées dans leurs commentaires respectifs. Et un point commun essentiel, à n'en pas douter : il s'agit là de véritables œuvres d'artistes, à défaut d'être des œuvres d'art, qui interrogent autant qu'elles font voyager l'âme.

 

 

En pied de billet, vous trouverez néanmoins un outil précieux destiné à tous les curieux de passage. Un classement chronologique des récits mettant en scène le Batman. Chronologique non pas quant aux dates de publication, mais bien quant à la place qu'occupe tel ou tel récit dans l'histoire du Chevalier Noir. Y sont inclus des récits absents du présent classement, écartés pour les défauts que je leur prête (dessins perfectible, longueurs et petites facilités), mais pour autant incontournables pour saisir pleinement la construction moderne du moins super de tous les super-héros. Des liens vous conduiront vers une édition conseillée de chaque histoire. Dans l'immense majorité des cas, il s'agira d'éditions d'Urban Comics, éditeur de DC depuis 2011. Non pas que je sois actionnaire de cette belle maison. Mais parce que son catalogue a le double avantage d'être disponible pour l'essentiel (combien d'opus jusque là introuvables sont désormais à portée de main de tout un chacun ?), et d'être très soigné (impression de qualité, colorimétrie travaillée, bonus précieux quant à la compréhension de la genèse de chaque œuvre, etc.).

 

 

 EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 4 [CHRONOLOGIE]

 

 

 

 

Batman par Greg Capullo

 

 

 

A noter pour terminer l'existence, depuis 2011 et la "Renaissance DC", de quelques récits de qualités inégales dans l'ensemble, mais dont un se distingue et qu'il me faut citer ici, ne pouvant le faire dans le classement qui suit puisque ne pouvant pas être rattaché à "l'âge sombre" : "La cour des hiboux", publié en un volume chez Urban. Une histoire faisant de Gotham son personnage principal, et bénéficiant du trait maitrisé et moderne de Greg Capullo, un must pour tout amateur de bande dessinée ténébreuse et maitrisée.

 

 


 

          LEGENDE DU CLASSEMENT

 

TITRE

Comic book très référencé, difficile d'accès : nécessite une initiation approfondie (par la lecture préalable de titres plus simples et incontournables)

 

TITRE

 

Comic faisant référence à plusieurs récits antérieurs mais pouvant cependant, avec une bonne attention, être compris seul

 

TITRE

 Comic se suffisant à lui-même. Sa lecture ne nécessite pas d'être un expert du Batman, et il peut être considéré comme une oeuvre indépendante, même s'il demeure relié à la chronologie d'ensemble du personnage

 

 

Comic ayant fait l'objet d'une publication en un seul volume en VF (y compris s'il s'agit à l'origine d'une mini-série)

 

 

 

Comic ayant fait l'objet d'une publication en plusieurs volumes en VF

 

 

Comic centré sur le Batman et son univers

 

 

 

Comic dévellopant l'univers DC Comics et centré sur d'autres personnages que le Batman : mais celui-ci y occupe une place non négligeable

 

 

 

Munis de ces incontournables avertissements préalables, je vous souhaite une belle exploration des contrées Gothamiennes vers lesquelles vous vous apprêtez désormais à embarquer. Beau voyage !

 

 

 

 

    15. SUPERMAN RED SON (Mini-série)     

 

 

 

 

 

 

Superman : Red Son / Scenario : Mark Millar / Dessin : Dave Johnson /  Année de Parution : 2003

 

Format originel : Comics en 3 numéros (mensuels) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 176 p. (éditions antérieures chez Panini en 2005 puis 2010)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS DE L'EDITEUR (Garanti sans spoiler !) :

 

« Ukraine, 1938. Une fusée s’écrase en pleine campagne : à son bord, un bébé qui va être rapidement adopté par un couple de fermiers. Des années plus tard, l’enfant a grandi au sein du régime stalinien. Il devient alors le héros des travailleurs et la fierté de l’État soviétique. Son nom ? Superman ! Mais lorsque Joseph Staline meurt, c’est à cet homme de fer qu’il incombe de diriger et de faire fructifier un empire à l’abandon…»

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (spoilers inside) :

 

 Un comic Superman pour ouvrir ce Top 15 spécial Batman ? Hérésie, scandale ? Que nenni ! Car outre la belle qualité scénaristique et graphique de cet opus, le Chevalier Noir y occupe une place singulière si ce n'est importante, en cela qu'il y devient, aux côtés de Lex Luthor sans en être l'allié, la principale Némésis de "l'Homme d'acier" (sens littéral du pseudonyme Staline, cela ne s'invente pas).

