Quantcast

L'AUTEUR - MEREMPTAH

Autopotraits (2)

      Armé d'un Pentax K5, fidèle filet d'images, je capture, au gré de mes envies et des possibilités, instants de vie et tableaux naturels. Pas de sujets de prédilection, si ce n'est le beau, l'incongrus, l'intéressant : paysages, portraits, urbanisme, animalier, macros, photos de nuit, (presque) tout passe au travers de mon œil numérique sous commandement de mon œil biologique.


Photographe amateur, désireux de progresser et de faire partager à tous mon travail, ainsi que de recevoir critiques et avis éclairés, j'aime également écrire, de courts textes, dont j'ai posté ici quelques aperçus. Et inconditionnel de musique Pop, Rock, Rap et French Touch, batteur de formation, j'écris régulièrement quelques chroniques d'actualité musicale.

 

Je suis aussi professeur d'Histoire Géographie en Haute-Garonne, actuellement affecté à Fontenilles. A mes élèves de passage, anciens et actuels : eh non, vos enseignants ne se morfondent pas, une fois les cours terminés, dans d'austères livres poussiéreux et barbants ... enfin, pas que !

- 2 yeux 1 plume par Meremptah -

 Alias de Yann Bouvier 

Abonnement RSS et Facebook


     

Notes de Musique

Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 10:59

 

Récit du concert de Matthieu Chedid à Toulouse en mai 2013 - Tournée Îl

 

 

J'avais promis il y a quelques jours de cela la publication d'un article relatant le week-end que Matthieu Chedid vient tout juste d'offrir aux spectateurs du Zénith de Toulouse. Mais j'avais mal envisagé ce qui me serait donné à vivre. Entre rencontres, échanges, lâcher prise sur scène aux côtés des Mojos Boys et une expérience pédagogique rare, il ne sera pas trop de plusieurs articles pour tout vous faire partager, tant j'ai conscience que c'est par l'alliance du hasard et de ce site que tout a pu être rendu possible.

 

Cet article, le premier, le plus urgent, le plus simple aussi, le moins personnel, s'attardera sur la prestation scénique, le show en lui-même. Sont envisagés, pour plus tard, des billets portant sur les rencontres faites lors de ces deux soirées de mai 2013, sur Dorion "0o" Fiszel qui permis de faire de ces deux jours un week-end -M-agique, et sur l'expérience vécue par mes élèves du collège de Fontenilles lors d'un Mojo final mémorable sur la scène du Zénith de Toulouse.

 

Quant au live, je n'en dévoilerais que l'essentiel, même s'il serait préférable aux futurs spectateurs de la tournée de ne pas aller plus avant pour conserver surprise et mystère quant au spectacle qui leur sera offert... Les lignes qui suivent sont nourries simplement d'un flot d'impressions, de couleurs, d'émotions et de vibrations ressenties à chaque titre, agrémentées de quelques détails qui ne sont de toutes les manières que de pâles moyens de peindre un concert qui se doit d'être vécu pour que le texte ci-dessous prenne tout son sens.



Stratocaster Zenith Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

Matthieu Chedid et sa Stratocaster sur l'avant-scène - Zénith de Toulouse mai 2013

 

 

 

C'est l'engagement qui marque ce "Îl" tour. Un engagement artistique pour commencer : un soutien à de jeunes artistes de talent, comme Nach, sa soeur (Anna Chedid), à la musicalité entrainante, à la voix puissante et aux textes contant les tribulations d'une femme papillon naviguant entre amours, désillusions et désirs de séduction frivole. Un engagement pour l'humain ensuite : une projection d'un film porté par le titre "En piste", mettant en lumière l'action de la très belle association "Clowns sans frontières" dont Matthieu Chedid est le parrain depuis de nombreuses années. Un engagement physique et musical ensuite, dès le début du show à proprement parler.

 

 


Nach Anna Chedid Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M- 

 Nach en première partie - Toulouse mai 2013

 

 

 

"Elle" ouvre le concert comme l'album : magistralement, portée par la voix aérienne d'un -M- seul sur scène lors de l'intro, s'installant derrière un clavier et un voile reflétant une création visuelle sidérante, tout en rock vêtu et chaussé de ses désormais célèbres lunettes. L'introduction passée, tandis qu'il éjecte le piano de scène, Brad Thomas Ackley - le "basstardiste", terme qui doit prêter à confusion dans ses oreilles anglo-saxonnes - et Lawrence Clais - derrière les futs - le rejoignent pour énergiser et envoler le morceau, provoquant dans le public des premiers frissons jouissifs annonciateurs d'une soirée mémorable. La mise en scène se fait déjà délirante : s'assemble en fond un -M- géant fait de miroirs, en échos aux lunettes de l'artiste, décor qui en fin de titre, jouant avec la scène mouvantes sur laquelle ont pris place les musiciens, créé un effet bluffant de "travelling compensé" aspirant littéralement les spectateurs dans l'univers bâti autour de la dernière galette du Guitar hero.

 

 


Décor miroir Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M- 

Une scénographie tout en sources lumineuses et réflexions - Toulouse mai 2013

 

 

 

"Îl" dicte le tempo. A "Elle" succède la seconde piste de l'album, "Le Film", tout en rock bien crade et énergique, le power trio se faisant déjà efficace et tranchant avec l'équipe pléthorique de la tournée Mister Mystère. Mais la nouvelle équipe dont -M- s'est entouré, qui l'avait pour "Îl" invité à retrouver les accents de ses premiers disques, semblent l'avoir acquis à l'idée de faire la part belle à ses titres les plus emblématiques des années de jeunesse. Le "Baptème" prend donc la suite, aux chorus repris par le public, puis lui succède "Onde sensuelle" déclenchant la folie d'une foule maitrisant pleinement les paroles et les interprétant avec l'artiste.

