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L'AUTEUR - MEREMPTAH

 

 

2yeuxet1plume / Autour de Matthieu Chedid -M- alterne tant des billets scrutant l'actualité et les mystères de cet artiste guitariste (informations très souvent fournies par -M- lui-même ou ses équipes)  que des articles plus personnels : photographie, écriture, découvertes musicales, etc.

 

  Armé d'un Pentax K5, fidèle filet d'images, je capture par exemple, au gré de mes envies, instants de vie et tableaux naturels. Pas de sujets de prédilection, si ce n'est le beau, l'incongrus, l'intéressant.

 

Professeur d'Histoire Géographie, parolier SACEM, j'adresse un petit clin d''oeil à mes chers élèves de passage, anciens ou actuels : eh non, vos enseignants ne se morfondent pas, une fois les cours terminés, dans d'austères livres poussiéreux et barbants ... enfin, pas que !

 

 
~ 2 yeux 1 plume ~
Autour de Matthieu Chedid par Meremptah
 
 
 

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IMPORTANT - Il s'agit, ci-dessous, des premières pages rédigées d'un projet de "roman d'histoire". Ce n'est nullement un texte en soit : manque une suite qui sera bientôt écrite.







 

Yann BOUVIER

 

 

 

LE LYS ET LE CROISSANT

 

 

Roman d’Histoire

Novembre 2009


 

 


 

« Qui croiroit que le Capitaine Bayard n'eust honneur, que

celuy qu'il a emprunté des faicts de Pierre Terrail ?

Et qu'Antoine Escalin se laisse voler à sa veuë

tant de navigations et charges par mer et

par terre au Capitaine Polin ? »

 

Montaigne

 

 

 

 

PREFACE

 

         Cet ouvrage n’est pas un roman. Pas même un roman historique. C’est un roman d’Histoire. Son écriture procède d’une double volonté : offrir au lecteur le fruit, certes romancé, d’une recherche scientifique exigeante, et offrir à l’Histoire en tant que science un moyen de réinvestir la société française.

         La France est un pays d’exception dans son rapport à son passé : nulle part ailleurs – ou plutôt dans nulle autre démocratie – on ne trouve un tel amour de la population pour l’Histoire, et pas seulement la sienne. Dans les librairies généralistes, dans les chaines de librairies, les livres d’Histoire sont fortement représentés. Leurs rayonnages  y prennent autant d’importance que ceux des ouvrages « bien-être » et autres « voyages ». Mais les livres scientifiques y sont supplantés, en termes de diffusion auprès de la clientèle, par les romans historiques. Par des ouvrages dont aucun lecteur ne peut apprécier le degré de réalisme. Personne ne peut y estimer la part de la fiction et celle des apports de la prospection historique.

         Dans les années 1970, l’Histoire était en vogue. Les Français lisaient alors de l’Histoire au sens strict. Emmanuel Le Roy Ladurie leur vendit plus de 200.000 exemplaires de son toujours fameux Montaillou, village occitan, qui ne quitte guère les bibliothèques universitaires. Il s’agissait là d’un texte scientifique, fruit de nombreuses années de recherches en archives, de paléographie, d’analyses, etc. Il s’agissait d’un livre à l’approche malaisée, à l’écriture dense et serrée. Et pourtant, il fut lu. Et abondamment.

         A cette époque, l’Histoire répondait certainement plus à une demande sociale qu’aujourd’hui. Alors, l’individu s’émancipait et était à la recherche d’une Histoire individuelle, ou méconnue, mettant en scène non pas les habituels grands personnages portés aux nues par les chantres de la III° République, mais l’histoire du peuple, de tout un chacun, des inconnus ou des moins connus. Ils recherchaient le sensible, le vécu, le pensé. Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, d’Alain Corbin, paru pour la première fois en 1998, répond à ce désir en mettant en scène un individu « sans aucune chance de laisser une trace dans les mémoires ».

         Aujourd’hui, il semble que l’Histoire, trop longtemps sûre de son importance dans la société française, importance en partie fabriquée pour des besoins institutionnels, se soit absentée de la société. Elle l’étudie, certes, et l’Histoire a ses visages, télévisuels, et ses voix, radiophoniques. Toujours les mêmes. Mais l’Histoire en tant que science  ne touche plus la société française que par vulgarisation, résumés. Ou alors – comble épistémologique – à l’occasion des sempiternels rappels mémoriels. Quel historien est lu, aujourd’hui, en dehors du cercle fermé auquel il appartient ? Combien de Français ont pu profiter des conclusions des derniers travaux d’Alain Bresson, de Thierry Wanegffelen, de Michel Winock, de Jacques Heers ? Qui même les connait, eux et leurs contributions imposantes à la connaissance de notre passé ? Ils sont, avis aux lecteurs non spécialistes, considérés par les étudiants des facultés d’Histoire comme des pontes, des immenses chercheurs. Et ils le sont. Mais seulement auprès de leurs semblables.