 

Le postulat de départ est à la fois simple et osé : et si la fusée kryptonienne transportant le jeune Kal-El loin de sa planète natale mourante s'était écrasée sur Terre douze heures plus tôt ou plus tard ? Et si Superman avait été Soviétique ? Une sorte d'uchronie dans l'uchronie donc. Mais le vraie tour de force de cette mini-série réside dans le fait que jamais Mark Millar - créateur de Kick-Ass s'étant décidé à devenir scénariste de comics après avoir rencontré Frank Miller lors d'une séance de dédicaces - ne sombre dans la caricature et la facilité, ne succombe aux sirènes américaines héritières du maccarthysme faisant des Etats-Unis un pays toujours profondément anti-communiste. 

 

L'URSS de Staline, gouvernée à sa mort par le Président Superman devenu champion du soviétisme, contribuant à l'étendre à six milliards d'êtres humains, apparait nuancée, ni sombre ni lumineuse, à l'instar de l'Amérique de Luthor et d'Olsen, seul îlot de résistance à la toute puissance communiste de ce monde parallèle fort singulier.

 

Quid de Batman, donc ? Il y est un fils d'opposants politiques assassinés, non pas Bruce Wayne mais tout aussi vengeur, "le symbole d'une rébellion qui ne finirait jamais", "l'anarchie en noir" échouant à détruire l'alien porté à la tête du régime stalinien mais l'ébranlant tout de même, au point que le final inattendu de l'opus, s'achevant sur un épique et stratégique "face à face" Luthor/Superman - si ce n'est libéralisme/communisme -, peut être expliqué par cette part d'humanité forcenée que le Chevalier (en chapka) Noir donna à voir aux yeux azur de l'Homme de demain.

 

Un comic à dévorer parce qu'il réinvente la mythologie DC, parce qu'il n'exige aucune connaissance préalable quant à cette même mythologie, et parce qu'il donne à voir que Superman, Batman ou encore Lex Luthor, tels que nous les connaissons traditionnellement, sont autant les produits d'un système que de leurs propres capacités. On en ressort transporté et questionné par ce monde dans lequel le totalitarisme est le choix fait par l'Homme d'acier pour maintenir la paix, Batman y incarnant un violent désir de liberté.

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

Si l'album est en soit magnifique, sans doute l'un des meilleurs produits par DC Comics dans les années 2000, le fait que le Batman s'y trouve tout de même en retrait explique que le présent opus ferme la marche de ce top des meilleurs comics convoquant le Dark Knight.

 

On pourrait aussi lui reprocher une maladresse scénaristique ayant pour objet, justement le Batman. Selon Mark Millar, si Superman n'avait pas été américain, Batman ne l'aurait pas été non plus. Pas de Bruce Wayne ayant assisté au sauvage assassinat de ses parents dans les sombres ruelles de Crime Alley. Quel rapport cependant entre le jeune Kal-El et l'évènement fondateur de la légende Batmanienne, oserais-je m'insurger ? WTFK, même ? Je laisse à chacun le soin de méditer sur cet étrange raccourci qui, cependant, peut tout à fait s'expliquer dans le cadre d'une uchronie totale, l'histoire s'inscrivant dans l'une des Terres parallèles du Multivers DC tel que la série Infinite Crisis l'a elle-même illustré.