 

 

"L'Île intense", version rock, transforme la scène en un véritable volcan, référence au Piton réunionnais : un rouge "fournaise" enveloppe le power trio aux prises avec un esprit vaudou campé par Hocine Merabet, le performer physique de la tournée, coach sportif de Matthieu et accessoirement co-auteur de plusieurs titres de "Îl". Pour ceux qui auraient vu "Les petits mouchoirs" de Guillaume Canet, il y campait un Nassim qui me semble être lui, coach bien-être tout en philosophie de la simplicité ("Plus il y a de monde, plus l'énergie circule").

 

 


Hocine Ile intense Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M- 

Hocine en esprit volcanique - Matthieu Chedid à Toulouse mai 2013

 

 

 

"Océan"  calme alors le jeu, plongeant la scène dans une ambiance marine empreinte de spiritualité, le rythme imprimé par le tapotement des baguettes de Lawrence sur le bord de sa caisse claire évoquant une course effrénée contre le temps qui passe...tandis que Matthieu scrute de ses lunettes le public, le miroir miniature masquant son visage se faisant pour un temps projecteur-reflecteur, balayant du regard des spectateurs déjà en fusion.

 

 

S'enchainent alors "Tes souhaits" version dub style, mettant en lumière les talents vocaux d'un Lawrence Clais showman, puis "Nostalgic du cool" emplit de fraicheur durant lequel Matthieu donne l'opportunité à des enfants casqués de lâcher-prise avec lui, enfin un "Mojo" énergique dévoilant pour la première fois le "Tot'M" animé et tout en lumières de la tournée.

 

 

 

Enfants Nostalgic cool Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

De jeunes spectateurs invités à se défouler sur Nostalgic du cool - Toulouse mai 2013 

 

 

 

 Totem Tot'M Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

Le Tot'M se dévoile - Zenith de Toulouse 2013

 

 

 

-M- ayant disparu de scène, retentissent alors quelques mesures remixées de l'intro de "Manque de cul", qu'auront reconnues quelques inconditionnels, l'artiste rejoignant une petite scène sur roues agrémentée d'un piano qui, fendant la fosse telle une papamobile, renforce le lien direct que Matthieu Chedid cherche à créer, telle une saine obsession, avec son public au milieu duquel il se tient désormais : triomphant sur une île bordée d'un "océan" de regards tournés vers lui, il interprète seul quelques classiques de son répertoire ("Qui 2 nous 2", la "Bonne étoile" dans une salle transformée en ciel constellé d'écrans en tous genres, "La Seine" puis "La vie tue").

 

 

 

 

Fosse piano Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

-M- au piano sur une petite scène au milieu de la fosse - Toulouse 2013

 

 

 

 

Le temps qu'il regagne la scène principale, place est donnée à ses musiciens qui régalent le public de Gimmicks célèbres, dont une reprise des Daft Punks gérée par "DJ Amazing Brad", le "robot américain" à la Basstar agrémentée d'une MPC pléthorique, aux 50 pédales et à la maitrise sidérante de la Talkbox...jonglant entre toutes ces composantes avec une agilité bluffante, bien appuyé par l'efficacité rythmique de Lawrence, en particulier au moment de lancer quelques mesures de rap lourd américain.

 

 

 

     Brad Ackley Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-     Brad Thomas Ackley Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

Brad Thomas Ackley, le"robot américain" tel que surnommé dans la troupe - Mai 2013

 

 

 

 

Alors -M- réapparait. Des lunettes lumineuses vissées sur les yeux, plongé dans la pénombre, juché sur le -M- miroir, il disparait derrière sa lettre, derrière son masque, seul avatar visible de sa personne, tandis que de ses doigts naissent les riffs du "Complexe du Corn flakes" aux atours funky, électrisants la foule amassée là.

 

 

 

Le M géant d'argent dévoile alors sa face cachée, tubulaire et métallique, la scène se faisant plus rock et plus grunge encore. S'ouvre ainsi une séquence toute en guitares hurlantes, ponctuée par une "Grosse bombe" illustrée d'une marche de squelettes numériques désincarnés symboles de cette société manquant parfois de sens et d'humanité, et par un "Je dis aime" durant lequel le "classique" solo de guitare buccal est avantageusement remplacé par un Matthieu Chedid plus que confiant en son public et se laissant porter par lui dans la fosse, ne perdant rien de sa virtuosité malgré l'inconfort d'une telle situation.

 

 

 

Matthieu dans le public Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

-M- se jette dans la fosse - Zenith de Toulouse

 

 

 

Solo guitare fosse foule Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

Solo de Matthieu Chedid porté par ses fans - Toulouse 2013

 

 

 

 

C'est alors que ce samedi -M- a invité "Sébastien" ... euuuh... Olivier Castellat, gagnant régional d'un concours de guitare, à le rejoindre sur scène pour un duo ébouriffant sur "Ma mélodie". A noter que 4 autres candidats sont en lice pour un duo guitaristique final aux côtés de Matthieu Chedid sur la scène du Zénith de Paris. Soutenez le génial et très sympathique Toulousain (Ô pléonasme !) dès le 1er Juin sur la page dudit concours !