         Certes, cette situation frappe de nombreuses sciences. L’Histoire n’est pas la seule touchée par le manque d’exposition directe de sa discipline. Et n’est même pas la plus à plaindre. L’Histoire a, par exemple, Max Gallo. Mais, fait symptomatique de l’invisibilité de l’Histoire-science dans la société française, Max Gallo est bien plus connu de nos concitoyens comme romancier et biographe épique que comme contributeur important à la meilleure connaissance des régimes fasciste d’Italie et d’Espagne durant l’entre-deux-guerres. On ne lit plus l’Histoire, mais des histoires. Le lecteur n’est plus confronté à la méthode historique, aux sources, à la rigueur des recherches.

         Bien entendu de nombreux romans historiques ont de solides bases érudites, voire scientifiques. Max Gallo, grand historien de formation, ne fait jamais l’économie de recherches poussées ni des méthodes qui ont fait le succès de ses travaux. Le problème est ailleurs : le lecteur de roman historique ne peut pas différencier l’invention du réel – si l’on peut considérer que la vérité historique existe. L’exemple récent du succès du Da Vinci Code en apporte l’éclatante preuve : qui n’a pas entendu ceux qui, démunis des garanties de l’Historien, se sont, à la lecture de ce roman qui n’a d’autre prétention que de divertir, mis à voir en Léonard de Vinci un membre plus qu’actif de l’Opus Dei, et à voir en Jésus l’ancêtre d’une longue lignée de descendantes ?

         Les auteurs de romans historiques ont depuis longtemps été tancés pour la propension de leurs œuvres à se tenir, dangereusement, en équilibre entre fiction et vérité. Diderot sermonnait : « Le roman historique est un mauvais genre : vous trompez l’ignorant, vous dégoûtez l’homme instruit, vous gâtez l’histoire par la fiction et la fiction par l’histoire ». Théophile Gautier pestait : « Walter Scott est mort. Dieu lui fasse grâce mais il a mis à la mode le plus détestable genre de composition qu’il soit possible d’inventer ; le nom seul a quelque chose de difforme et de monstrueux qui fait voir de quel accouplement antipathique il est né : le roman historique - c’est-à-dire la vérité fausse ou le mensonge vrai ! ».

         Ces deux citations ont été reprises le lundi 10 octobre 2005, par la romancière Françoise Chandernagor - célèbre pour L’Allée du Roi publié en 1981 - dans son allocution devant l’Académie des sciences morales et politiques, intitulée « Peut-on écrire des romans historiques ?». Elle y faisait intelligemment le constat des pièges tendus à son genre littéraire, de même que celui de l’existence de mauvais romans historiques travestissant, plus ou moins volontairement, une réalité patiemment redécouverte par des spécialistes, à l’indignation légitime.

         Le roman historique ne doit pas disparaitre. Tout ne doit pas qu’être sérieux et scientifique, méthodologique. La confiance peut être accordée au lecteur et à son esprit critique. L’Histoire et ses méthodes doivent seulement réinvestir, aux côtés de ces romans, les bibliothèques des Français, et celles d’autres citoyens du monde, en se matérialisant, aux côtés des thèses, articles et autres écrits universitaires, en des romans d’Histoire, certes imparfaits historiquement et scientifiquement mais tentant de permettre à l’historien de se faire romancier. D’ailleurs, à lire Paul Veyne et son essai épistémologique Comment on écrit l’Histoire, l’Histoire et le roman ne serait pas différents par nature : « Tant que l’historien raconte son histoire en toute simplicité et n’exige pas de sa plume plus que n’exigerait un romancier, à savoir qu’elle fasse comprendre, tout va bien ». 

         Qu’est-ce qu’un roman d’Histoire ? Un récit. Une narration. Plus romancée qu’une Méditerranée de Fernand Braudel, moins qu’un Juge d’Egypte de Christian Jacq. L’invention ne peut pas en être absente : Roger Chartier, faisant de l’Histoire un « récit véridique », reconnaissait ainsi qu’aucun scientifique ne peut, dans notre discipline, échapper un tant soit peu à l’invention, tout du moins à l’imagination. Les mots étant porteurs de sens, l’écriture de l’Histoire elle-même ne peut que la travestir, le métier de l’historien consistant à modérer autant que possible cet écueil

         Un roman d’histoire est donc un roman, mais adoptant les reflexes de l’ouvrage universitaire, sans pour autant en encombrer la lecture. C’est un roman qui cite ses sources, sa bibliographie, qui étaye le réalisme de certains de ses passages au moyen de notes – pas des notes de bas de page mais de fin d’ouvrage, pour ne pas trop entraver le plaisir du lecteur. C’est un livre dans lequel le lecteur a la possibilité de déceler les éléments qui relèvent d’une recherche en archives, les éléments nés d’une confrontation directe de l’auteur aux témoignages au travers de la mobilisation d’outils conceptuels historiques, anthropologiques, etc. Ce qui fait la scientificité de l’Histoire, c’est justement cette citation continue des documents qui permettent l’analyse afin de donner la possibilité  à tout historien de vérifier les hypothèses émises par d’autres. Le roman d’histoire, lui, doit permettre à tout lecteur de se faire historien, de vérifier la véracité de certains éléments du récit, de voyager comme l’auteur au milieu des documents qui, pour la plupart, ont vécu les évènements racontés, et ont nourri ensuite leur exposition. Et de faire, surtout, la part des choses entre ce qui, à l’intérieur, relève de l’Histoire ou de la fiction. Le lecteur, par exemple, ne peut ignorer cette sentence de Paul Veyne, qui résume bien une des limites du roman historique comme du roman d’Histoire, qui n’apporte au premier que des éléments de vérification en sus : « Le roman historique le mieux documenté hurle le faux dès que les personnages ouvrent la bouche ».