 

Le dessin de Dave Johnson peut enfin diviser. Assez old-school, avec ces visages réinterprétant les canons des sixties, il sert un propos inscrit dans le temps long mais est desservi, à mon goût, pas une mise en couleur trop punchie et contrastée, là ou le synopsis aurait davantage appelé à des tons pastels, délavés ... uchroniques ... surtout en fin d'album (à noter cependant que la colorisation est ici au service du récit : jaunie en début d'histoire, faisant écho aux habitudes des directeurs de la photographies hollywoodiens des permiers films en couleur, elle se fait davantage explosive au fur et à mesure que le scenario - et donc le temps - défile). Pas un véritable point faible, donc, mais un élément pouvant en rebuter certains.

 

 

 

LA CITATION :

 

"Nous de sommes ni des jouets ni des animaux domestiques que tu peux dresser à ta guise ! Nous sommes des êtres humains !"

Batman à Superman

 

 

 

 

    14. VENGEANCE OF BANE  (One shot)      

 

 

 

 

 

 

Batman : Vengeance of Bane / Scenario : Chuck Dixon / Dessin : Graham Nolan /  Année de Parution : 1993

 

 

Format originel : Comics HS en 1 numéro (64 pages spécial) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 160 p. (contient deux autres histoires de moindre qualité)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS DE L'EDITEUR (Garanti sans spoiler !) :

 

« Né à Santa Prisca, une île dirigée par une junte militaire sanguinaire, l’homme qui allait devenir Bane n’avait qu’un rêve : devenir le maître incontesté d’un empire du crime »  

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (légers spoilers inside) :

 

Le personnage principal de cette histoire est Bane, l'un des plus charismatiques ennemis du Batman bien que continuellement sous-exploité voire ridiculisé au cinéma (dans The Dark Knight Rises et surtout dans Batman & Robin), le seul à l'avoir défait. 

 

Si la saga Knightfall constitue la pierre angulaire de son impact dans la saga du Chevalier Noir, elle souffre de trop de longueurs et de maladresses (le seul costume de Jean-Paul Valley en Batman - Bruce Wayne ayant été paralysé par Bane - étant une insulte à son univers) pour figurer dans ce top destiné au plus grand nombre.

 

Bien au contraire, Vengeance of Bane, écrit pour présenter ce personnage, comme une introduction à Knightfall, est un opus court, dense, psychologique, permettant d'aborder toute la complexité de Bane. Et son originalité, dans la galaxie des vilains gothamiens.

 

Bane n'est pas un nouveau Joker, un nouveau Pingouin ou un nouveau Double-Face, qui tous partagent leur antagonisme total avec le Batman : laids, mus qui par la folie, qui par l'appat du gain, qui par le hasard et non par la raison, ils sont l'antithèse du Dark Knight, comme la quasi totalité des autres méchants auxquels il est régulièrement confronté. Bane nous est au contraire présenté comme un miroir fidèle et troublant du Batman : puissant (c'est peu dire), intelligent et fin stratège, s'étant construit sur les gravats d'une enfance terrible contée avec finesse dans Vengeance of Bane, il y apparait comme ce que Bruce Wayne aurait pu devenir s'il ne s'était pas forgé un code moral intangible. Un récit important de ce seul fait, en somme.

 

 

  

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

Le dessin quelque peu daté, signé Graham Nolan (cela ne s'invente pas), pourra en rebuter certains, tous comme  les récits de moindre qualité qui accompagnent sa plus récente édition en VF. Son scénario certes efficace mais d'une grande linéarité/simplicité explique enfin sa position en queue de peloton, même s'il demeure un récit à lire !

 

 

 

 LA CITATION :

 

"Tu me menaces ? Prends un ticket"

Batman à Bane

 

 

 

 

    13. BATMAN SILENCE (HUSH) (Arc narratif)     

 

 

  

 

 

 

Superman : Silence (Hush) / Scenario : Jeph Loeb / Dessin : Jim Lee /  Année de Parution : 2002-2003

 

 

Format originel : Arc narratif en 12 numéros (mensuels : Batman #608-619) / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 372 p. (éditions antérieurs chez Semic en 2004, chez Panini en 2010)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS DE L'EDITEUR (Garanti sans spoiler !) :

 