 

 

 

 

Olivier Castellat Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M-

Olivier Castellat interprète son solo sur ma Mélodie avec Matthieu Chedid - 18 mai 2013

 

 

 

 

Salle conquise, -M- enchaine alors avec "Laisser aller", l'eau salée pour décor, puis avec un "Mama Sam" faisant bondir, chanter et danser les 9.000 personnes présentes. Matthieu Chedid se révèle alors tel qu'en lui-même, d'une simplicité déconcertante, interrompant le morceau et riant de lui-même alors qu'il venait d'inverser deux vers de sa propre chanson, puis diffusant aux âmes massées devant lui son humour et sa décontraction par un mouvement rituel, ce "geste efféminé" accompagné d'un souffle transformant l'espace de quelques minutes des milliers de bras en des bièlles verticales surmontées d'hélices (désolé pour cette description qui, je m'en rend bien compte, ne vous évoquera rien en fin de compte à moins d'avoir vous même sacrifié à ce mouvement dont "on est tellement content qu'on en bacle le retour").

 

 

Le concert s'achève alors dans une ambiance de boite de nuit, sous les auspices d'un Machistador en technicolor. Brad reconvoque la "Talkbox" et les artistes saluent ... Concert terminé pour autant ? Non. -M- est un amoureux des rappels. Il donne tout, et longtemps. Mais je m'en tiendrais là, en ayant déjà tant dévoilé même si rien n'égale le ressenti de la présence, ne pouvant pour finir qu'évoquer des mots-idées : un îlot qui se détache portant le Roi des ombres en tête à tête avec son public, l'entrainant à Los Angeles, dans la maison de Saraï Fiszel, où il a tant souffert loin de Baïa, se demandant où aller, si ce n'est vers un Mojo final...

 

 

 

En parlant de ce Mojo là : il fait écho à une aventure humaine et pédagogique rare, qui sera contée dans un prochain billet. Une aventure inoubliable pour mes élèves comme pour moi, vieux fan de Matthieu Chedid (ce qui, j'en conviens, n'est pas gage d'objectivité concernant le présent article : et pourtant, si vous saviez...).

 

 

 

Toulouse mai 2013 Îl Chedid -M- 

-M- en concert au Zénith de Toulouse - Mai 2013

 

 

 

Courrez donc voir ce concert dense et intense, ou plusieurs. Vous y écouterez trois musiciens virtuoses s'y exprimer comme s'ils étaient six.Vous y abandonnerez ces poids qui vous retiennent et qui l'espace de quelques heures se feront plumes, tant la leçon de rock donnée par Mister Chedid pousse au lâcher prise.

 

 

Une seconde tournée démarrera à l'automne. Faites moi-confiance : que vous adoriez l'artiste ou lui soyez indifférent, allez vivre ces moments. Vous en sortirez avec un indescriptible sentiment de félicité, un sourire esquissé au coin des lèvres et l'esprit encore remplit de ces sons magiques qui n'appartiennent qu'à -M-. 

 

 

 

 

Exclusivité 2yeux

 

 

 

PS - A noter que ce soir lundi 20 mai 2013, -M- sera l'invité exceptionnel du Grand Journal à Cannes. Et, "info exclusive bis" 2yeuxet1plume, récoltée hier soir, dont seuls les fans de l'artiste percevront la portée (tadaaaaaam), il y interprétera le troisième single extrait de l'album "Îl", "Baïa", avec une orchestration agrémentée de cuivres. Il promet pour cet extrait un clip barré, tourné il y a quelques jours de cela en studio, dans lequel doit apparaitre...la fameuse Baïa. Soyez à l'affut !

 

      

 

 

~  2 yeux1plume  ~
Par Meremptah - Un avis ? Une critique ? Un message ? LAISSEZ VOTRE TRACE - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 17:03

 

Les 18 et 19 mai prochains, je vibrerais durant deux soirées aux sonorités de la nouvelle tournée de -M-, articulée autour de l'album Îl dont il a été longuement question sur 2yeuxet1plume.com.

 

Ma plume comme mes yeux seront à l'affut des émotions, des riffs, des liens tissés avec le public et autres jeux de lumière afin de vous livrer un billet complet sur ce week-end Mojoesque qui s'annonce, et que j'imagine -M-agique ... La tenue "Mojo" du clip des jeunes de Fontenilles est parée, les pas et les paroles sont enregistrées ... Let's go !

 

En grand amateur de l'artiste - passionné véritable mais pas fou fanatique - l'approche d'un tel week-end m'a valu ces derniers temps de nombreuses visites de Morphée... Parmis les rêves fous qui ont jusque là parcouru mon esprit très (trop ?) rêveur  : rencontrer (enfin !) Matthieu, Dorion, Brad, Hocine, Lawrence, Olivier et les autres ... échanger avec eux (la photo, la photo !) ... être l'espace d'un soir le 5ème Mojo Boy scénique du Zénith toulousain ("Alerte : mon esprit s'est égaré dans les nuages !") ... faire vivre à mes "Mojo-collégiens" de Fontenilles une expérience folle, les surprendre, qu'ils soient comme moi conquis par l'artiste ... voir Matthieu m'offrir spontanément sa Stratocaster série L de 1964 ("Allo Houston : mon esprit vient d'atteindre la Stratosphère, je répète") ...

 

Je sais : des songes, encore des songes...

 

Le rêve véritable et réaliste est, en définitive, de pouvoir vivre un week-end dingue, de surprises hallucinantes, nourri d'échanges, de musique, d'ondes, dans la simplicité et le lâcher-prise ... Vibrer. Et vous faire partager ces moments rares qui rendent, l'espace de quelques heures, l'existence -M-agique, unique.

 

Rendez-vous est pris !