         Un roman d’Histoire, donc, n’est ni un roman historique, ni une thèse scientifique : il est à mi chemin, là où historiens et lecteurs de tous horizons peuvent, aujourd’hui, de nouveau dialoguer. Là où l’Histoire peut, entre autres, réinvestir la société en quittant quelque peu ses stricts habits universitaires, sans pour autant sacrifier totalement à l’exigence de son travail.

         Voilà donc, lecteurs, maintenant livré à votre sagacité, un roman d’Histoire.

 

*   *   *

 

         L’idée de ce roman d’Histoire est née de deux travaux universitaires publiés en 2007, à Nice. L’un s’intéressait à Antoine Escalin des Aimars, personnage principal de ce livre, sous l’angle de l’étude de la déconstruction de son passé entamée dès le XVI° siècle afin d’en faire un véritable héros à l’instar d’un Bayard, comme en témoigne la citation de Montaigne présente juste avant cette préface. L’autre étudiait le récit que fit un curé d’Antibes, Hierosme Mauran, du voyage auquel il participa sur une des galères d’Antoine Escalin et qui les mena tous deux, en 1544, à Constantinople.

          C’est en effet à un épisode méconnu de l’Histoire diplomatique française, mais fondateur pour ce qui est des rapports originaux que notre pays entretien toujours avec le monde arabo-musulman – notamment pour ce qui est de sa position généralement pro-arabe vis-à-vis de la question israélo-palestinienne -, que ce roman s’intéresse. À savoir l’alliance que conclu François Ier avec les Turcs Ottomans de Soliman le Magnifique afin de contrer son grand ennemi politique, Charles Quint. Entreprise qui choqua la Chrétienté toute entière de par son caractère alors considéré comme profondément contre-nature en des temps où les sociétés occidentales étaient toutes préoccupées par les questions du salut et de l’Armageddon à venir. Et ce au travers du regard d’un des principaux acteurs de ce moment, d’un de ses artisans même, Antoine Escalin des Aimars, dit le « Polin ».

         Ce roman est donc un prolongement de ces deux travaux qui, reconnaissons-le, n’ont pas l’aura ni les immenses qualités de ceux des historiens précédemment cités. Mais j’espère que l’entreprise ici amorcée saura satisfaire leur amour de notre discipline commune, de ses exigences qui m’ont été inculquées au travers de leur lecture. Et qu’ils sauront ne pas y voir un quelconque mémoire de Master où une thèse mais bien une tentative de ramener de l’Histoire dans le roman.

         A vous, lecteurs, désormais, de distinguer, dans ce qui va suivre, l’invention de l’historique, le fantasmé du vécu, et ce à partir des renvois en fin d’ouvrage qui parsèment, sans doute moins que dans une thèse de troisième cycle, ce roman. A vous de vous approprier l’esprit critique de l’historien qui, je l’espère, sera vôtre à chaque nouvelle lecture d’un roman historique. Car « l’Histoire est chose trop sérieuse pour être laissée aux historiens », comme l’affirmait, en colloque à la Sorbonne, Pierre Vidal-Naquet.

 

*   *   *

 

         AVIS AU LECTEUR : Je conseillerais de lire cet ouvrage comme suit ; après vous être imprégnés de cette préface, lisez  Le Lys et le Croissant comme un roman, sans vous soucier aucunement des revois en fin d’ouvrage ou de la bibliographie. Puis, une fois le plaisir romanesque achevé, intéressez vous à ces références, prenez le temps d’extraire de ce livre, grâce à elles, ce qu’il contient d’historique. Faites en donc, successivement, un roman puis, plus condensé, un livre d’Histoire.

 

        



*   *   *

 

 

 

 

I/ PASSE RECOMPOSE

 

         1561 - Encapuchonnée, une silhouette élancée et déterminée se détachait de la brume matinale qui aime à s’attarder sur le pays Tricastin. Elle remontait le long de la chaussée pavée de la Garde-Adhémar, petit village aux ruelles tortueuses qu’entourent de vieilles maisons de pierre, construites avant même le sanglant affrontement qui opposa Capétiens et Plantagenets, plus de deux siècles auparavant. Elle longeait les bâtisses, la main portée à son nez qu’elle protégeait des odeurs nauséabondes qui s’élevaient de la rigole centrale disposée au milieu des pavements de la chaussée, où s’écoulait par endroits un filet liquide jaunâtre et fumant.

