Pour commencer, je vous offre, magnanime, une rapide présentation de ma personne, rédigée pour vous, Internautes. Rédigée
pour toi qui a bravé interdits éthiques et ennui afin de te retrouver propulsé ici, sur cette espace destiné à attiser ta curiosité à mon encontre.
Je suis né à Tours,
en Indre et Loire, dans l'hôpital Bretonneau qui, depuis lors, s'enorgueillit d'avoir assisté à mes premières manifestations artistiques : des chants de révolte contre la bienséance de
ce triste monde. Déjà, tu le remarques, Internaute, je mettais au point une philosophie de la création que ne renierait pas Néron.
Rapidement, je
désirais voir le monde. Enfin, voir la France. Baluchon sur l'épaule, à l'âge de 8 ans, je me rendis dans l'accueillante terre gasconne, gersoise : à Bourrouillan. Mon goût pour
l'esthétique trouvait dans cette toponymie charmante et quelque peu désuète un écho inespéré. J’y trouvais amour et admiration : les 191 habitants du village, désormais 168 suite à
l’été caniculaire de 2003, me connaissaient tous. Ils n’osaient m’acclamer mais je savais lire dans leurs yeux la joie qu’ils éprouvaient à me savoir au milieu d’eux. Je vous le dis :
je sais, maintenant, ce que purent ressentir le Christ et Mahomet au milieu de ces foules qu’ils généraient par leur saisissante modestie.
Très vite, au bout de
10 minuscules années, me vint la soif de conquérir de plus vastes scènes, de faire profiter aux masses de mon talent tant convoité : mon unique présence. Toulouse me fit venir en son
sein. Puis Nice et sa côte azuréenne me séduisirent par leurs chants, accompagnés par celui d’une frêle jeune fille étant venue auparavant, un soir, m’acclamer au cœur même d’un des
plus hauts lieux intellectuels mondiaux, le joyau de la ville rose : le Mirail. Je ne pû lui résister, charmante petite enfant.
Afin de ne pas trop
me mettre en avant, je consentis à m’insérer dans la foule compacte : tout comme ces gens d’en bas qui n’ont que l’espoir de me rencontrer pour donner un sens à leur existence, je
m’escrimais à faire semblant de ne pas savoir sur les bancs de quelques universités d’histoire. Je du mettre ma facilité intellectuelle naturelle de côté, ce qui ne m’évita pas, hélas,
de récolter les premières places. Allais-je être démasqué ? Heureusement, la naïveté de ceux que je croyais pouvoir être mes semblables joua en ma faveur.
Ils ne me
reconnaissent pas encore.
Vous seuls, chers
amis Internautes, vous seuls pouvez me comprendre.
Vous seuls,
désormais, me connaissez.
Vous seuls
connaissez… Meremptah !