 

Concert Matthieu Chedid Îl -M-

 

      

 

 

~  2 yeux1plume  ~
Par Meremptah - Un avis ? Une critique ? Un message ? LAISSEZ VOTRE TRACE - Voir les 0 commentaires
Samedi 2 février 2013 6 02 /02 /Fév /2013 08:49

 

Un jeune garçon, fan de Matthieu Chedid dont il arbore la lettre -M-ajuscule, s'endort, casque vissé sur les oreilles dans lequel tourne le Mojo de l'artiste qu'il vénère... Et le voilà embarqué à ses côtés dans le clip de Beryl Koltz, non pas dans les rues de Paris mais celles de Fontenilles, non loin de Toulouse...

 

 

 

A REGARDER EN HD

(C'est bien mieux ainsi : petite roue dentellée en bas à droite)

 

 

Mojo -M- Chedid (clip parodie) - Collège de Fontenilles #mojodanse

 

 

Dans ce délire onirique, il croise ses amis qui débordent d'énergie autant que lui, et la folie qui les anime convie rapidement quelques passants de tous âges à se joindre à leur bande ... D'autant que ce mini -M- bien rock se change à l'occasion en maxi -M-, comme s'il devenait dans ce songe celui qu'il admire.

 

 

 

Clip Mojo Chedid Parodie
Mini -M- le fan, et sa version.... adulte ?

 

 

Vieux fan de -M-, je me suis rapidement rendu compte que les jeunes de l'Atelier muscial du Collège de Fontenilles où j'enseigne, atelier que j'encadre avec un animateur du PAJ, adhéraient totalement à l'artiste et à son clip barré du Mojo...

 

Nous nous sommes donc tous retrouvés un samedi de décembre 2012 dans les rues de Fontenilles (31), déguisements parés et choré (à peu près) maitrisée pour partager ensemble un moment de lâcher prise et de délire total... Et rien que pour les souvenirs et rires procurés, quel projet riche et dingue ce fut !

 

 

 

Clip Mojo Chedid Parodie Îl

Capture écran du clip original du Mojo de Matthieu Chedid par Beryl Koltz

 

 

D'autant que quelques jours à peine après la fin du tournage, -M- lançait un concours qui a rendus fous nos élèves... Je crois bien que partager ça avec cet artiste bien funk et généreux, ils en rêvent éveillés maintenant.

 

Il nous a falu le temps de fignoler le montage, mais voilà notre délire commun partagé. Si déjà, en nous voyant hésitants dans les mouvements mais sincères dans l'énergie, vous prenez un peu de plaisir pour la journée, notre contrat sera pleinement remplit !

 

Et en bonus ... des petites vidéos et du son illustrant un "triangle musical" (et amoureux ?) réunissant des artistes entiers et terriblement énergiques ... Matthieu Chedid, Bernhoft et C2C ! Enjoy !

 

 

 

-M- (Matthieu Chedid) et Bernhoft reprennent Down the Road de C2C ...

 

 

 

... andis que C2C remixe le Mojo de -M- (Matthieu Chedid)...

 

 

 


... et livre une version funky du terrible Shout de Bernhoft ...

        

 

~  2 yeux1plume  ~

Par Meremptah - Un avis ? Une critique ? Un message ? LAISSEZ VOTRE TRACE - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 novembre 2012 1 12 /11 /Nov /2012 20:18

 

Critique de "Îl" par Matthieu Chedid sorti le 12 novembre 2012 

 

 

 

La voilà, la bête, lancée à plein régime sur ma platine qui n'attendait qu'Elle. La voilà aussi dans mes mains, donnée à gouter à mes yeux voraces. Voilà donc l'édition collector de "Îl" déballée, dépouillée, scrutée, écoutée, dédicacée par Matthieu Chedid et numérotée 0007. Ca ne s'invente pas.



 

Îl Chedid Mathieu Collector album dédicacé

      Dernière page de mon livre Collector de l'album "Îl" décidacé par Mathieu Chedid

 

 

 

Et puis vient le moment où, fiévreusement, je glisse la galette bleu vif dans mon système audio 5.1. L'attente se termine, et vient le moment d'une écoute faite de dégustation et de recul critique. Car s'il convient de préciser, je ne m'en cache pas, que je suis un "vieux" et grand fan de -M-, marqué au fer rouge par "Le Baptême", je n'en reste pas moins capable de relatives déceptions, comme ce fut le cas pour quelques titres de l'opus Mister Mystère. A noter, et c'est d'importance, qu'en Live, ces quelques désappointements qui parfois me saisissent à l'écoute des productions de Matthieu Chedid s'envolent systématiquement une fois qu'ils prennent vie sur scène. Car c'est là l'écrin véritable de l'artiste, l'arène en laquelle peu de gladiateurs l'égalent. Vous êtes sceptique ? C'est que nous parlons là d'une expérience essentielle qu'il vous reste à vivre ...


 

 

-M- Chedid Mathieu Zenith Toulouse public scène 2004

Sur la scène du Zenith de Toulouse, en avril 2004. Mais "où est Meremptah" ? Suivez les regards ... 

 

 

 

 

Un hululement qui fait le lien avec l'opus en noir et blanc, des bruits de vagues s'échouant sur des plages que l'on imagine opalines, et l'expérience débute.


 

Voilà "Elle", inaugurée par un piano-voix quelque peu déroutant, car semblant de prime abord manquer d'originalité lorsque l'on est rompu aux envolées lyriques de Matthieu Chedid. Mais la poésie des mots, un peu plus rare par la suite, est là. Et, deux couplets plus tard, le monstre s'éveille, "Îl" sort de sa coque : nous voilà embarqués par une rythmique imparable habillée de riffs funkys, comme à la grande époque du Machistador. Puis s'invite le clavecin électrique et déjanté de Brad Thomas Ackley, qui n'est pas sans rappeler les sonorités des instruments bricolés par Hervé Salters, leader charismatique des General Elektriks et ami de Matthieu Chedid. "Elle" apparait au final comme un véritable petit bijou, un morceau inventif, parfois expérimental mais terriblement efficace, s'étalant sur plus de 6 minutes sans jamais se perdre en lui-même... Un morceau-fleuve, audacieux donc, qui nous entraine dans sa crue faite de lâcher prise. Et voilà que j'embarque pour la suite de l'odyssée, semblant ressentir cette émotion qui transparait déjà et me parait avoir enveloppé les séances d'enregistrement du présent disque par son omniprésence : une joie, presque adolescente. Inutile de vous dire que depuis trois jours, je ne peux me passer de l'écouter plus de trois heures d'affilées.