          Fatiguée d’avoir gravi, depuis le plateau de Pierrelatte, la colline sur laquelle s’accrochait la citadelle, la forme humaine s’arrêta un instant contre la petite église de la Garde-Adhémar, érigée quatre siècles auparavant, afin de reprendre son souffle, sa poitrine se laissant deviner au travers de ses habits par les mouvements intenses et répétés que la fatigue lui imposait. Elle observa alentours, embrassant de son regard la vallée du Rhône depuis un point de vue qui expliquait à lui seul le caractère militaire des origines de la fondation du lieu1. Quelques paysans s’affairaient dans les champs, hommes et femmes qui, courbés, prélevaient le haut des tiges de blé qu’avaient fait naitre il y a presque une année les dernières semailles. S’achevait ainsi, à coups de faucilles, de lames recourbées voire dentelées, un cycle calendaire sans cesse répété, par nécessité. Les pauvres gens, auxquels la nature avait offert une robuste santé les rendant aptes à toutes sortes de travaux manuels, harassants, remplissaient là leur rôle sur terre. A eux de nourrir ceux qui les protégeaient soit contre la rapacité humaine, soit contre les tourments de l’au-delà. A la contemplation de ce tableau humain et lointain, la silhouette paru apaisée, de même que son souffle : « cette année, devait-elle penser, chaque ventre aura de quoi satisfaire à ses demandes, et le royaume de France n’aura pas de maux supplémentaires à combattre ».

         La forme humaine offrait au regard des passants la vision de deux petit yeux, presque naïfs, qui surmontaient un nez fort et une barbe abondante, d’un gris tirant sur le blanc. On devinait sur ce visage à la fois la vieillesse, la mort rôdant, mais aussi la force et une certaine forme de confiance en l’existence. On devinait un être adouci, peu préoccupé de cette fin du monde qui inquiétait clercs et fidèles, nobles et roturiers, et qui appelait les hommes à raviver leur foi2, dans l’attente du jugement dernier.

         L’homme à la longue barbe reprit sa marche décidée, revigoré par l’air frais des lieux qui contrastait fortement avec la lourdeur du climat de sa Provence natale qu’il venait de quitter pour s’enfoncer plus au nord dans ce pays préalpin. Il s’engagea sous un passage vouté, une des portes de la cité héritée de son passé de place forte : ce faisant, son visage sembla se tordre de douleur, comme s’il ressentait les durs combats qui avaient emplit l’endroit, les morts qui avaient laissé là leur âme dans des combats qui ne présageaient rien de bon pour l’avenir leur étant, par Dieu, réservé. Il s’avança avec empressement sur une terrasse imposante qui succédait à ce passage de douleur, et son être s’apaisa. Devant lui se dressait maintenant, à l’autre bout de la vaste place sur laquelle il se trouvait, un orgueilleux château à la forme élancée, posé là tel un navire. Deux étages se dessinaient, marqués par une séparation forte, une ligne dure de pierre en relief qui supportait et recouvrait de nombreuses ouvertures rayonnantes, le soleil matinal s’amusant à faire jouer ses rayons sur le verre qui, telle une parure, embrassait le corps du bâtiment. Sur chaque façade de l’édifice, en effet, se présentaient neuf fenêtres à double croisillon, ornées de fines colonnettes d’inspiration corinthiennes. Un instant ébloui par cette forte luminosité qui contrastait fortement avec l’ombrage des ruelles tout juste quittées, l’homme parcouru l’esplanade jusqu’à se porter au devant du château que surmontait, tel une couronne de chrétienté, une tour carrée surplombée d’une croix3.

         Sur l’escalier de l’écrasante bâtisse, que l’homme avait pu repérer dès son départ de Pierrelatte, à près de deux lieues de là, se tenait, jovial, le maître des lieux, d’âge avancé mais à la bonne santé apparente, aux cheveux bouclés et blancs, de même que sa barbe dessinant un V sur son col. Un visage fort et détendu, quelque peu dégarni sur le haut du front, surmontait une fraise tuyautée. Ses mains étaient recouvertes de gants à revers, et il portait au côté gauche une grande épée. Un pourpoint sombre l’habillait, auquel succédait une culotte bouffante de même couleur ainsi que deux chausses de cuir noir4.

         - Michel. Je suis heureux de vous voir arriver enfin. Mon oreille me fait souffrir depuis quelques jours : j’y constate des grosseurs douloureuses et purulentes. Vos talents médicinaux me seront forts utiles5.

         - N’est-ce pas pour mes autres talents, baron, que vous m’avez fait venir en votre pays ? lança, dans un rire, l’arrivant.

         - Il est un temps pour tout, de Nostredame6. Je ne peux me soucier de l’avenir tant que mon présent n’est pas assuré d’un quelconque confort. Je vous en prie, entrez. La dernière fois que vous êtes venus, les travaux débutaient tout juste, et se sont interrompus précocement faute d’argent7. Mais désormais, voici un château qui me fait envier de beaucoup. Certes, des ailes sont encore à achever, et l’entreprise de décoration n’a presque pas encore débuté, mais il s’agit déjà du plus beau château jamais élevé en Dauphiné, ne trouvez-vous pas ? Voyez sa courbure : ne rappelle-t-elle pas celle d’une galère, d’une de mes fières amies ?

         Sans répondre, le regard de l’astrologue s’attarda un moment sur le fronton de la porte principale de la bâtisse, sur lequel on pouvait lire, gravé profondément et ostensiblement dans la pierre l’insolente devise de l’homme au pourpoint noir : « Par Moy Seul »8. « Voilà un homme bien sûr de sa personne, marmonna le provençal de façon à ce que son hôte ne l’entendit pas, un homme vaillant, certes, mais trop imbu ».