« Batman se retrouve assailli par tous ses ennemis, lorsqu’un mystérieux personnage qui dissimule son visage sous des bandelettes apparaît. Son nom ? Silence. Son but ? Harceler le justicier jusqu’à lui faire perdre raison. Catwoman saura-t-elle lui apporter l’aide et le réconfort dont il a cruellement besoin ? »

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (légers spoilers inside) :

 

Jeph Loeb est l'un des plus grands scénaristes du Batman. Pas moins de trois de ses récits figurent dans ce top. Si celui-ci n'est pas son plus aboutit, il sème tant de fausses pistes que sa conclusion, inattendue, en fait un excellent thriller, haletant et déroutant, se suffisant à lui-même et permettant l'apparition d'un vilain inédit autant qu'intéressant : le mystérieux Silence (Hush), au visage couvert de bandelettes, aimant tant citer Aristote que dresser sur la route du Dark Knight ses plus fameux et dangereux ennemis. 

 

C'est d'ailleurs, de ce point de vue précis, un récit jouissif que nous offre le tandem Loeb/Lee. Comme si l'histoire servait de pretexte à convoquer l'entière galerie des vilains du Batman. Certes, c'est là une habitude de Jeph (cf. Amère Victoire). Mais rarement un arc narratif n'aura, en seulement 12 numéros, disposé sur la route du Dark Knigth autant d'antagonistes : Killer Croc, Catwoman, Poison Ivy, Double-Face, Harley Quinn, le Joker, le Sphinx, Ra's Al Ghul, Shiva, Talia, l'Epouvantail, Gueule d'Argile, un avant-gout du nouveau Red-Hood et même....Superman - pour un combat épique autant que jubilatoire - sont ici opposés à la chauve-souris, confrontée bien vite à ses limites tant physiques qu'intellectuelles. Mis en échec, défait, moqué, bringuebalé, enamouraché aussi, le Batman s'y fait humain autant que détaché du monde, y apparraissant incapable d'entretenir de liens véritables et entiers, plus torturé et seul que jamais, malgré bon nombre d'alliés se pressant autour de lui : le poids des deuils passés et l'angoisse de ceux à venir transparaissent dans ce récit, en filigrane.

 

Mais c'est à un récit d'action pure que nous avons avant tout affaire, sans nul doute l'un des... "meilleurs dans sa partie".

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

Si l'absence de temps morts est l'un des atouts de cet arc, il en est aussi l'un des handicaps : ce récit, ô combien divertissant, cède parfois trop aux sirènes de l'aventure, là où quelques aspects psychologiques auraient mérité davantage d'approfondissement (comme la relation Catwoman/Batman, menée tambour battant et à laquelle on ne croit véritablement jamais).

 

Le dessin de Jim Lee ébahit enfin par son dynamisme et les quantités de détails qu'il contient, mais manque toutefois de personnalité, et son aspect trop "comics", trop "américain", trop "convenu", surtout comparé à celui de Tim Sale, mythique compère de Jeph Loeb, pourrait en décevoir certains.

 

 

 

  LA CITATION :

 

"Il y avait quelque chose dans l'opéra, peut-être la fréquence des fins tragiques, qui était du goût de mon père"

Batman

  

 

 

 

    12. BATMAN NOEL (One shot)     

 

 

  

 

 

 

Batman : Noël / Scenario : Lee Bermejo / Dessin : Lee Bermejo /  Année de Parution : 2011

 

 

Format originel : one shot / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 112 p.

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS DE L'EDITEUR (Garanti sans spoiler !) :

 

« La nuit de Noël, Batman traque un petit malfrat à la solde de son pire ennemi. Cette course-poursuite va l’amener à rencontrer trois visions du passé, du présent et de l’avenir, et à s’interroger sur les tenants et aboutissants de sa croisade contre le crime » 

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (légers spoilers inside) :

 

Ce « conte Gothamien », un peu à part dans la chronologie du Dark Knight, convoque l'esprit de Noël et, plus particulièrement, celui de Charles Dickens. Lee Bermejo, qui signe le scenario et les dessins de ce récit si particulier, s'appuie continuellement sur le célèbre conte anglais A Christmas Carol pour nous dépeindre un Batman amoral, replié sur lui-même et accablé par la disparition de son dernier Robin en date, Jason Todd...ce dernier point faisant clairement écho au fantôme de Jacob Marley venant hanter son avare d'ancien associé dans la célèbre fable moraliste de Charles Dickens, publiée originellement en 1843.