 


http://www.labo-m-music.com/wordpress/wp-content/uploads/track1.jpg 

Collage réalisé par l'artiste  Sanghon Kim  à partir de photographies de Mathieu Chedid pour illustrer sur le livret de l'album le titre "Elle". En ligne sur labo-m-music.com.

 

 

 


Vient "Le film". Autant ne pas le cacher : la version démo que j'avais pu entendre près de quatre semaines auparavant, comme cadeau accompagnant ma commande du coffret collector, et enregistrée par Louis Chedid, m'avait déçu. J'attendais donc avec une certaine appréhension ce second titre, débutant d'ailleurs par quelques mesures dudit essai, un peu étouffé. Mais les doutes se lèvent avec célérité, et les arrangements dont la chanson a été parée font du "Film" un morceau parmi les plus réussis d'Îl. Le titre gagne en folie au fur et à mesure que les minutes s'égrènent et, dans ses dernières mesures, sonne furieusement comme au temps du Baptême : un refrain murmuré accrocheur et bien senti, un "je m'envole" en fin de refrain tout droit extrait du "Coup de vent" (merci Zing !), et la guitare surfant sur un gimmick dont la couleur évoque celui du "Tapis volant 1" publié sur le Labo M.

 

 

 

 

http://www.quai-baco.com/wp-content/uploads/2012/10/Matthieu-Chedid.jpg

Le club des Cinq - Lawrence Clais, Dorion Fiszel, Mathieu Chedid, Hocine Merabet et Brad Ackley dans le clip "Mojo" de l'album "Îl".

 

 

 

 

Le troisième titre d'Îl est le désormais célèbre "Mojo". Une grande farce, un titre de déconne et de second-degrés absolus, dans la veine du Machistador, dont le clip tout aussi déjanté a donné lieu à quelques parodies, jusqu'aux rives du Saint-Laurent aux abords desquelles le mimétisme est ... poussé à l'extrême ! Une chorégraphie absurde, donc, qui me donne furieusement envie de me trémousser aux côtés de ce club des Cinq, au creux d'une foule communiante, tant ils semblent, ces Cinq-là, se porter mutuellement affection gage d'une forte complicité. J'ai d'ailleurs dans l'idée de livrer à l'ogre internet une petite parodie du clip pas piquée des vers : à écouter et voir "Mojo", je suis quasi-certain que Matthieu, qui confirme ici sa volonté de se fendre la gueule sans jamais se prendre au sérieux, s'éclaterait bien à voir se multiplier de tels hommages, plus loufoques et barrés les uns que les autres. Alors, si sur ces rives s'égarent quelques volontaires toulousains taillés du même bois d'autodérision ... retrouvons-nous !


 

 

Parodie vidéo du clip "Mojo" de Mathieu Chedid par les animateurs de Radio Canada.    

 

 

 

 

"Laisse-aller" est un des morceaux les plus mélodiques de l'album. D'emblée, avec ses quelques phrases reprises en boucle et ses jeux de mots pouvant paraitre simplistes à la première lecture mais dénotant d'une volonté de s'éloigner de jeux de langues trop académiques voire cul-pincés dans la bouche d'autres auteurs-compositeurs français, la chanson installe une ambiance éthérée et apaisante offrant une respiration bienvenue à un album jusque-là virevoltant. Pour ma part je trouve le titre réussit, même si la césure apportée par le couplet "cardiaque" brise parfois l'atmopshère et, justement, le "laisser-aller" que permettent les arpèges lancinantes du refrain étiré.

 

 

http://labo-m-music.com/wordpress/wp-content/themes/m/img/m.png

 

"Baia" est l'un des titres folkloriques de l'album, son "Mama Sam", délaissant les accents du bonheur malien pour accoster en des terres manouches. Façonné à la table d'un restaurant, en famille et entre amis, il respire à l'évidence d'une joie d'être ensemble : les choeurs sont d'ailleurs assurés par la fratrie Chedid au grand complet, épaulés entre autres par l'excellent Dorion Fiszel ramené de Los Angeles et par Chat, une amie talentueuse de Joseph que j'ai pu découvrir au Connexion Café de Toulouse en 2010, lors d'un concert privé offert par Matthieu. Si je dois confesser que Baia n'est pas le titre le plus marquant, à mes yeux, de cet excellent "Îl", on y ressent cependant une indéniable volonté de peindre en couleurs vives un décor hollywoodien, stéréotypé et usant des clichés tziganes pour mieux donner vie à une chanson fédératrice. Un nouveau jeu de rôles et de masques tape-à-l'oeil en somme. 


 


http://p.twimg.com/A1oqx2rCcAArDyE.jpg

Thomas Dutronc, féru de Jazz manouche, s'invite de passage dans le clip Mojo. Faut-il voir en lui un des inspirateurs de la couleur musicale de Baïa ?