         Les deux hommes, Nostradamus le premier, pénétrèrent dans la demeure. Celle-ci s’ouvrait sur une première grande salle, lumineuse, éclairée par l’intermédiaire des vastes et nombreuses fenêtres qui parsemaient le château d’un bout à l’autre. Quelques serviteurs s’y affairaient. L’un d’entre eux débarrassa l’invité de sa lourde cape à capuche, dévoilant un chapeau sombre conique, entouré de bords remontant. Il le guida vers l’escalier central du château, le gravit à ses côtés puis l’installa dans un fauteuil confortable, à l’assise et au dossier en cuir, dans une salle où trônait une remarquable, tant par la taille que par l’esthétique, cheminée non utilisée, la chaleur de ce mois de juillet appelant plutôt au rafraichissement.

         Face à lui s’était installé, dans un fauteuil de même style9, Antoine Escalin, seigneur de la Garde-Adhémar et de Pierrelatte10. Tout comme lui, il disposait à sa droite d’une petite table sur laquelle étaient disposés un pichet de vin rouge et un gobelet de fer ciselé. Etait représenté dans le métal un navire posé sur une mer calme et pacifique, aux côtés duquel on pouvait lire, en gros caractères : « La Réale ».

         - Cela fait longtemps, baron, que vous n’avez plus été vu en cour. Je me langui de vous y voir, et ne suis point le seul à le souhaiter, commença Nostradamus, visiblement inquiet de satisfaire à ses obligations de courtoisie en tant qu’invité.

         - C’est vrai. Mais je ne me languis pas, pour ma part, d’y retourner. J’y ai des amis aujourd’hui, certes, mais hier je n’en avais point. Il est étonnant de voir, mon cher, à quel point se font et se défont rapidement les amitiés en notre belle cour de France, répondit avec malice Antoine.

         - Je comprends votre ressenti. Mais ce que vous avez fait aux hérétiques de Mérindol, en 1545, ne pouvait être ignoré du successeur de votre protecteur, le grand roi François. Il lui fallait montrer son autorité.

         - En emprisonnant son général des galères puis en le démettant ? Son dévoué ambassadeur ? En emprisonnant celui qui, de fait, n’a fait qu’obéir aux ordres de son père, François Ier ? J’ai payé cher mon dévouement, de Nostredame, rétorqua l’hôte, un brin agacé.

         - Je le concède, je le concède, acheva Nostradamus, désireux de ne pas entamer la bonne humeur de son ami.

         Nostradamus porta la coupe à ses lèvres, et bu d’une traite le vin qui s’y trouvait, appréciant les aromates qui y avaient été ajoutés en décoction.

         - Vous voilà donc de retour au calme, en votre beau pays, baron. Marseille ne vous manque-t-elle pas trop ? J’ai était très affecté d’apprendre que vous avez été démis de vos fonctions de gouverneur de la cité phocéenne et de lieutenant du roi en Provence. Voilà, en fait, la raison de ma visite en votre demeure, cher ami, précisa Nostradamus.

         - Ne me manque-t-elle pas trop ? Ils se sont ligués contre moi, ces vils bourgeois, consuls et viguiers, s’emporta le baron. La populace était acquise à leur cause. Je me suis moi-même démis, de Nostredame. Par moi seul.

         Le baron s’était levé, d’un bond, défiant le poids de l’âge, et observait d’un œil agacé l’étendue de ses terres au travers d’une haute fenêtre. Entre ses doigts, sa coupe de vin était tourmentée, tournoyait d’énervement. Il poussa alors un râle, laissant la coupe s’évader de ses mains.

         Nostradamus se précipita sur le corps qui tressaillait au sol, se mouvait en une danse de douleur. Il porta la main à sa chausse droite, et en sorti un petit flacon empli d’un liquide noirâtre, épais, amer d’apparence. Il entrouvrit les lèvres de son hôte et y vida le contenu de la fiole, tenant fermement la bouche et le nez du baron afin qu’il puisse avaler sans soucis l’intégralité de la potion.

         - De l’aide ! s’écria Nostradamus, la voix brisée par l’inquiétude.

         Accouru un jeune homme, d’une vingtaine d’année, un portrait plus lisse d’Antoine Escalin, un baron de jouvence.

         - Jean-Baptiste, aidez moi à remettre votre père dans son fauteuil, chuchota l’astrologue. Son hydropisie empire. Mes soins pourront le garder en santé plusieurs années durant, mais il vous faudra surveiller son impétuosité et son humeur.

         Les deux hommes transportèrent le corps sur le fauteuil de cuir et de bois qu’Antoine Escalin avait précipitamment quitté. Celui-ci rouvrit les yeux, s’attarda du regard sur son fils et lui demanda bougonnement de regagner son cabinet de lecture.

         - Attends, Jean-Baptiste ! l’arrêta Nostradamus. J’ai pour toi un présent. Un ouvrage que j’ai fait publier par mon ami Antoisne du Rosne, à Lyon, l’année de l’édit de Compiègne. Une traduction d’un traité de Gallien, père de mon art, que j’ai dédicacé à ton père par téméraire audace. Ouvre ma besace, le livre est à toi.

