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J'écris des poèmes depuis une quinzaine d'années. Voici un tout petit aperçu de mes ...petits écrits.
LES FLEURS FANEES DE DECEMBRE TOUJOURS
RENAISSENT
De même qu'une âme naturelle aime à remplacer les bulbes de ses tulipes fanées par d'autres, gorgés de vie, pourquoi
s’acharner à tant désirer donner la vie alors que nous sommes nés pour mourir. Offrir le premier souffle c'est aussi tisser un fil qui mènera, inexorable, vers le dernier. C'est garantir à cet
enfant que l'on aime soit de partir trop tôt, soit de vivre suffisamment longtemps pour crouler sous le poids d'un florilège de souffrances, de pleurs, de mal-être, de larmes, de déchirements,
de pertes, de morts. Celles des autres. La sienne.
Pourrait-on même souhaiter cela à la pire des larves pourrissant nos existences ? Desquels, entre le poids des joies et
des rires et le poids des cris, diriez-vous qu’il est le plus lourd ? Le plus marquant ? Oh, bien sur, la vie est émaillée de ces bons moments qui font que l’Homme peuple encore de nombreux
rivages, qu’il s’y égare. L’Homme y trouve un opium de premier choix, qui le convainc, en l’entrainant vers des volutes d’amour, que sa présence compte. Qu’il a tout à gagner en laissant
derrière lui un nouvel être, ou plusieurs. Qui eux-mêmes s’enivreront des vapeurs sentimentales. Pour, au final, envelopper ceux qui les ont aimés dans les nuages tragiques de l’absence. Si,
d’ici là, ils n’y ont pas déjà perdu leur sel et leur raison.
Car, au final, nous sommes nés pour mourir. Et c’est dans l’acceptation de cette fatalité que le bonheur peut se
trouver : car la mort n’est peut-être qu’un réveil. Et les fleurs fanées de décembre toujours renaissent, jursqu'à nous envelopper de leur amour.
MES VALLONS BERCEAUX
Les vallons bocagers qui sont sourds aux vents forts,
Où le vent monotone a si peu de mémoire,
Où ma mémoire se perd et s'oublient les désirs,
Ne désirent-ils pas la clameur de ces rives,
Ces rivages gonflés où les hommes se pressent ?
Je suis homme à ne fuir que les pauvres taudis
De misèr' qui font pauvres et crieurs les gosiers
Et où s'égosillaient les bradeurs de coco
Dont ma coco rêvait comme on espère une île.
Île prenant les traits des vallons bocagers.
Février 2011
OCEAN GRIS DE SOLITUDE
Météorites tombées là,
Lasses d’errer aux vents cosmiques
Gisent entre de vains monolithes
Grisâtres cubes où l’on s’endort,
Que les enfants de Prométhée,
Titan et sculpteur d’hamadas,
Piquèrent aux flancs d’une vallée :
Morne horizon de démesure.
Là-bas des aiguilles se piquent
De percer le drap de coton
Voilant aux dieux l’odieux tableau,
L’artère béante de l’ennui.
3 février 2011
LES SPECTRES EN
SOCIETE
La main splendide des cupides
Hélas me cherche et là tâtonne :
Un doigt d’orgueil, majeur avide,
De l’ongle perce et défictionne
La toge blanche de Morphée,
Bouclier d’air et d’illusions,
Que des nains tendent et que des fées
Peignent de songes et dérisions.
Et sans bouger, et sans frémir,
Par son seul chant de convoitise
Elle menace mes vains désirs
De vins qui tout déshumanisent.
Et elle s’avance, reprend
Sa course, poussée là par cents
Puis milles fantômes, m’agrippe
Encore sans rien subir m’ar-
Rache à tout ce qui me crispe,
M’arrache au temps, m’arrache à moi.
Si je résiste, ou me débat,
Ils me regardent et rient plus fort.
L’armée des spectres porte la
Main qui d’un doigt, à demi-mort,
Rouge rubis, me marque au front.
Je la rejoins, je me confonds,
Je suis fumée, non pas poussière,
Pas à leurs yeux, mais seuls à ceux
Que j’ai perdus, qui désespèrent,
Que je n’ai plus.
Meremptah - Printemps 2008
~*2 yeux1plume*~