 

 

 

"Faites-moi souffrir" apporte à son auditeur la même sorte de jouissance que celle après laquelle semble courir son narrateur, dans un rythme endiablé légèrement rockabilly ponctué de solos de guitare bien crades, totalement raccords ici. C'est aussi le retour tant attendu du kazoo, et de paroles totalement frapadingues portées par une interprétation tellement habitée que cette clope, on lui écraserait volontiers sur la joue à "Îl" Chedid, comme demandé. Faut-il préciser qu'il s'agit ici d'une chanson presque adolescente, écrite à l'époque du Baptême mais non retenue au moment du mixage final ? Il y a comme un soupçon du "Fais-moi mal, Johnny Johnny " de Vian sur ce titre, et ce n'est pas pour me déplaire. Une vraie réussite pour tous les allergiques, comme moi, des ressassées de chansons sur l'amour et autres thèmes qui font l'ennui de la variété française.

 

 

 

http://3.bp.blogspot.com/_9JCsIp1agTw/TUIJqR4JKGI/AAAAAAAAAwA/RYUpe4GiCGI/s1600/reddit_angle.jpg

"Faites-moi souffrir" marque le retour du Kazoo dans la bouche de Mathieu Chedid.

 

 

 

 

"Machine", sur le thème de "sa Chine", est une chanson dont on peut se demander si elle ne lui a pas été inspirée par le concert qu'Îl a donné en 2008 à Pékin au pavillon France d'une exposition universelle teintée de rouge-maoïste autant que de rouge-sang. "Ma Chine est cassée, de l'encre a coulé" lance-t-il d'ailleurs, lucide. Le titre, orientalisant et oscillant entre ballade electro et rock progressif, s'ouvre sur quelques accords prélevés à "Ma mélodie", et retravaillés au son d'un baglama. Puis la guitare électrique s'invite, en cours de traversée du Gyang-Tse, pour déverser en une gerbe d'aigus tout le message du titre : le cri que provoque en l'artiste le spectacle d'une culture délicate et par trois fois millénaire bridée d'une muselière idéologique resserrant chaque jour un peu plus sa prise féroce. Musicalement, Matthieu introduit ici ce qu'il a de plus inventif, faisant s'épouser les sons les plus divers pour mieux ajuster les écrous d'une "Machine" déroutante de prime abord, mais terriblement addictive. 


 

A noter que le bonus "Enihcam" est ... dirons-nous... fortement lié à cette "Machine". Et pourtant, qu'il semble de prime abord original et onirique, ce titre-reflet.


 

 

http://www.labo-m-music.com/wordpress/wp-content/uploads/track7.jpg

Collage réalisé par l'artiste Sanghon Kim à partir de photographies de Mathieu Chedid pour illustrer sur le livret de l'album le titre "Machine". En ligne sur labo-m-music.com.

 

 

 

 

"La vie tue" est l'occasion pour Matthieu Chedid de retrouver les octaves les plus supérieures de sa voix, posées sur un accompagnement dépouillé se limitant à une basse, des drums et un piano, instruments tous joués par "Îl" comme, par ailleurs, sur la plupart des autres morceaux, ce que Matthieu Chedid n'avait plus fait depuis l'époque du "Baptême". De même reviennent des effets sonores très "quotidiens", briquet qu'on presse et fumée qu'on laisse, comme un clin d'oeil à l'excellent "Je suis une cigarette" de sa première galette. Alors quand le chanteur à la lettre majuscule nous raconte que le duo franco-californien composé de Dorion et de Brad, engagés par lui pour marquer le son -M- de leur empreinte moderne, lui a vivement conseillé de revenir au style de ses débuts, on ne peut que le croire, remercier grandement les nouveaux venus ... et se dire qu'en 1997, le Meeeuuhhh avait déjà un train d'avance, locomotive comprise.

 

 

 

 

  "Fall 1", un morceau composé et produit en 2011, à Los Angeles, par Dorion Fiszel et Brad Thomas Ackley ... peut-être le titre qui, entendu par hasard par Mathieu Chedid dans sa voiture, a incité ce dernier à prendre contact avec les deux jeunes artistes pour entamer à leurs côtés une nouvelle aventure musicale.

 


 

 

 

La "Grosse bombe" est un autre titre écrit par Matthieu Chedid en 1996-1997, un cri du coeur et d'oppression déterré de ses tiroirs secrets tel "Faites-moi souffrir". A la différence près que les plus anciens et assidus Nostalgiques du cool avaient déjà eu l'occasion de faire craquer ce titre sous leurs oreilles gourmandes, puisque publié sur la Face B du single "Le Baptême". Un titre à l'origine très colérique, mais qui prend sur cet "Îl" des atours plus sage. Le "je raaaale" s'y fait détaché, comme pour donner à cette "Grosse bombe", chanson engagée de l'album dénonçant les mascarades et dénis politiques qui font qu'un jour "la terre ne sera plus ronde", un second degré qu'elle n'avait pas à l'origine. Comme si -M-, en une décennie et demi, avait réalisé à quel point le "Monopoly" des hommes de pouvoir se joue sans nous et est sourd à nos vie. La colère se transforme alors en une amère résignation, même si le thème reste plus que jamais d'actualité.

 

 


Baptême Chedid -M- grosse bombe Îl

 

Pochette du single "Le baptême" publié en 1997, avec "La grosse bombe" en Face B. Et, ci-dessous, la version originale cette "Grosse bombe", à comparer à celle de "Îl".