         - Merci, Monsieur de Nostredame. J’apprendrais avec délectation les secrets de l’art de la médecine que vous pratiquez si adroitement, répondit le jeune homme, qui s’éclipsa aussitôt, un imposant ouvrage sous le bras.

         Nostradamus observa son hôte revenir, doucement, à la pleine conscience. Il le vit se redresser sur son siège, maladroitement, gémissant, tandis que de son oreille gauche s’écoulait un liquide jaunâtre.

         - Du repos, baron, du repos, conseilla, fermement, le médecin salonais. Vous êtes, certes, général des galères, illustre par vos combats. Mais votre âge est avancé : soixante-trois années. De cinq ans, vous êtes mon ainé. Je sens déjà la fatigue peser sur moi, sur ma santé, et je sais donc quelles folies sont ces projets guerriers que vous nourrissez encore. Les combats, la poudre et le sang sont vos alliés, mais vous n’avez plus leur éternelle jeunesse, mon ami. Reposez-vous en ces murs, et vous me survivrez bien longtemps.

         - Avez-vous lu, astrologue, ce poème que l’illustre Du Bellay a  écrit sur moi, sur ma bravoure ? interrogea, revigoré, Escalin.

         Nostradamus fit non de la tête. Antoine Escalin lui indiqua alors un livre, posé au fond de la salle, dans un coin, sur une table de marbre et de bois finement ouvragée. Le médecin se dirigea vers elle et prit dans ses longues mains l’objet, couvert de cuir doux et abondamment doré. Après l’avoir ouvert, il lu, sur la première page, « Les Regrets ».

         - Lisez le cent-soixante-sixième sonnet, s’il vous plait, mon cher de Nostredame. A haute voix, et distinctement, si ce n’est pas là trop exiger de vous.

         Le médecin s’exécuta, et, tel un comédien antique jouant une pièce d’Aristophane, déclama :

 

            - Combien que ta vertu Polin soit entendue

         Par tout où des François le bruit est entendu,

         Et combien que ton nom soit au large estendu

         Autant que la grand'mer est au large estendue :

 

         Si fault il toutefois que Bellay s'esvertue

         Aussi bien que la mer, de bruire ta vertu,

         Et qu'il sonne de toy avec' l'ærain tortu

         Ce que sonne Triton de sa trompe tortue.

 

         Je diray que tu es le Tiphys du Jason,

         Qui doit par ton moyen conquerir la toison,

         Je diray ta prudence, & ta vertu notoire :

 

         Je diray ton pouvoir qui sur la mer s'estent,

         Et que les Dieux marins te favorisent tant,

         Que les terrestres Dieux sont jalouz de ta gloire.

 

         Nostradamus, ayant terminé sa lecture, posa sur son hôte un regard où pointait le respect.

         - « Polin ». Voilà bien un sobriquet, mon cher baron, je n’avais plus entendu accolé à votre nom depuis fort longtemps. Un nom de gloire !

         - Un nom d’infamie !

         - N’est-ce pourtant pas là, baron, celui d’un Bayard, d’un chevalier courageux, d’un serviteur de la couronne, dévoué, qui parcourut les mers, défit les Anglais, les Espagnols, les Turcs, les…

         - Les Turcs ? coupa sèchement Polin. Les Turcs… Écoutez-vous donc tout ce qui se dit en cour ? Mon seul fait de gloire, celui qui me donne encore de l’importance malgré les tourments que j’ai subi récemment, je vous le confesse, l’astrologue, n’est pas si glorieux que mes trompettes de la renommée veulent bien le chanter.

         - On dit de vous, général, que vous terrorisiez les Ottomans, les Barbaresques. Que leur respect à votre égard était sans égal. Que vous étiez à leurs côtés tel un père au milieu de mille bâtards.

         - On dit de moi ?

         - J’ai fait, en cour, la connaissance d’un jeune homme, de l’âge de votre fils, Pierre de Bourdeille, un grand voyageur admiratif de vos exploits, qui se trouve actuellement, si je ne me trompe pas, en Ecosse, aux côtés de Marie Stuart. Il m’a dressé de vous un portrait élogieux, et parle à qui veut l’entendre de votre bravoure, de la pauvreté de vos origines, de…

         - En somme, coupa le baron, il fait de moi un héros paysan, un pauvre devenu lieutenant du roi. Il fait de moi un exemple vivant d’abnégation et de destin exceptionnel. Il fait de moi un homme que je ne suis pas.

         - Pourquoi dites-vous cela ?

         - N’en avez-vous pas une petite idée, l’astrologue ? Ou ne pouvez vous pas vous en faire une ? répondit, malicieusement, Antoine Escalin, fixant mystérieusement la fiole qui lui avait redonné, semble-t-il, beaucoup de force.