 

Vous l'aurez compris, le Batman est ici identifié à Ebenezer Scrooge, ce personnage "dur et tranchant comme une pierre à fusil dont jamais l’acier n’a fait jaillir une étincelle généreuse, secret, renfermé en lui-même et solitaire comme une huître". Et, cette citation du conte s'en faisant l'écho, le parrallèle fonctionne - contre toute attente - à merveille.    

 

Bruce Wayne apparait donc aigri, hautain et plus implacable que jamais sous ses fripes noires de rongeur volant : c'est qu'on le croise ici à l'un des plus tragiques carrefours de son existence. Le Joker ayant sauvagement assassiné Robin (Un deuil dans la famille), le Batman se convainc du manichéisme du monde l'entourant, ne percevant plus ses nuances, oubliant que "les choses ne sont pas toujours en noir et blanc". La rencontre de trois esprits lui donnant à se remémorer le passé (Catwoman), à ouvrir sa perception au présent (Superman) et à sauvegarder un potentiel avenir en danger (Le Joker) le conduisent alors à arpenter un cheminement intérieur finalement salvateur. A retrouver une étincelle d'humanité.

 

Cet opus au synopsis singulier voire déroutant s'avère être une réussite, une pépite de conte psychologique mis en valeur par un dessin tout bonnement éblouissant de maitrise, parvenant à juxtaposer avec justesse et précision l'univers de Dickens décrit par le narrateur omniscient avec celui du Chevalier Noir graphiquement mis en scène.

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

L'atout principal de cet album - qui en fait l'un des tous meilleurs concernant le Batman parmi ceux parus dans les années 2010 - constitue aussi son principal handicap : tout le monde n'accrochera peut-être pas au parrallèle Scrooge/Dark Knight qui, et c'est peu dire, désarçonne de prime abord. Mais se laisser convaincre, c'est, promis, se laisser séduire. 

 

 L'avenir en fera peut-être l'un des premiers fleurons des récit à propos du Chevalier noir. Si l'absence de recul et la fraicheur de ce roman graphique nous interdisent tout meilleur classement, vous êtes toutefois prévenus : c'est là un Batman d'exception, peut-être un peu trop référencé cependant pour être pleinement accessible aux nouveaux venus peu familiers de la mythologie du Caped crusader.

 

 

 

LA CITATION :

 

"La noirceur du monde l'avait poussé à vivre dans les ombres...le seul moyen de combattre les monstres était d'en devenir un lui-même"

Le narrateur

 

 

 

  

    11. AMERE VICTOIRE (Mini-série : suite de "Un long Halloween")     

 

 

  

 

 

 

Amère victoire (Dark victory) / Scenario : Jeph Loeb / Dessin : Tim Sale / Année de Parution : 1999-2000

 

 

Format originel : Arc narratif en 14 numéros (mensuels "Limited series") / Format le plus récent disponible en VF : Broché en un volume chez Urban Comics - 392 p. (édition antérieure par Sémic en 4 volumes de 2002 à 2003)

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS DE L'EDITEUR (Garanti sans spoiler !) :

 

« Un an après « l’affaire Holiday », Gotham City est toujours le théâtre de règlements de comptes entre les familles mafieuses et les « patients » de l’asile d’Arkham. Si Alberto Falcone était considéré jusqu’alors comme le véritable tueur Holiday, une nouvelle vague de meurtres jette le trouble sur son arrestation. Pour restaurer l’ordre à Gotham, Batman aura besoin de toute l’aide possible, voire de prendre sous son aile un nouveau partenaire, Robin ! »  

 

 

 

POURQUOI CE COMICS EST A LIRE (légers spoilers inside) :

 

 Pour le duo Tim Sale/Jeph Loeb. Parce qu'il s'agit là de la suite directe à l'un des tous meilleurs récits à propos du Batman : Un long Halloween (cf. page suivante du présent classement). Et parce que bien qu'en retrait vis-à-vis de ce véritable chef d'oeuvre que je viens de citer - même si d'autres protesteront du contraire quant cette cette affirmation première - Amère Victoire enchaîne les moments de bravoure.