 

 


 

 

 

 

 

Nous voilà invités à pénétrer "La maison de Saraï". Dans une atmosphère très "dessin-animé loufoque et précieux dont le cadre ressemble furieusement à un celui d'un cabaret des années 30", et qui n'est pas sans rappeler l'ambiance quasi-surréaliste des Triplettes de Belleville, "Îl" nous attable au fond d'un jardin à boire un "thé au jasmin", que l'on imaginerait plutôt agrémenté d'herbes autres tant la description qu'il nous fait de ce haut-lieu californien est, par côtés, psychédélique. Car cette maison existe : tenue par Saraï Fiszel, la soeur de Dorion, maquilleuse au cinéma, s'y retrouvent les Français expatriés comme y passèrent, en leur temps, Hendrix et les Beatles, plus célèbres pour leur amour du chanvre que pour leur addiction à une fleur aromatique chinoise. Et voilà que dans une hallucination frappante, une "montée au jasmin", Matthieu entend son "ami Jimi" et ses mélodies planer au-dessus de ses lunettes en plexiglas. "Aïe, aïe, aïe" ! "Cette chanson est partie d’une soirée folle" dévoilait Mathieu dans un entretien récent, "où l’on voit réellement des barbus en tutu". Îl nous balance donc en substances dans cette maison magic mushroom, au rythme d'une ligne de contrebasse très "Scats" lancée d'une seule touche d'ordinateur par Dorion himself. Un titre embaumé de vapeurs dont chercher la liste exhaustive des senteurs serait certainement ... stupéfiant.

 

 

 

 

Saraï Fiszel Chedid Îl Dorion Hallyday Mathieu

Saraï Fiszel, à gauche sur cette photographie, était à Los Angeles à l'époque de l'enregistrement de l'album "Jamais Seul" par Johnny Hallyday, dont elle assurait le maquillage pour l'agence Jed Root. A cette époque se joue la rencontre entre Matthieu, qui produit Hallyday, avec Dorion, frère de Saraï, et Brad.

 

 

 

 

Surplombant un "Océan" pacifique, sur lequel plane la mort d'un ami proche, Matthieu Chedid livre le calme et la richesse que gravent en lui ses séjours réguliers sur la presqu'île - tient donc - du Cap-Ferret.  

 

 

 

DJ Mehdi Mathieu Chedid Océan Îl

Mathieu Chedid et DJ Mehdi, disparu en 2011, auquel Océan rend hommage. 

 

 

 

 

"Océan" est un titre novateur, fouillé, à la fois électro et épuré, qui nous entraine au rythme d'une locomotive sur un chemin d'introspection. Une véritable pépite, dans laquelle -M- remet en question son style plus que sur aucun autre titre de l'opus. Une prise de risques habilement transformée, donc. Et même en acoustique, en primeur pour le Hiboo, ce chouette Océan passif, y colle à la peau.

 




 Version acoustique du titre "Océan" de Mathieu Chedid capturé pour Le HibOO

 

 

 

 

Voilà que l'odyssée s'achève, mais "Oualé" ? La conclusion de l'album installe sans crier gare une ambiance mélancolique. De nouveau, un décor est planté, fait de douceur et d'amères rêveries, dressé par une voix aérienne et maitrisée, parfois doublée en une polyphonie apaisante. Pourtant, un drame se joue : un séisme qui déracine, qui arrache une innocence, un "Pauvre Prince" de Port-au-Prince. Des souvenirs et des silences parsèment un chant enfouit au plus profond d'une âme d'enfant, petit être voué à une vie d'errances, sans terreau et sans but. La souffrance intime d'un peuple déjà oubliée. Comme une façon de conjurer et de dénoncer le "j'y pense et puis j'oublie" propre au confort occidental, sur lequel ironisa en son temps le Mojo-man Dutronc réinterprété cette semaine par Matthieu sur le plateau de Taratata. On sent chez l'artiste, dans ces deux titres se faisant écho à quarante-cinq ans d'intervalle, comme une obsession lancinante, une culpabilité consciente d'une chance insolente, celle d'une vie dont les dés sont, pour beaucoup d'autres, pipés d'avance. 

 

 


 

Taratata Chedid Nagui Twitter Instagram Îl

Mathieu Chedid et Nagui durant les répétitions pour le n°439 de Tarata durant lequel -M- interpreta "Et moi, et moi, et moi" de Jacques Dutronc. Crédits photo : Nagui himself.

 

 

 

 

 

"L'Île intense" est un morceau hommage à l'île de la Réunion, présent en deux versions distinctes et voisines comme bonus à l'édition de l'album agrémentée d'un livret. Une version sage et une version rock pour une prière à ce bout de terre jeté dans l'Océan indien comme un pont entre deux mondes, justement, entre deux cultures, l'une indigène et l'autre importée. Composé il y a deux ans, en marge d'un concert donné lors du Sakifo Festival, sur l'île, en clôture des "Saisons de passage", Matthieu y est pleinement "Chedid" ... "intense", en arabe. La version vitaminée est un pur régal, qui referme avec efficacité cet "Îl" corallien.

 

 

 

 

Chedid Île intense Sakifo festival réunion

Mathieu Chedid en 2010, sur la scène du Sakifo Festival de la Réunion, Île intense

http://www.synergie-invest.fr/Home/3/Systeme/Fichier/ile_reunion_7835382_xl.jpg.limit.685x272.jpg

 

 

 

 

      *   *   *

 

 

 

"Îl" est, en définitive, une réussite, un "re-Baptême", à même de réconcilier de nombreux amoureux du Machistador égarés le long de chemins roses ou noir et blancs. On y retrouve une folie douce, un lâcher-prise qui avait été perdu de vue ces dernières années. L'usage que Matthieu Chedid fait ici de la langue en est la meilleure illustration : au-delà du ciselage des mots, c'est l'émotion qui est la quête de ce "Îl". Une émotion universelle, qui s'affranchit du carcan d'un français trop académique dans notre variété française pour faire voyager les mots dont l'essentiel, lorsque l'on parle de chansons, est ici sublimé : la musicalité, au détriment du sens.