         Il se leva lentement, dévisagea son invité, et sorti de la pièce, laissant là, désœuvré, Nostradamus. Celui-ci reprit son flacon, le glissa dans sa chausse et, le regard perdu, répéta dans son esprit cent fois les mots qu’il venait d’entendre. Pourquoi un tel homme, porté aux nues puis mis à bas pour avoir servi aveuglément son roi, pourquoi un tel homme souille-t-il ainsi ses heures de gloire, ces faits qui, encore, en font à la cour un homme qui compte ? N’est-il pas, alors, ce fier combattant de la Chrétienté, ce défenseur vaillant de la foi, ce chevalier du Christ préparant pour lui un monde lavé de sa souillure, un monde de justes ? Pourquoi est-il, pour tous, ce héros qu’il nie être ici ? Pourquoi ?


 

*   *   *

 

         Une odeur pestilentielle embaumait la pièce sombre, écrasait de son horreur l’atmosphère confinée d’une chambre devenue cabinet d’expériences. Au milieu était posée une table, sur laquelle se tenaient flacons, éprouvettes de formes diverses et poudres de toutes couleurs. Marmonnant des paroles insensées, terrifiantes par leur étrangeté, Nostradamus mélangeait des ingrédients en une mixture verdâtre abjecte. On aurait dit un antéprêtre, œuvrant pour l'avènement de l’antéchrist. Trois coups frappés à une porte, non loin de la position où se dressait l’astrologue, le firent sursauter. Puis, presque instantanément, il en révéla l’embrasure, au travers de laquelle se dessina le visage poupin d’un page, tenant dans ses mains lisses et soyeuses deux brins de laurier. Le médecin s’en empara, en détacha quelques feuilles et les porta à sa bouche.

         - Que faites-vous ? interrogea l’enfant.

         - N’es-tu donc pas versé en histoire ? Je fais ce que déjà, à Delphes, faisait la Pythie avant chaque divination. Je mâche cette plante d’Apollon, afin de me préparer à voir, à ressentir, à connaître.

         - Que voulez-vous connaitre ?

         - Te voilà trop curieux. Comment t’appelles-tu ? s’inquiéta Nostradamus

         - Mon nom ne vous dirait rien. Celui de mon beau-père plus certainement. Ma mère, veuve, a épousé un de vos amis, Jean de Morel.

         - Comment se porte-t-il ? s’enquit l’astrologue

         - Que voulez-vous savoir ? répondit, provoquant les dons du médecin, le page

         - Va-t-en, garnement ! Personne ne peut se jouer de moi ainsi. Je saurais écrire à ton beau-père que tu n’as pas su me parler de lui, il en sera sûrement fort aise, s’emporta Nostradamus.

         Et il claqua la porte.

         Seul, mâchonnant, il se dirigea vers la table des potions et mixtures. S’emparant d’un bol où fumait la décoction verdâtre, il la bût d’un trait. Il se dirigea vers sa couche, s’allongea, croisa ses bras sur son torse dont on pouvait deviner l’ancienne puissance, et fixa le plafond des yeux, sans jamais les fermer. Il voulait savoir. Il voulait connaitre.

         Devant lui apparu alors une forme dorée, d’abord indistincte, prenant peu à peu la forme familière d’une fleur de lys, de celle qui orne les armes des rois de France. Une grande, belle et scintillante fleur de lys, surmontée d’une croix, majestueuse. Cette croix se dissipa soudain. Mais la fleur n’en paru pas perturbée. Elle continuait sa ronde aérienne, seule, paraissant pourtant fragile. Alors, se dessina une seconde forme. Un croissant. Un croissant majestueux s’était levé à l’est du lys. Il s’en approchait. Il s’en rapprochait de manière décidée, comme s’il avait toujours su où la trouver. La fleur l’accueillit, presque heureuse, et l’entraina dans sa ronde.

         La danse dura longtemps. Nostradamus, intrigué, la scruta. Jusqu’à ce que tout cessa. Les images se voilèrent et, dans un opaque brouillard, se détacha une silhouette plus familière. Un baron plus jeune se tenait devant lui. Pas son fils non. Un baron encore plus jeune faisait des gestes en sa direction. Nostradamus le regarda faire, au travers du songe, et, bien malgré lui, ses lèvres s’animèrent, contant à voix presque inaudible cette vision qu’il avait provoquée.

 

 

 

 

Notes :

 

1Il est fait mention de la baronnie de la Garde-Adhémar dans de nombreuses chartes reproduites en 1871 par l’abbé C.-U.-J. Chevalier dans son Cartulaire municipal de la ville de Montélimar (Montélimar, éd. Bourron, 1871). La première mention du lieu faite dans un document original l’est dans une charte du 22 janvier 1291 (Transaction inter rectorem comitatus Venayssini et Hugonetum Adeymarii, dans C.-U.-J. Chevalier, op. cit., pp. 74-76) : il y est plusieurs fois fait mention du « castrum de Garda », le terme de castrum renvoyant en ce XIII° siècle, dans tout document de ce type, à une fortification, à une fonction militaire. Même mention dans une charte du 13 janvier 1334. Aujourd’hui encore, les murailles protectrices de la Garde-Adhémar, héritages de cette fonction première, sont visibles.

 

2La Réforme de Luther et Zwingli, puis la Réforme catholique, sont nées, entre autres, du désir de répondre à l’arrivée imminente de l’Armageddon. Conscients de l’imperfection de la foi et de ses serviteurs dans le monde chrétien, des intellectuels, clercs le plus souvent, voulurent réformer le catholicisme ou à bâtir une nouvelle religion en dehors d’elle. Cf. Thierry Wanegfellen et Jean Delumeau, Naissance et affirmation de la Réforme, Paris, éd. PUF, 10ème édition, 2003.

 

3Le château de la Garde-Adhémar, aujourd’hui détruit et dont ne restent que quelques vestiges,  nous est connu par des sources fragmentaires. La principale d’entre elles étant un document de la fin du XVIII° siècle reproduit au XIX°, une gravure du château avant sa destruction en 1793 se trouvant aux archives départementales de la Drôme (non coté). Existe aussi une lithographie représentant les vestiges du château avant 1835 et reproduite dans baron J. Taylor et Ch. Nodier, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Paris, éd. Cremille, vol. 2 « Dauphiné », 1835. Ce sont là les seuls documents pouvant permettre sa description.

 

4Cette description est celle d’un portrait d’Antoine Escalin retrouvé à la fin du XIX° siècle au milieu d’autres tableaux provenant du château de la Garde-Adhémar. Donné par un amateur d’antiquités, M. Brisset, au Comte d’Allard (Le comte d’Allard, « Escalin, pâtre, ambassadeur et général des galères de France : recueil de documents concernant sa vie », Bulletin de la société d’archéologie et de statistiques de la Drôme, Valence, 1896, p. 74), il fut photographié par V. Joguet et reproduit dans un fascicule publié en 1900 par Henri Louis (Biographie d’A. Escalin dit « Paulin, baron de La Garde », La Garde-Adhémar, Ed. Personnelle « se vend chez l’auteur », 1900, 29 p.). Concernant la mode et les habits à la Renaissance, et donc dans ce roman, notre référence bibliographique est : Marie Viallon (dir.), Paraître et se vêtir au XVIe siècle, Actes du XIIIe Colloque du Puy-en-Velay, Saint-Etienne, éd. Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2006, 294 p.

 

5On ignore à partir de quelle date Antoine Escalin tomba malade, mais il mourût d’hydropisie, le 30 mai 1578. La date, « le lendemain de la Fête-Dieu », est donnée par Pithon-Curt, curé provençal et généalogiste, né en 1705 et mort en 1780, ayant publié entre 1743 et 1750 un nobiliaire en 4 volumes, (Jean-Antoine Pithon-Curt, Histoire de la noblesse du Comté Venaissin, d'Avignon et de la principauté d'Orange, Tome IV, Paris, éd. De Lormel, p. 77). La nature du décès, quant à elle, est précisée dans le Dictionnaire historique, littéraire et critique de Pierre Barral (Paris, 1758, p. 207) : « […] il mourut hydropique ». L’hydropisie est une maladie caractérisée par une insuffisance cardiaque congestive dont un des symptômes est l’épanchement de sérosité dans une cavité naturelle du corps.

 

6Michel de Nostredame dit Nostradamus, astrologue et médecin né à Salon-de-Provence (1503-1566). On sait qu’il rendit visite à Antoine Escalin en 1561 par une lettre écrite le 30 novembre de cette même année à Jean de Morel (BnF, ms lat 8589, ff. 28r-30r). Il y révèle avoir « dernièrement [été] chez Monsieur le baron de la Garde ». Mais on ignore les raisons de ce déplacement. Il est seulement certain que les deux hommes se connaissaient depuis 1557 au moins, date à laquelle Nostradamus dédia un de ses ouvrages à Antoine Escalin. Peut-être se connurent-ils par l’entremise de Catherine de Médicis, protectrice de Nostradamus et dont une des demoiselles d’honneur donna au baron de la Garde-Adhémar un fils, né en 1539 (Jean-Antoine Pithon-Curt, op. cit., p. 77).

 

7Les travaux débutèrent en janvier 1545, d’après une quittance du maçon Gaspard du Serre du 5 juillet 1547 (A.D. de la Drôme, 2 E 25274, f° 141, Quittance de 120 écus de Gaspard de Serre…). Soit peu de temps après qu’Antoine Escalin ne reçoive en don, de la part de Louis Adhémar de Grignan, son cousin et protecteur, la baronnie de la Garde-Adhémar, en 1543 (BNF, Cabinet d’Hozier, Cabinet des titres, vol. 126, dossier 3285 autographe). Ils durent s’interrompre en 1547 pour dettes, avec en juillet 1547 la saisie de biens du baron (A.D. de la Drôme, 2 E 8374, f° 157).

 

8Devise d’Antoine Escalin donnée dans A. Chassant, Dictionnaire des devises héraldiques du Dauphiné, Paris, éd. Dumoulin, 1878, p. 239

 

9Sur le mobilier d’époque Renaissance : Jacques Thirion, Le Mobilier du Moyen Age et de la Renaissance en France, Dijon, éd. Faton, 1998, 279 p.

 

 

10La seigneurie de Pierrelatte est donnée à Antoine Escalin par Louis Adhémar de Grignan, en 1544. Ainsi, dans un acte public du 26 décembre 1545 passé à Montélimar devant maître Cayrèse, peut-on lire « Anthoyne Descalin, seigneur de Pierrelapte » (cité dans Le comte d’Allard, op. cit., p. 24).

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