 

Les amateurs de Robin - ou plutôt du Robin originel, à savoir l'acrobatique, bavard et surdoué Dick Grayson - ne jurent habituellement que par deux oeuvres concernant les origines de leur jeune héros rouge et vert : l'épisode Robin's Reckoning de la série d'animation iconique des années 1990, sobrement appelée Batman : The Animated Series. Et, donc, Amère Victoire

 

Le jeune acrobate Dick Grayson y perd tragiquement ses parents sous le regard d'un autre orphelin célèbre et torturé : Bruce Wayne. Celui-ci, gagné par la mysanthropie suite au tragique accident dont fut victime l'un de ses rares amis et alliés, Harvey Dent (cf. Un long Halloween) et confronté à une nouvelle et étrange vague de crimes frappant Gotham City, en vient à s'interroger sur les limites de sa propre solitude, sa carrière de justicier en étant encore à ses balbutiements primaires.

 

Car, au-delà de l'aspect roman noir d'Amère Victoire pouvant être considéré comme un excellent récit policier dans lequel les qualités de Détective du Batman - là est son véritable atout - sont habilement mises en lumière, l'ouvrage questionne sur la possibilité d'attachement lorsque l'on voue sa vie à une lutte écrasante dirigée à l'encontre de forces implacables. C'est vrai pour le Batman. C'est vrai aussi pour James Gordon, confronté à la collaboration imposée avec un nouveau procureur, Porter, femme magnifique autant qu'intriguante, dont la destinée contribuera à murer davantage le nouveau commissaire de Gotham dans une solitude professionnelle par ailleurs salvatrice. 

 

Et que dire du dessin de Tim Sale et de sa si bluffante technique du lavis, à la fois précise et intentionnellement maladroite, donnant vie à des jeux d'ombres non seulement exceptionnels de singularité dans le monde du comics américain, mais aussi tellements....Batman !

 

 

 

LES FAIBLESSES DE L'OPUS :

 

Lu à la suite d'un Long Halloween, et bien que singulier, Amère Victoire pourrait apparaitre redondant : comme dans l'opus le précédant, il est ici question d'un meutrier en série agissant aux dates festives, à l'encontre de policiers toutefois. 

 

Mais passée cette ressemblance, les particularités du récit ne manqueront pas de vous le faire apprécier : ambiance oppressante, présence d'un bel échantillon du bestiaire de vilains batmaniens, jeu de piste intelligent et perturbant ammenant le lecteur à se faire détective à son tour, etc, Amère Victoire demeure un roman graphique incontournable, devant toutefois, pour être pleinement apprécié, n'être dégusté qu'après avoir dévoré en guise d'indispensable entrée son predecesseur, Un Long Halloween qui, lui, peut se targuer d'être compris seul !

 

Le dessin de Tim Sale enfin, que je juge tout bonnement magnifique, déplait parfois à certains par sa grande singularité. Pourtant, il y a là des planches allant bien au-delà du simple coup de crayon, dont certaines s'apparentent à des peintures sensibles et mûrement réfléchies, magnifiant le propos par leur mise en scène maitrisée, par leur dépouillement aussi. Ce dessin qu'il manquait à Silence, par exemple, pour grimper de quelques marches dans le présent classement.

 

 

 

 LA CITATION :

 

"Le seul défaut de la solitude, Monsieur Bruce...c'est la solitude elle-même"

Alfred à Batman

 

 

 

 

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 3 [Top 5] 

EN AVANT : Les 15 meilleurs comics de l'Âge sombre - Partie 4 [CHRONOLOGIE] 

 

 

 

 

 

 

2yeuxet1plume - Autour de Matthieu Chedid ~

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