 

Îl Mathieu Chedid -M- Mojo

Livret-CD de "Îl" par Mathieu Chedid


 

 

 

Mais l'album est aussi susceptible de satisfaire un nouveau public, avide d'originalité, d'abandon, de sons à la fois novateurs, déroutants quoiqu'efficaces. Ceux qui seront déçus, désarçonnés, seront donc les "entre-deux" : les afficionados récents, séduits par Qui-2-nous-2 et par Mister Mystère, nourris de mélodies accrocheuses et de textes plus sages, plus faciles.

 

Les différents décors érigés à chaque titre de l'album n'empêchent pas cet "Îl" d'offrir une réelle unité : celle d'un refus de se perdre en des calculs trop mercantiles. Celle, surtout, d'une philosophie faite de partage et d'amitié à la source d'une joie communicative. Voilà qui semble annonciateur d'une tournée authentique, diffusant ondes sensuelles et joyeuses. Billets parés pour le 18 mai 2013, donc !


 

Places tournée Îl Chedid Mathieu Toulouse

Billets pour le Zenith de Toulouse en poche, en z'amoureux !

 


 

Que demander de plus ? Merci Dorion, Brad, Alan, Hocine, Maxime, Marcel, Billie et Matthieu Chedid, pour cet "Îl" de beauté.

 


 

Îl Chedid -M- Mathieu David le Riche

Quand -M-, interprété par le danseur Nicolas le Riche, rencontre "Îl" Mathieu Chedid ... cela donne lieu à un énième jeu de masques, en forme d'abandon.

 

 

~  2 yeux1plume  ~

Par Meremptah - Un avis ? Une critique ? Un message ? LAISSEZ VOTRE TRACE - Voir les 1 commentaires
Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 21:39

"Îl" par Mathieu Chedid est sorti le 12 novembre 2012  

 

Certains auront remarqué la tournure très marketing que prend la carrière de l'artiste sur fond de coffrets collector relativement onéreux, et dont les places de concert n'échappent pas à l'inflation qui va de pair avec la notoriété ... Et d'aucun vieux fan regrette le -M- indé voire underground, qui savait tout à la fois se rendre populaire, malgrè sa folie douce. On leur répondra que leur Meeuuuh reste aussi accessible au plus grand nombre : album physique à 16€, places en fosse à 32€ ... On est tout de même encore loin des folies Farmer-Hallidaysantes. "Pourvu que ça dure", comme l'écrivit en son temps le subtil poète blond platine du service public.

 

Et surtout, que l'on se rassure : musicalement au moins, le Matthieu rock peu à l'aise dans les moules préfabriqués sera de retour, prise de risques en guise de cadeau Bonux. En témoigne l'argumentaire de l'abum tout juste publié sur la page pro du Label Barclay (merci JLH pour le tuyau). Et promis, on peut s'y rendre sans chemise ni pantalon blanc !

 

Cet argumentaire confirme que la page sombre et intimiste de l'album Mister Mystère - parenthèse étherée que j'ai pour ma part apprécié - a vécu : "Mister Mystère, tout en ombres, noir et blanc, a désormais chaussé des lunettes magiques". Oui, d'ailleurs, parlons en des lunettes : elles se fument ?

 

 

Îl Chedid Matthieu Mojo

Matthieu Chedid, un "Îl" qui s'assume viril


Et revoilà un Matthieu chedid "plus énergique, plus électrique et, osons l’écrire, plus viril", dixit l'auteur de ce texte dont il semblerait qu'il figure prochainement dans le livret de l'album, l'écrivain et comédien Erwan Lahrer.

 

En voilà que nous est promis un album aux morceaux rythmés, ponctués de gimmicks imparables, où se détachent une guitare plus saturée que jamais, comme sur la reprise de "La Grosse Bombe", qui a explosé pour la première fois en 1997 (et ceux - rares - qui ont déjà bercé leurs pavillons des riffs bien pulsés de la version originale période "Baptème" en salivent d'avance, sur les forums ... antiques).

 

Mais une place sera tout de même accordée à des "ballades" plus intimistes... Des rires d'enfants et des sifflements dignes d'un western spaguetti viendront agrémenter "Le Film", bilan personnel des 40 premières années d'existence de Mister Chedid, qui s'y dévoile apaisé, empreint d'une "sagesse sauvage" (figure de style, on applaudit !).

 

De très belles promesses en somme, annonciatrices d'un excellent album si l'on s'y tient. De son meilleur peut-être, à condition que l'argumentaire en question soit un fidèle reflet de ce "Îl" tant attendu par les fans de Matthieu Chedid, de cet "Îl" aux trésors (jeu de mots ! clap, clap, clap !!!).

 

Le verdict approche : nous jugerons bientôt sur pièces, et prions, "au kazoo", qu' "Îl" soit ce "Souvenir du futur" tant espéré. Dans l'attente, voici le teaser de l'album tout juste dévoilé en ce 31 octobre 2012 : quelques aperçus musicaux des titres de "Îl".


 

 

 

[D'ailleurs, si je pouvais nourrir mes oreilles du breuvage servit par ce "Îl" pour livrer mes impressions sur ce blog avant la sortie de l'opus, je ne dirais pas non ... si quelqu'un de passage en avait le pouvoir, qu'il me fasse signe ... promis, je tâcherais de prendre sur moi et de satisfaire sa soif de générosité, sans rien dévoiler d'autre façon que par mots !].

 

 

 

~  2 yeux1plume  ~

Par Meremptah - Un avis ? Une critique ? Un message ? LAISSEZ VOTRE TRACE - Voir les 0 commentaires
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés